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Phillip Danault hanté par les mises en jeu

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«C’était le pire match de ma vie». Phillip Danault n’a pas hésité une seule seconde avant d’offrir cette réponse pour décrire sa soirée contre les Kings de Los Angeles, mais surtout sa prestation au cercle des mises en jeu.

Danault se mordait encore les lèvres en pensant à la visite d’Anze Kopitar et des Kings au Centre Bell.

«Je n’étais pas assez méchant, a raconté Danault. Je dois trouver une façon de changer mon style dans ce temps-là. J’essayais trop d’y aller de vitesse. Les premiers matchs, en matchs préparatoires, ça a marché. Mais là, on arrive contre un excellent centre en Kopitar. Il est gros, il est raide, il prend de la place et il triche. Il est bon pour tricher. Mais je dois trouver une façon de contrer ça.»

Avec Tomas Plekanec dans les gradins depuis le début de la saison, le numéro 24 se retrouve avec une responsabilité encore plus accrue au cercle des mises en jeu. Il est l’unique vétéran de l’équipe à cette position. Jesperi Kotkaniemi en est encore à ses premiers pas dans la LNH, Max Domi découvre une nouvelle position et Matthew Peca a moins de 30 matchs derrière la cravate dans la grande ligue.

1 en 13

Face aux Kings, Danault a remporté une seule de ses 13 mises en jeu pour un anémique 8 %. Il a perdu ses dix premières mises en jeu. Il a mis fin à son calvaire en troisième période en gagnant une mise en jeu contre Kopitar qui l’a malmené tout le match avec six réussites en sept tentatives.

«J’ai commencé à stresser après en avoir perdu cinq ou six d’affilée, je me posais des questions, a souligné le centre de 25 ans. Je ne peux pas laisser ça arriver. Je ne peux pas arrêter de croire en mes moyens. Ça me jouait dans la tête. Les meilleurs joueurs, mentalement, ils ne flanchent pas comme ça quand ça arrive.»

Danault, qui avait eu des soirées respectables à 50 % face aux Maple Leafs et à 41 % face aux Penguins, a la ferme intention de se racheter contre la bande à Sidney Crosby et Evgeni Malkin.

«Je vais sortir méchant demain [samedi], c’est sûr, a-t-il lancé. Je vais répondre au match que j’ai eu contre les Kings. Il faut que ça fasse mal. Une mise au jeu, c’est une bataille de plus. Pour nous, les centres, ça te donne la rondelle pendant 15 secondes, ou tu passes 15 secondes à courir après.»

L’an dernier, Danault a présenté de bons chiffres à 52,8 %. Il se retrouvait au 44e rang dans la LNH pour ceux qui ont pris un minimum de 500 mises en jeu. C’était une autre histoire pour Jonathan Drouin qui a terminé au 114e rang sur 120 centres à 42,5 %.

«Je comprends ce que Phil ressentait contre les Kings, a rappelé Drouin qui est de retour à l’aile gauche cette année. Ça devient décourageant quand tu perds plusieurs mises en jeu d’affilée. Tu cherches des moyens, mais ça ne marche pas. Ça peut te jouer dans la tête. J’ai connu mon lot de mauvaises soirées au cercle des mises en jeu l’an dernier !»

Un art à parfaire

Les meilleurs centres de la LNH n’ont pas peur de le dire. Pour dominer au cercle des mises en jeu, ils ont appris à contourner les règlements. Patrice Bergeron est un maître. Idem pour Kopitar, le gagnant du trophée Frank-Selke en 2016 et 2018.

«Kopitar ne positionne pas son hockey tout à fait dans le cercle blanc, a précisé Danault. Les arbitres nous le disent : “Hey, mets ton hockey.” Quand c’est un vétéran comme ça, c’est parfois différent. Il a gagné le Selke l’an passé. Il a plus de lousse.»

Claude Julien a utilisé un mot populaire depuis quelques mois dans l’environnement du CH pour décrire l’un des secrets avec les mises en jeu.

«C’est une attitude, a-t-il répliqué. Ça commence là. Tu apprends à connaître les centres des autres équipes. Tu dois aussi faire des ajustements pendant un match. Il y a une préparation. C’est là que nos joueurs doivent s’améliorer. Phillip est dans la LNH depuis quelques saisons. On veut qu’il gagne ses mises en jeu. Jeudi, c’était très difficile pour lui. On ne peut pas avoir trop de soirées de la sorte.»