Ricky Romero

Photo : Ricky Romero Crédit : Agence QMI

Jacques Doucet

La descente aux enfers de Romero

La descente aux enfers de Romero

Jacques Doucet

Publié 29 mars 2013
Mis à jour 29 mars 2013

La décision n’a pas été facile à prendre… mais c’était la seule.

Tout juste avant que les Blue Jays de Toronto plient bagage à Dunedin, le directeur-général Alex Anthopoulos a annoncé que le lanceur gaucher Ricky Romero avait été rétrogradé.

Pourtant, tout au long du camp d’entraînement, la direction de l’équipe jurait que Romero allait commencer la saison dans le rôle de cinquième partant. Et ce, malgré la difficulté que celui qui avait été l’as du personnel des lanceurs lors des saisons 2010 et 2011 éprouvait à lancer des prises avec régularité. Sans oublier les déboires incroyables que le jeune gaucher avait connus au cours de la dernière saison.

Il fallait toutefois se rendre à l’évidence.

Si Romero doit apprendre à lancer d’une autre façon pour redevenir un excellent lanceur, ce n’est pas au niveau majeur qu’il doit faire cette transition. Surtout pas au cours d’une saison où son équipe se doit d’atteindre les séries d’après-saison en raison des énormes sommes d’argent consacrées à l’acquisition de joueurs vedettes.

Surtout qu’un autre gaucher, J.A. Happ a prouvé hors de tout doute qu’il avait été supérieur à Romero tout au long des six dernières semaines.

Lors du dernier départ de Romero au camp, il affrontait les Pirates de Pittsburgh, et l’un des commentateurs de Pirates, Steve Blass, sympathisait énormément avec le jeune gaucher des Jays.

Car Blass, l’un des lanceurs des Pirates, avait connu sa meilleure campagne en 1972, compilant une fiche de 19 gains, huit revers en 33 départs avec une moyenne de 2,49 points mérités. En 249 manches et deux tiers, il n’avait accordé que 84 buts sur balles.

La saison suivante, en 23 départs, Blass n’était plus l’ombre de lui-même, affichant un dossier de trois victoires et neuf défaites avec une moyenne de 9,85 points mérités. Il avait accordé 84 buts sur balles en seulement 88 manches et deux tiers au monticule!

Blass ne savait et ne pouvait plus lancer de prises! On a tenté de modifier son élan, il a consulté des psychologues… sans pouvoir retrouver le marbre! Sa carrière était terminée.

Souhaitons que le cas de Romero ne soit pas aussi grave!