Remparts vs Halifax

Crédit : Simon Clark/Agence QMI

LHJMQ

Des orignaux scrutés à la loupe

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C’est inévitable, les Mooseheads d’Halifax seront scrutés à la loupe tout au long de la saison. Rien de nouveau, c’est la réalité des équipes hôtesses de la Coupe Memorial, année après année. Si leurs résultats sur la patinoire alimenteront certainement les sujets de discussion autant dans les médias que chez les amateurs, il n’en sera rien à l’intérieur du vestiaire de l’équipe.

Accueillir la Coupe Memorial peut représenter un fardeau important pour une jeune équipe que tout le monde condamne à gagner dès le jour 1 en raison du fait que leur ville a été choisie pour présenter le grand tournoi pancanadien.

Au terme de la dernière saison, les Mooseheads ont congédié leur entraîneur Jim Midgley après une seule année à la barre de l’équipe pour ensuite annoncer la nomination d’un homme de hockey d’expérience en Éric Veilleux.

Ce dernier représentait l’un des candidats parfaits pour remplir le rôle d’entraîneur de l’équipe hôtesse de la Coupe Memorial puisque, pas plus tard qu’en 2012, il a vécu la même chose avec les Cataractes de Shawinigan.

Cette année-là, Shawi s’était incliné en deuxième ronde éliminatoire face aux Saguenéens de Chicoutimi et, après un congé forcé de 31 jours, avait réussi à mettre la main sur l’honneur ultime de la Ligue canadienne de hockey.

«On n’en parle jamais»

Mais pour les Mooseheads, tout ça est encore très, très loin. Le sujet de la Coupe Memorial a été discuté à l’interne avant le début de la saison, puis a été remisé dans un tiroir qu’on rouvrira seulement le temps venu, a expliqué Veilleux.

«On n’en parle jamais. Quand on va dans un aréna pour la première fois de la saison, on s’en fait parler et c’est normal. De notre côté, le sujet est clos. On a une saison complète à jouer et des séries éliminatoires à préparer. J’ai toujours dirigé de la même façon et ça ne changera pas. Mon but, qu’on ait un club à maturité ou pas, c’est de faire progresser les jeunes afin qu’ils soient prêts pour le premier match des séries. La Coupe Memorial, c’est là, c’est là. Ça ne donne absolument rien d’en parler, elle va se jouer chez nous, peu importe.»

Sans nécessairement y penser tous les jours, Veilleux sait tout de même pertinemment que la saison à venir pour les Mooseheads ne sera pas un long fleuve tranquille.

«On va avoir des moments creux comme tout le monde. L’important là-dedans, quand ça va arriver, ça va être de bien réagir, de bien se comporter. Il ne faut pas s’en faire avec la Coupe. Ce sera important de ne pas y penser, ça ne donne rien. Les gens vont en parler, il va y avoir des articles qui vont s’écrire sur le sujet, mais pour nous, ça ne change rien à où on veut aller.»

Une équipe redoutable

Les Mooseheads connaissent un bon début de saison. Avant leur match de ce soir face aux Sea Dogs de Saint-Jean, ils montrent une fiche de 6 victoires et 2 revers.

Sur papier, pas de doute que la formation bâtie par le directeur général Cam Russell fait partie des puissances du circuit Courteau.

Les Arnaud Durandeau, Raphaël Lavoie, Xavier Parent, Benoit-Olivier Groulx, Jocktan Chainey et le gardien Alexis Gravel sont de retour et l’équipe a fait l’acquisition de trois champions de la Coupe Memorial l’an dernier avec le Titan d’Acadie-Bathurst, Antoine Morand, Jordan Maher et Samuel Asselin.

À cela s’ajouteront assurément quelques gros morceaux lors de la période des Fêtes et le rêve, peut-être un peu farfelu, de revoir Filip Zadina à Halifax demeure un lointain espoir.

«On a une équipe très talentueuse, a mentionné Morand. Éric [Veilleux] est le coach parfait pour qu’on garde la tête froide. C’est un fit parfait pour notre équipe avec ce qu’il amène. Il amène une dimension différente que peut-être d’autres entraîneurs n’auraient pas amenée. On est excités de l’avoir.»

S’il n’a jamais vécu une saison au sein de l’équipe hôtesse de la Coupe Memorial, Morand sait au moins ce que ça prend pour la remporter. Et s’il y a goûté l’an dernier, n’allez pas croire qu’il est rassasié.

«Une fois que tu as vécu c’était quoi de gagner, tu veux repasser par là et ça va être notre but cette année.»

L'envers de la médaille à Val-d'Or

D’un côté, il y a les équipes de tête qui commencent déjà à penser à ce qu’ils feront lors de la période des Fêtes pour s’améliorer et, de l’autre, les formations en reconstruction pour qui la patience est de mise.

Les Foreurs de Val-d’Or se retrouvent dans la deuxième catégorie et le début de saison a été brutal pour l’équipe dirigée par l’entraîneur-chef recrue Pascal Rhéaume.

Heureusement pour les partisans de l’équipe, un peu de lumière s’est récemment pointée au travers d’une longue séquence noire d’insuccès. Avant de l’emporter coup sur coup sur les Remparts de Québec vendredi dernier, puis face aux Tigres de Victoriaville le lendemain, les Foreurs n’avaient pas goûté aux joies de la victoire en 23 matchs.

Habitudes

Cette séquence s’étirait depuis la saison dernière puisque l’équipe avait conclu le calendrier régulier avec 13 défaites consécutives, avait été balayée en quatre rencontres au premier tour éliminatoire face à l’Armada de Blainville-Boisbriand, puis avait commencé la saison actuelle avec six revers consécutifs.

Pour Rhéaume, le défi est de taille. À sa première expérience en tant qu’entraîneur-chef dans la LHJMQ, il hérite d’une équipe en pleine reconstruction qui compte sur deux joueurs de 16 ans et huit âgés de 17 ans.

«L’an passé, l’équipe n’a gagné que deux matchs après Noël et on a commencé la saison avec six défaites. Gagner, c’est contagieux, mais perdre aussi», a expliqué Rhéaume.

Éthique de travail

Avec un alignement qui n’a rien de celui des Mooseheads ou des Voltigeurs de Drummondville, par exemple, le pilote désire d’abord et avant tout aider les jeunes joueurs à grandir dans une identité propre à l’équipe et à la ville.

«On ne fera pas de miracles avec ce qu’on a ou qu’on n’a pas. On veut une équipe qui travaille à l’image des gens de Val-d’Or. Plusieurs travaillent fort dans les mines ici, c’est un travail physique. On veut que lorsqu’ils viennent voir notre équipe, ils se reconnaissent et aiment venir en raison de notre éthique de travail.»

Il y a de l’espoir à Val-d’Or puisque l’équipe compte sur deux choix de première ronde en vue des prochaines assises de la ligue en juin : le leur et celui des Sea Dogs de Saint-Jean, acquis dans la transaction Julien Gauthier en 2017.