Lutte

Un an déjà!

Un an déjà!

Patric Laprade

Publié 18 octobre
Mis à jour 18 octobre

La dernière année de Raw a été marquante à bien des niveaux. On a vu le retour dans l’arène de Kurt Angle, le retour du Shield – deux fois plutôt qu’une – le retour de la DX, l’arrivée de Ronda Rousey, l’ascension de Braun Strowman et le retour à Raw des Québécois Kevin Owens et Sami Zayn. L’émission a aussi été enregistrée à Montréal, au Centre Bell, après une absence de trois ans.

Ceci dit, pour moi, la dernière année a été marquante pour une tout autre raison.

Il y a un an déjà, le 18 octobre 2017, commençait cette belle aventure qu'est de commenter une heure de l'émission phare de la WWE et ce, à chaque semaine. Une aventure dans laquelle je ne croyais jamais embarquer un jour, pour la simple et bonne raison que les quelques fois que j'avais été commentateur, je ne m'étais pas trouvé bon. Par conséquent, je n'aimais pas ça et comme j'avais plusieurs autres rôles dans le milieu de la lutte professionnelle, j'avais décidé de me concentrer sur ceux-là.

Mais lorsque j'ai rencontré Véronique Dubois et Serge Fortin, respectivement la directrice de la programmation et le vice-président de TVA Sports, je comprenais que c'était une chance que je ne pouvais refuser.

On dit souvent qu'un malheur n'arrive jamais seul, bien sachez qu'un bonheur non plus. En effet, j'étais à Paris quand j'ai reçu un courriel de l'adjointe de Serge me demandant mes disponibilités pour une éventuelle rencontre. C'était un jeudi et on venait tout juste de terminer le tournage en France du documentaire sur le Géant Ferré (Andre The Giant).

Ironiquement, j'écris cette chronique alors que je reviens tout juste de Paris où j'ai fait des entrevues et recherches pour la biographie sur le Géant que je suis en train d'écrire avec Bertrand Hébert.

Une première...difficile!

Dès ma première italienne avec Kevin Raphaël, je savais que j'avais fait le bon choix. J’avais fait mes devoirs et mis les bouchées doubles afin de me sentir le plus en contrôle possible d’un emploi pour lequel je n’avais pas vraiment d’expérience. Mais Kevin est arrivé sûr de lui, avec son «swag», sa confiance et sa bonne humeur et ça m’a enlevé beaucoup de pression.

De plus, je sentais qu'on avait une chimie, qu'on savait quand parler, quand laisser l'autre parler aussi. On se complétait bien. C’est aussi sans compter la chance inouïe qu’on a eue d’avoir Stéphan Simard – un fan de lutte par surcroit – à la réalisation et Dominic Dubé à la production. Dès le début, je sentais qu’on avait une solide équipe. On a fait trois pratiques en tout. Tout a été approuvé par TVA Sports et par la WWE. On était donc prêts pour la première.

Mais l'étions-nous vraiment?

De nos quatre premiers enregistrements (en incluant les pratiques) la première a été la pire. La nervosité, j'imagine. Mais je me souviens d'être sortie de là atterré. Et la soirée n'était pas encore terminée. On devait aller enregistrer notre premier segment à Dave Morissette en direct.

Ce dernier a vu dans nos visages que ça n'avait pas été comme on l'espérait et c'est là que j'ai découvert quel genre de personne il est. Il nous a regardé et nous a dit de l'oublier celle-là, que ça ne donnait rien de s'en faire parce qu'on ne pouvait plus rien faire pour changer ça. Il était passé par là lui aussi. Ses mots ont été encourageants et réconfortants.

Tout de même, je n'osais pas regarder la première. Je suis à la place sortie dans un bar avec un de mes amis et j'ai attendu. Attendu que les textos, messages Facebook et Twitter entrent. Je dois avouer que j'avais peur. Peur de ne pas avoir été à la hauteur. Peur de me faire dire que je n'étais pas à ma place.

Et puis la diffusion a commencé et les messages sont arrivés.

Quel soulagement. C'était majoritairement positif!

Depuis, on a pris du galon Kevin et moi et on maîtrise beaucoup mieux ce qu’on fait. Notre chimie du début n’a fait qu’augmenter, autant lors de nos enregistrements qu’à l’extérieur. On est même devenus amis. C’est donc pour toutes ces raisons que le premier anniversaire est quelque chose de significatif pour moi.

Et en même temps, ce n’est que le commencement. Je suis très loin d’avoir l’expérience d’un Raymond Rougeau par exemple et je n’ai pas la prétention d’avoir le vocabulaire d’Édouard Carpentier. Mais j’apprends de mes erreurs et je tente de m’améliorer. Surtout, j’amène ma passion chaque semaine et c’est cette passion que je veux transmettre à ceux qui nous regardent.

Mon meilleur moment

Si j’avais à choisir mon meilleur moment des 12 derniers mois, ce serait lorsque la WWE est venue à Montréal pour Raw. Mais pas pour l’événement comme tel. Pas plus pour les entrevues que nous avons eu la chance de faire en arrière-scène. Mais plutôt pour la quantité d’enfants et d’adolescents qui sont venus nous voir Kevin et moi pour prendre une photo ou juste nous dire qu’ils nous écoutaient.

Vous n’avez pas idée à quel point ça m’a vraiment fait plaisir. Ça faisait 19 ans que la WWE n’avait pas été en français au Québec et de savoir que je peux participer à transmettre ma passion pour la lutte professionnelle à une toute nouvelle génération, c’est motivant et surtout, stimulant.

Alors à vous tous qui nous écoutez, à ceux qui prennent le temps de nous envoyer un message sur les réseaux sociaux, à ceux que je rencontre dans la rue ou ailleurs et qui viennent me voir en disant « C’est un rendez-vous! », à la nouvelle génération d’amateurs, aux plus vieux qui ont recommencé à écouter la lutte, je vous dis MERCI! Cet anniversaire, je tiens à le partager avec vous, parce que sans vous, le bonheur d’animer cette émission ne serait pas le même.

Joyeux anniversaire à tous!