Crédit : Internet

Dominic Gagné

Retour vers le futur

Retour vers le futur

Dominic Gagné

Publié 20 novembre 2012
Mis à jour 17 janvier 2013
On a eu droit à une journée très chargée lundi chez les Blue Jays de Toronto.
 
Tout d’abord en après-midi, Bud Selig a approuvé la transaction avec les Marlins. En soirée, on a officialisé la mise sous contrat de Melky Cabrera. Puis voilà qu’en pleine nuit, le Toronto Sun annonce que John Gibbons serait confirmé comme gérant des Blue Jays lors d’une conférence de presse mardi matin.
 
Cette nouvelle a l’effet d’une véritable bombe puisque le nom de Gibbons n’a jamais été mentionné comme candidat potentiel à la barre de l’équipe.
 
Au départ, on parlait de Sandy Alomar, DeMarlo Hale et Dave Martinez. Les choses avaient toutefois changé au moment de la transaction avec les Marlins. Il était alors devenu évident que l’équipe chercherait un gérant avec de l’expérience dans les ligues majeures.
 
ESPN rapportait même samedi que les Jays étaient sur le point de prendre leur décision et que Jim Tracy ainsi que Jim Riggleman étaient les deux candidats au plus fort de la course.
 
On entendait certains autres noms comme Manny Acta et même Bobby Cox, mais personne ne s’attendait à ce que John Gibbons effectue un retour à Toronto.
 
En fait, le nom de Gibbons n’a pas été régulièrement considéré pour obtenir un poste de gérant dans les ligues majeures depuis qu’il a quitté Toronto au cours de la saison 2008.
 
Il s’était alors joint aux Royals de Kansas City à titre d’instructeur sur le banc. L’an dernier, il est même retourné dans les ligues mineures afin de diriger pour l’organisation des Padres de San Diego au niveau AA.
 
Gibbons avait toutefois une candidature intéressante sur papier. Il avait de l’expérience comme gérant dans le baseball majeur et il était connu de la haute direction de l’équipe. On dit même qu’il avait une excellente relation avec Alex Anthopoulos lors de son premier séjour à Toronto.
 
Le problème dans le cas de Gibbons, c’est qu’il a été impliqué dans plusieurs altercations avec des joueurs des Jays lors de son premier mandat. Reconnu pour son tempérament impulsif, il a dépassé les bornes à quelques reprises.
 
En 2006, il avait invité Shea Hillenbrand à se battre avec lui lors d’une rencontre d’équipe. Quelques semaines plus tard, des joueurs des Jays avaient été dans l’obligation d’intervenir pour éviter une bagarre entre Gibbons et Ted Lilly en plein milieu d’un match contre Oakland.
 
Il sera donc intéressant de voir si les années passées à attendre une autre chance d’être gérant dans les ligues majeures ont eu un impact sur la façon de diriger de Gibbons. Il ne faut pas oublier qu’il a mené l’équipe à un dossier de 87 victoires et 75 défaites en 2006. C’était bon pour le deuxième rang de la section Est de la Ligue américaine.
 
Les Blue Jays ont eu une saison très difficile en 2012. La direction vient d’investir beaucoup d’argent dans la formation et il est évident que les attentes seront élevées l’an prochain.
 
Alex Anthopoulos veut certainement implanter une nouvelle structure ainsi qu’une nouvelle discipline au sein de son équipe. Certains joueurs ont commis des écarts de conduite l’an dernier et on peut voir l’embauche de Gibbons comme une façon de limiter ce type de comportements.
 
On peut même tracer un parallèle entre le choix de Michel Therrien par le Canadien et le choix de John Gibbons par les Blue Jays. Dans les deux cas, l’équipe décide de ramener un ancien de l’organisation pour instaurer une nouvelle philosophie après une saison difficile… et ce malgré le fait que ce n’est pas nécessairement un choix populaire auprès des partisans.
 
Chose certaine, Gibbons devra composer avec la pression dès sa première saison à Toronto puisqu’avec les dernières acquisitions des Jays, les partisans veulent voir leur équipe favorite participer aux séries.