Impact

L’Impact victime d’une injustice selon Joey Saputo

Pierre-Olivier Zappa | TVA Nouvelles

Publié | Mis à jour

Joey Saputo se retrousse les manches, interpelle la communauté d’affaires et l’administration Plante.

«On n’a pas été assez agressifs», déplore le grand patron de l’Impact de Montréal. Le club de soccer perd 11 millions de dollars par année, et c’est en changeant de stratégie d’affaires qu’il espère trouver le chemin de la rentabilité.

Le club se donne deux ou trois ans pour arrêter l’hémorragie financière, a laissé entendre son président lors d’une rencontre avec les médias à Montréal. Pour y parvenir, l’équipe veut se concentrer sur trois volets :

- Convaincre la ville de Montréal d’assouplir les taxes foncières

- Trouver de nouveaux commanditaires dans le Québec inc.

- Augmenter le nombre d’abonnements de 9000 à 13 500

Des taxes municipales injustes

L’Impact débourse chaque année 2 millions de dollars en taxe foncière pour le stade Saputo et le Centre Nutrilait. «Nous avons donné 60 millions $ pour que Montréal ait un stade. Aujourd’hui, je suis taxé sur un don ! Taxez-moi sur mon entreprise, mais pas sur ce que je donne!» argue, M. Saputo.

Ce dernier demande une réduction de son compte de taxes, car il ne s’explique pas pourquoi il devrait payer des taxes sur des infrastructures doit il n’est pas le propriétaire. 

Le terrain d’entraînement, construit au coût de 16 millions $, appartient à l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Néanmoins, explique M. Saputo, c’est l’Impact qui assume la totalité des taxes foncières. «Je ne peux même pas vendre ces terrains, ils ne m’appartiennent pas.»

D’ailleurs, un important projet de modernisation du stade Saputo, évalué à 50 millions $ demeure sur la glace en raison du contexte fiscal. «Actuellement, on n’a pas de motivation à moderniser le stade. [...] J’ai présenté mon projet à la mairesse. Je lui ai dit qu’on ne demande pas un sou d’argent public. Elle s’est montrée compréhensive.»

«Ça fait sept ans qu’on explique le dossier. Un moment donné ça prend une administration municipale qui veut s’entendre avec son équipe de soccer», insiste Richard Legendre. La récente rencontre avec l’administration Plante a été qualifiée de «positive».

Le Québec inc. doit s’impliquer

Pas question de vendre le club ou de le déménager, ni à court terme ni à long terme, assurent les dirigeants de l’Impact.

«Je suis déçu que nous ne soyons pas au niveau où nous devrions être», analyse M. Saputo. L’implication de la communauté des affaires est nécessaire à la santé financière de l’équipe.

«C’est bien de parler de la NBA, ou du retour du baseball, mais il faut donner davantage d’attention aux équipes déjà en place. Car ramener une équipe qui a déménagé coûte pas mal plus cher», explique le président de l’équipe. 

Davantage de commanditaires permet de conserver l’accessibilité des billets, ce qui en retour attire plus de partisans dans le stade, et ultimement génère davantage de revenus. La stratégie marketing du club sera plus «agressive» promet-on.

Le nombre d’abonnements de saison stagne à 9000. L’objectif est de le porter rapidement à 13 500. Pour concrétiser sa stratégie, le président de l’impact n’exclut pas prendre un peu de «recul» et de céder quelques responsabilités, notamment dans les opérations courantes de l’équipe. Plus facile à dire qu’à faire, convient Joey Saputo. «C’est mon bébé!».