Jean Pascal

Photo : Jean Pascal Crédit : Agence QMI

Boxe

Jean Pascal, et le parcours des champions

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Le soleil se levait à peine quand Jean Pascal et son équipe ont pris la direction de la chaîne Spring Mountain à une trentaine de minutes de Las Vegas, jeudi. L’ex-champion se rendait au Mont Charleston afin d’effectuer sa course matinale escorté par de nombreux médias du Québec. 

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Un décor à couper le souffler malgré l’aridité des sols et de la végétation. Les pics rocheux lacéraient le bleu du ciel. Pas trop chaud, ni trop froid, 12 degrés, à 2700 mètres d’altitude (la hauteur maximum est de 3633 mètres). Pascal a couru six kilomètres constamment en montée en écoutant sa musique, notamment Simple Plan. 

«Je trouvais le Mont-Royal difficile, a-t-il raconté après avoir rapidement retrouvé son souffle. Il n’y a pas de plat dans ce tracé. C’est exigeant pour les jambes. Ça me rassure pour 12 rounds de boxe.» Quant à l’oxygène un peu plus rare, elle ne l’a pas embêté outre mesure. 

Dans les moments les plus difficiles de sa course, Pascal prétend qu’il pensait aux amateurs du Québec qui l’appuieront, scanderont son nom et souhaiteront sa victoire. Non, il n’a pas pensé à Lucian Bute, ni essayé de visualiser son combat. À West Palm Beach, la semaine dernière, ce dernier disait qu’il pensait constamment à Pascal. 

«C’est sûrement ce que lui enseigne son nouveau psychologue sportif. Il veut que je lui rentre dans la tête. Le mien me suit depuis l’âge de 16 ans et nous avons dépassé ce niveau depuis longtemps. Je trouve ma motivation ailleurs, ce qui ne m’empêche pas d’avoir une affiche de Lucian dans ma chambre avec un X sur sa figure.» 

En venant s’entraîner à Las Vegas, qu’il surnomme la capitale de la boxe, Pascal se sentait obligé de courir ce parcours comme l’ont fait avant lui des boxeurs comme Mike Tyson, Muhammad Ali, Lennox Lewis, Roy Jones fils. «Et maintenant Jean Pascal», ajoute-t-il. 

Un mélange de Tiger et Britney 

Reconnu pour son franc-parler, ses attaques verbales contre ses adversaires qui font rarement l’unanimité, la confiance qu’il affiche en ses moyens, Pascal n’allait surtout pas tempérer son discours, et encore moins se taire, à l’approche du combat prévu le 25 mai. 

D’autant plus que ce dernier a tiré quelques salves de canon explosives, comportement inhabituel chez lui, la semaine dernière. 

Même s’il s’en doutait depuis un bon moment, Pascal se rend bien compte que la popularité de Bute excède la sienne auprès de la majorité des amateurs de boxe. Leurs personnalités se veulent complètement à l’opposé. Il considère que ce combat lui permettra de remettre les pendules à l’heure. 

«Lucian est une image préfabriquée par InterBox. Il est le Tiger Woods de la boxe internationale. Il a été assemblé comme Britney Spears pour séduire. C’est le gars parfait, l’athlète propre, le boxeur technique à admirer. Mais il n’est rien de tout ça. On lui dit constamment quoi faire, quoi penser et je ne serais pas surpris que Stéphan Larouche lui ait même appris à embrasser une fille.» 

Pascal jure qu’il n’en va pas ainsi dans son cas. Il se dit le seul maître de sa vie et de sa carrière. 

«Ce qu’on voit de moi est authentique. Ce n’est pas parce que j’aime les belles choses, que je suis confiant en moi, que je me considère comme le meilleur que je ne suis pas humble pour autant dans la vie de tous les jours. Pour devenir le meilleur dans mon sport, il faut le penser, se le répéter constamment, être le premier à y croire.