Photo : Gabriel Dumont Crédit : Agence QMI

Enrico Ciccone

L’art de la graduation

L’art de la graduation

Enrico Ciccone

Publié 14 mars 2013
Mis à jour 14 mars 2013

Le jour «J» est toujours important. Le jour où un jeune joueur a la chance de faire ses premiers pas dans la Ligue nationale est toujours très spécial.

Mais il y a un temps pour le faire. Et il s’avère que le CH est dans une situation parfaite pour ne serait-ce que penser au développement de ses jeunes joueurs. 

On ne se le cachera pas, les équipes qui se battent pour participer aux séries éliminatoires vont plutôt se concentrer sur d’autres choses. Elles vont vouloir attendre le moment propice. 

La dernière chose qu’une formation dans cette situation veut, c’est d’amener un jeune qui aura trop de pression sur ses épaules.

Le Tricolore se retrouve donc en parfaite position pour rappeler des jeunes de son club-école. Il y a de bons vétérans et de bons leaders dans le vestiaire, ce qui permet une entrée en douceur pour les jeunes. Je pense à des Gabriel Dumont, Jarred Tinordi et Greg Pateryn.

Ces joueurs peuvent donc un peu plus se soucier de leur performance individuelle que du rendement de l’équipe. Dumont a d’ailleurs obtenu sa première aide dans la LNH pas plus tard que mercredi.

Mais avec des joueurs comme Alex Galchenyuk et Brendan Gallagher, on s’aperçoit qu’ils n’ont tout simplement plus rien à apprendre dans une ligue inférieure.

Par exemple, Xavier Ouellet est encore, à mon avis, le meilleur défenseur de la LHJMQ, mais cette année, on voit qu’il perd son temps, et ça peut jouer contre lui…

Certains joueurs de grande qualité sont tout simplement saturés.

Bergevin à l’affût

On entend souvent qu’il ne faut pas changer une formule gagnante. Mais c’est quand l’équipe va bien, quand la chimie est installée au sein de la formation, qu’il faut rappeler certains joueurs.

La pire chose, c’est de les rappeler quand l’équipe va mal, d’espérer qu’ils aident les performances de la formation, d’espérer qu’ils créent une nouvelle dynamique.

Et ça, Marc Bergevin l’a compris. Il est à l’affût d’absolument tout, et le développement des joueurs ne lui échappe pas. Il a compris qu’on doit changer la formule, même si elle fonctionne.

Pourquoi? Parce que le pire ennemi d’un joueur, c’est d’essayer de se comparer. Le jeune joueur qui fait le grand saut est là pour se développer, pour se familiariser avec la LNH, pas pour propulser son équipe en séries. 

Paul MacLean a développé ses jeunes de la bonne façon. Et je suis sûr que les autres équipes ont appris des Sénateurs l’année passée. La clé : savoir que l’entraîneur a confiance en ses jeunes.