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La saga Uber: Guy Boucher et les Sénateurs ont tourné la page

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Déçu d’avoir vu une vidéo montrant quelques-uns de ses joueurs ridiculiser son adjoint Martin Raymond, l’entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa, Guy Boucher, souhaite oublier cette controverse le plus rapidement possible et se concentrer sur les performances de l’équipe.

L’organisation ontarienne se trouve dans l’embarras depuis lundi soir, lorsque le quotidien Ottawa Citizen a diffusé la vidéo où il est possible d’entendre sept joueurs tourner en dérision Raymond à l’intérieur d’un taxi Uber.

Après l’entraînement tenu le lendemain, les principaux intéressés n’ont pas été rendus disponibles aux médias par les Sénateurs, de sorte que Boucher a dû faire face à la musique.

«Nous avons eu à composer avec cela il y a quelques jours, a admis le pilote par le biais de propos rapportés sur le site du Ottawa Citizen. On devait jouer le dernier match [une défaite en prolongation contre le Lightning de Tampa Bay, dimanche] et notre attitude ainsi que notre éthique de travail étaient fantastiques. Vous avez constaté ce matin le grand enthousiasme de nos joueurs qui sont prêts à acheter notre système et à jouer ce soir [mardi face aux Devils du New Jersey].»

Aussi, Boucher dit comprendre ce que les hockeyeurs concernés, dont l’attaquant Matt Duchene et les défenseurs Thomas Chabot et Chris Wideman, ressentent.

«Si vous posez la question à moi, la personne et non l’entraîneur, je vous mentionnerai que je ne choisis pas mes mots prudemment ici. Je ne sais pas qui a décidé de diffuser cela, mais je ne veux pas consacrer trop de temps à un cas où l’objectif principal est de faire du mal à quelqu’un, [...] surtout quand il s’agit du meilleur être humain que je connaisse. Nous avons passé à autre chose.»

Les joueurs se sentent mal

Pour leur part, Mark Stone, Craig Anderson, Mark Borowiecki et Zack Smith ont tour à tour défendu leurs coéquipiers.

«Si j’avais été enregistré à chaque fois que je parlais de mes coéquipiers ou entraîneurs, je ne serais probablement plus dans la ligue, a expliqué Smith. On se sent mal pour eux.»

«Ce n’est pas notre identité. Nous croyons en Martin. C’est un bon gars et il a les succès de l’équipe à cœur. Il ne méritait pas cela», a ajouté le vétéran.

Stone a corroboré les dires de Smith, exprimant son désarroi devant toute cette histoire rocambolesque.

«C’est décevant que la vidéo ait été diffusée, a-t-il dit à propos de la séquence enregistrée par un chauffeur de taxi de Phoenix à l’insu de ses clients. On a négocié avec ça bien avant que cela ait été mis en ligne. [...] Nous ne voulons pas d’éléments négatifs autour de l’équipe. C’est un hoquet, mais je crois que les gars ont accompli du bon travail pour réparer les relations. Cela rendra notre groupe plus solide.»

La prudence est de mise

Le «Ubergate» a fait jaser un peu partout dans la Ligue nationale de hockey (LNH), entre autres à Toronto, où les Leafs devaient affronter les Golden Knights de Vegas en soirée. L’instructeur-chef de la formation de la Ville Reine, Mike Babcock, croit que tous doivent être prudents pendant une discussion.

«Si on vous dit que c’est off the record, bien, en réalité, rien n’est off the record dans la vie, a-t-il spécifié au quotidien Toronto Sun. Partout où vous allez, il y a quelqu’un pour vous photographier ou qui possède une caméra. On peut qualifier cela d’invasion de la vie privée, mais n’est-ce pas ce que nous vivons quotidiennement? [...] Pour moi, ça fait partie du travail. Toutefois, ce qui compte vraiment, ce sont les gens autour de votre table. C’est ce qu’ils pensent. Le reste est surévalué.»

Pour sa part, le pilote des Knights, Gerard Gallant, a déclaré que tout le monde critique tout le monde dans le milieu.

«Tous les joueurs parlent tout le temps à propos des entraîneurs et vice-versa, croyez-moi. Nous [les instructeurs] aussi, on discute à leur sujet. C’est malheureux que cet incident soit survenu. Ça ne devrait pas arriver.»

«Ça pue et c’est mon opinion, a ajouté l’homme fort des Knights Ryan Reaves. On ne s’attend pas à ce qu’une conversation dans un taxi devienne publique, mais c’est le monde dans lequel nous sommes.»