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«Ubergate» : à qui la vidéo fait-elle le plus de mal?

«Ubergate» : à qui la vidéo fait-elle le plus de mal?

Louis Jean

Publié 07 novembre
Mis à jour 07 novembre

Je n’ai pas caché ma position sur l'«Ubergate» impliquant des joueurs des Sénateurs. Je juge que c’est une violation pure et simple du droit à la vie privée.

Je comprends qu’un taxi ou un Uber est un endroit public. Je comprends aussi que pour la sécurité de tous, la course peut être filmée.

Mais de là à diffuser cette bande vidéo strictement, semble-t-il, parce que les joueurs n’ont pas offert un bon pourboire, je m’excuse c’en est rendu ridicule. Surtout, arrêtez de me dire que les athlètes devraient savoir qu’ils sont épiés à tout mouvement. Il y a des limites.

Je veux être clair. Je ne cautionne aucunement les propos des joueurs. Certains d’entre eux paraissent extrêmement mal et on peut sérieusement se questionner sur leur leadership. Mais qu’on le veuille on non, ce genre de chose se produit tout le temps.

Une question de culture

Ça fait partie de la culture du sport. Comme un entraîneur me le disait hier, «ç'a toutjours été comme ça. Les coachs critiquent les joueurs, les joueurs critiquent les coachs et la direction critique tout le monde». Le problème est que ce type de propos reste entre quatre murs.

La bonne nouvelle dans l’immédiat est que les Sénateurs ont fait preuve de caractère et remporté leur match contre les Devils hier. Même si c’est le souhait de l’organisation après la victoire, le dossier n’est pas clos. Même pas proche. On n’a pas fini d’entendre parler de l'«Ubergate».

À la lumière des commentaires d’après-match de Matt Duchene et de Colin White, on devine qu’on pourrait intenter une poursuite.

Quelques dirigeants croient que la réputation des certains joueurs présents dans le véhicule pourrait être entachée.

Par exemple, est-ce qu’une équipe va y penser deux fois avant de transiger ou offrir un contrat à Duchene? Peu importe, le talentueux joueur de centre des Sens continuera de jouer encore longtemps et obtiendra un lucratif contrat dans les prochains mois.

Une autre tuile

La vraie question est : à qui cette vidéo fait-elle le plus de mal? Les Sénateurs d’Ottawa? Malheureusement, le club s’est souvent retrouvé dans l’embarras depuis quelque temps. C’est une autre tuile qui s’abat sur l’organisation.

Les joueurs? Ils s’en remettront. Sans contredit, la grande victime, malgré les excuses qui lui ont été présentées, est Martin Raymond. Il a une réputation de béton. Il travaille avec acharnement.

Il se donne corps et âme pour les joueurs et l’organisation. Il fait tout pour assurer le succès du club sans compter ses heures. Je ne peux même pas imaginer comment il a pu se sentir en visionnant cette vidéo.

Mauvais timing

J’espère simplement que les commentaires des joueurs, qui, je le répète, n’auraient jamais dû être rendus publics, ne mettront pas fin à la carrière d’un excellent homme de hockey.

Le timing, comme on dit, n’aurait pu être pire.

Le contrat de Raymond arrive à échéance à la fin de la saison. Je souhaite que les organisations de partout et à tous les niveaux sauront comprendre que cette vidéo, qui a fait le tour de la Ligue nationale, était une thérapie entre joueurs et non le désaveu d’un excellent entraîneur.

J’espère que cette séance de «bitchage» que nous avons tous fait à un moment donné ou un autre ne causeront pas des torts irréparables à un homme talentueux, compétent et respectueux.