Serge Arsenault

Photo : Serge Arsenault Crédit : Agence QMI

Cyclisme

Honneurs aux Arsenault

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Il y a de ces individus sur terre qui sont des bâtisseurs polyvalents que la rêverie ennuie. Ils ont soif d'action. De concrétisations. Assurément, la famille Arsenault est de cette trempe.

Pendant que son frère Serge réalisait un autre bijou avec ses Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal, au cours du week-end, en attirant l'élite mondiale autant que des foules massives, Bernard Arsenault a annoncé fièrement que la prochaine présentation du Marathon Oasis, dans deux semaines, sera courue à guichets fermés. Ce qui signifie 27 000 participants!

Vrai, les Arsenault (il y a un troisième frère impliqué aussi dans le marathon, Jean-Claude) viennent de vendre leur «bébé» au Competitor Group de San Diego, spécialisé dans le vélo et le triathlon, et déjà propriétaire des marathons de Nice et Rio de Janeiro, notamment.

Mais, l'évènement montréalais a acquis ses lettres de noblesse grâce aux Arsenault et il mérite qu'on s'y attarde un peu.

En août 1979, le Marathon a tout de suite séduit les Québécois. Depuis plus de 30 ans donc, l'idée de départ a entraîné des dizaines et des dizaines de milliers de personnes dans le cercle des gens actifs, au régime de vie sain.

«Nous avions une mission, et ce n'était pas d'avoir le plus de monde possible sur le pont Jacques-Cartier, explique Bernard. Je voulais que des familles entières enfilent leurs espadrilles de façon régulière, plutôt qu'occasionnellement.»

D'ajouter celui qui demeurera en poste deux ans à titre d'administrateur : «À nos yeux, le marathon n'était pas un évènement autant qu'un merveilleux outil de sensibilisation. Nous avions un projet de société et nous croyons avoir réussi.»

De fil en aiguille, le Marathon de Montréal a évolué. Il a donné naissance au circuit Sports Experts/Pegasus qui est constitué d'épreuves courues un peu partout dans la province. Il a aussi permis de créer les Petits marathons, pour la relève de 4 à 9 ans.

«La première année, dit Arsenault, lui-même encore ébloui, nous espérions avoir 200 fillettes et garçons. On en a eu 500!»

Ces dernières années, le comité organisateur a repris le succès de Student Run L.A. Des mentors montréalais du milieu des affaires ont accompagné des jeunes en difficultés et les ont supervisés dans un long programme d'entraînement.

«Ça a marché formidablement. La presque totalité est retournée aux études, a découvert les bénéfices de l'activité physique bien encadrée. Autrefois, ils étaient des ‘leaders' négatifs; aujourd'hui, ils reviennent dans leurs gangs et prêchent par l'exemple. Avec ce programme, on sauve des vies, rien de moins.»

Depuis 1979, les Arsenault ont imprégné le Québec sportif par le Marathon de Montréal et maintenant grâce aux Grands Prix cyclistes. Leur contribution est immense.

Peut-être serait-il temps de les décorer de l'Ordre du Canada, d'une médaille de l'Assemblée nationale ou d'une autre distinction du genre?