Erik Karlsson

Photo : La saison d'Erik Karlsson est terminée. Crédit : Agence QMI

Michel Langevin

Appel à la tolérance

Appel à la tolérance

Michel Langevin

Publié 15 février 2013
Mis à jour 17 février 2013

C'était déjà assez difficile avec la perte de Jason Spezza, que voilà que ça se complique dans tous les départements chez les Sénateurs d'Ottawa, avec la perte du meilleur défenseur de la LNH, Erik Karlsson.

Bien sûr, Bryan Murray fera l'impossible pour colmater la brèche, ou pour arrêter le toit de couler, comme l'a déjà dit le très sympathique Pierre Gauthier chez le Canadien de Montréal. Mais en réalité, ses chances de succès sont à peu près nulles: les Sénateurs vont agoniser silencieusement, mourir à feu doux au cours des prochains mois... bien malgré eux!

Sur la patinoire, personne ne peut remplacer un joueur de la trempe de Jason Spezza, aucune équipe ne va faire de cadeau aux Sénateurs et offrir un vétéran, un fabricant de jeu, qui récolte un point par match. Mais ce qui est pire, c'est de tenter de remplacer un défenseur, pire encore, un quart arrière qui consomme 30 minutes par partie et qui va lui aussi chercher en moyenne un point par match. Bryan Murray a beau appeler, supplier, évaluer, rêver à remplacer Karlsson, il n'y parviendra pas. Il devra s'en remettre à des diachylons et au groupe de joueurs qu'il a sous la main.

Il faut donc entrevoir une transaction, mais les Sénateurs oseront-ils tenter l'impossible et sacrifier des jeunes joueurs pour plaire aux partisans dans un marché aussi fragile? Voilà la question... Pourtant cette année, la direction de l'équipe avait clairement indiqué que le plan ne changeait pas et que les Sénateurs représentaient encore une jeune équipe en plein développement. Maintenant que les deux meilleurs joueurs sont blessés, doit-on hypothéquer l'avenir ou passer un tour?

Plusieurs partisans acceptent de payer le gros prix pour encourager une concession qui met tout en oeuvre pour plaire à sa clientèle. Après tout, les Sénateurs représentent une des trois formations de la LNH à avoir réduit le prix de ses billets à la suite du lock-out. Ottawa a causé toute une surprise en se hissant en séries l'an dernier, et Erik Karlsson est sans doute devenu le meilleur vendeur depuis qu'il a remporté le trophée Norris. À mon avis, les Sénateurs d'Ottawa ont fait leur devoir dans les départements hockey et marketing au cours des dernières saisons.

Le problème c'est qu'une forte proportion de partisans n'accepteront plus de dépenser 250 $ pour assister à un spectacle amputé, privé de ses deux meilleurs acteurs.

Ma crainte, c'est que Bryan Murray ne réussisse pas à combler les attentes du client-payeur au cours des prochains mois, qu'il ne parvienne pas à fournir les munitions nécessaires à ses troupes pour accéder aux séries. Ce que j'espère, c'est que les partisans soient compréhensifs et patients. Déjà blessés et décimés dans le vestiaire, soulagés de plus de 1000 abonnements de saison pendant le lock-out, les Sénateurs ne peuvent pas se permettre une baisse de l'achalandage aux guichets.   

Ottawa, ce n'est pas le marché de Montréal ou encore celui des Maple Leafs de Toronto, où des milliers de personnes sont en attente pour remplacer quelques insatisfaits. Mais je crois que les Sénateurs méritent cette fois la sympathie et l'appui inconditionnel de leurs partisans, les Sénateurs méritent d'avoir d'aussi bons partisans que ceux des Leafs et du Canadien, qui eux sont demeurés fidèles malgré les nombreuses tempêtes des 15 dernières années...