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Martin Brodeur: un grand athlète et un homme remarquable

Martin Brodeur: un grand athlète et un homme remarquable

Louis Jean

Publié 09 novembre
Mis à jour 10 novembre

Si un jour j’écris un livre sur les joueurs qui m’ont le plus impressionné dans ma carrière, il y aura sans aucun doute un chapitre sur Martin Brodeur. Dire qu’il aimait jouer au hockey serait un euphémisme.

Bizarrement, je ne me souviens pas de la première fois que je l’ai interviewé, mais je me souviens de la première fois que je l’ai vu pratiquer. C’était, sincèrement, quelque chose d’unique.

C’était jour de match à Ottawa. Brodeur affichait son sourire légendaire. Ce qui détonait, c’était sa façon d’interagir avec ses coéquipiers. Pour mettre les choses en contexte, c’est la fin de la pratique. Les joueurs pratiquent leurs meilleures feintes en vue du match quelques heures plus tard. Brodeur est devant son filet et il défie ses coéquipiers un à un. Il les taquine et les nargue à tour de rôle. Ce matin-là, personne ne réussissait à le battre. Le soir venu, Brodeur a dominé les Sénateurs. Une autre journée au bureau.

Même retraité, Brodeur n’a pas perdu son esprit compétitif. Je suis allé lui rendre visite au New Jersey la semaine dernière. Lors d’un arrêt de tournage, son téléphone sonne. Au bout du fil, son ancien coéquipier David Clarkson. Nous étions au centre d’entraînement des Devils.

Les premières paroles qui sortent de la bouche de Brodeur ont été «Clarky, je suis là où je t’ai dominé pendant des années, sur la glace! » Cela m’a rappelé ce que j’ai vu si souvent auparavant.

Je me souviendrai toujours d’un moment particulier qui m’en a dit long sur Brodeur. Il ne s’en souvient sans doute pas. Un joueur de hockey très talentueux que je connaissais bien venait de recevoir un diagnostic de cancer. Toute la communauté était ébranlée. Une soirée avait été organisée en son honneur pour l’aider à avoir les meilleurs traitements possibles.

On m’avait demandé d’essayer d’obtenir des articles de joueurs pour les vendre aux enchères. Le problème est que les séries de la LNH étaient en cours. J’avais peur de déranger Martin dans un moment si important de la saison.

Après la pratique, j’ai expliqué la situation à Brodeur.

Le soir du match, le Québécois a encore une fois été excellent. Après la rencontre, lorsqu’il faisait le chemin pour aller à l’autobus, il est venu me voir et m’a donné son bâton signé. Je n’en revenais pas qu’il se soit souvenu de ma demande dans les circonstances. Les parents du jeune garçon ont été touchés par sa grande générosité. Moi aussi. Profondément.

C’est ça, Martin Brodeur.

Il a réécrit le livre des records. Il est numéro un au chapitre des victoires. Il est numéro un au chapitre des jeux blancs. Il est le gardien de but ayant joué le plus de matchs dans l’histoire de la LNH. Il est le seul à avoir marqué trois buts, dont un en séries éliminatoires. Il est un champion incontesté avec trois coupes Stanley et deux médailles d’or olympiques.

Surtout, Martin Brodeur est un homme de coeur, un homme de grande classe, un être exceptionnel qui a non seulement marqué l’histoire de la LNH mais aussi celle de milliers de gens de par sa grande générosité. Comme quoi des fois, les bons gars peuvent finir premiers.

Félicitions Martin pour ton intronisation au temple de la renommée du hockey.

Voyez, dans la vidéo ci-dessus, un extrait du reportage que j'ai réalisé avec Martin. Le reportage complet sera présenté ce samedi soir, durant l'avant-match de la rencontre entre les Canadiens et les Golden Knights à TVA Sports.