Francis Fontaine

Photo : Dr Francis Fontaine, médecin spécialisé en médecine sportive Crédit : Capture d'écran / TVA Sports

Football

Commotions : un sujet chaud en médecine sportive

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Avec la récente entente entre un groupe de 4500 anciens joueurs de football et la NFL au sujet des commotions cérébrales, le débat autour de cette blessure a été rallumé.

Que doivent faire les médecins, les ligues professionnelles, les ligues récréatives et les athlètes pour combattre ce fléau?

«C’est un sujet très chaud en médecine du sport, a déclaré Francis Fontaine, médecin spécialisé en médecine sportive. Chaque année, on a de nouvelles informations.

«Il y a quelques années, on pensait que lorsqu’un joueur de football se faisait "sonner les cloches", ce n’était pas grave et qu’il pouvait retourner au jeu le jour même. Au contraire! Maintenant, on sait qu’il ne faut plus faire ça.»

Cette entente à l'amiable entre la Ligue et ses anciens joueurs, d’une valeur de 765 millions $, permettra de financer des recherches médicales, des examens médicaux et servirait aussi aux dédommagements associés aux commotions cérébrales.

«La NFL a choisi de régler le dossier hors cour, car elle ne savait pas exactement toutes les informations dont disposaient les joueurs, a expliqué le médecin. Par exemple, certaines équipes avaient-elles envoyé des joueurs dans la mêlée tout en sachant qu’ils avaient subi une commotion et qu’ils ne devraient pas jouer?»

Des évolutions, mais…

L’entièreté et la gravité des conséquences liées aux commotions cérébrales sont, de l’aveu du docteur Fontaine, très difficilement prouvable et quantifiable.

Cela dit, les connaissances ne cessent de s’améliorer et les protocoles de rééducation sont de plus en plus sophistiqués ainsi qu'uniformisés.

«Lorsqu’on traite un amateur ou un professionnel, le protocole est presque toujours le même. En ce moment, à travers toutes les ligues, les protocoles concernant le retour au jeu se ressemblent.

«Avec les connaissances dont nous disposons maintenant, il est évident que si les médecins ont vu qu’il y avait eu dysfonctionnement du cerveau, l’athlète sera retiré de la compétition.»

Un choix personnel

Évidemment, il est logique de se questionner par rapport aux raisons qui pousseraient un joueur à mettre sa santé future en danger en retournant de manière précipitée au jeu.

Les carrières des sportifs professionnels sont courtes, et les contrats, dans la majorité des cas, ne sont pas garantis. Les athlètes doivent donc choisir eux-mêmes de courir les risques associés à leur profession.

Même s’ils ont subi plusieurs commotions cérébrales, ils contrôlent leur destiné. Malgré tout, plus la médecine progresse, plus les médecins sont capables de leur fournir des explications concernant les risques encourus.

«C’est la responsabilité de chacun des athlètes, a affirmé Fontaine. C’est ce que nous leur disons : voilà vers quoi tu te diriges si tu continues. C’est maintenant son choix et il doit prendre ces décisions en toute connaissance de cause.»

Un problème généralisé

Les commotions cérébrales sont aussi plus facilement détectables dans ces grandes ligues sportives, où les équipes médicales sont compétentes et omniprésentes.

Cependant, les amateurs sont eux aussi à risque, et c’est là une source d’inquiétude pour le docteur Fontaine, parce que de manière générale, les victimes de commotions et les familles touchées sont moins bien équipées pour faire face au problème.

«Lorsque des thérapeutes sportifs sont présents dans les écoles, on diagnostique deux fois plus de commotions qu’il y a dix ans, a-t-il expliqué. Au niveau de la population globale, on rate encore beaucoup de cas dans le sport amateur.

«Un cerveau plus jeune est plus susceptible aux commotions. Il faut faire attention. Pour que le sujet guérisse, il faut beaucoup de repos, physique et mental. 70% des cas, dans ces circonstances, se règlent en deux semaines. Si ça se prolonge, c’est là qu’il faut faire affaire avec un professionnel de la santé.»