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Montréal rêve à la NBA

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En attendant d’avoir son propre club de la NBA, Montréal accueillait un match préparatoire entre les Raptors de Toronto et les Nets de Brooklyn, mercredi soir, au Centre Bell.

Parmi les quelques 20 526 amateurs présents, MacIntyre, un jeune partisan arborant un dossard aux couleurs des Raptors, rêvait du jour où Montréal allait obtenir son équipe.

«Un club de la NBA à Montréal, ce serait fou, a commenté le garçon originaire de Beaconsfield. Aujourd’hui, on vient pour encourager une équipe de Toronto, mais imaginez un peu si c’était notre club. Tous mes amis aiment le basketball et ils seraient ici, c’est certain.»

Alicia et Philippe, qui sont partis de la Beauce pour assister à la rencontre de mercredi, partageaient le même enthousiasme.

«Si ça arrivait, je m’achèterais des billets de saison immédiatement», a même lancé Philippe.

Plus tôt dans la journée de mercredi, une conférence de presse avait été organisée, dans un hôtel du centre-ville, pour annoncer qu’un groupe de gens d’affaires entreprenait des démarches visant la venue éventuelle d’une équipe de la NBA à Montréal.

Le Québécois Stéphan Crétier, président-fondateur et chef de la direction de Garda World, a d’ailleurs accepté d’investir jusqu’à 10% de la valeur de la nouvelle équipe. À défaut d’avoir lui-même participé à la rencontre de presse, il était aux abords du terrain pour le match disputé en soirée.

«En se basant sur la vente récente d’équipes et sur les informations que nous avons colligées, nous avons choisi de travailler sur un scénario où une équipe d’expansion coûterait entre 1,5 et 2 milliards de dollars américains», précisait pour sa part l’ancien ministre conservateur Michael Fortier, qui se trouve au cœur du dossier.

Pas d’expansion en vue

Le consultant Kevin Gilmore, autrefois vice-président exécutif et chef de l’exploitation du Canadien Montréal, et Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, étaient aussi présents pour dévoiler le projet.

«Pour le moment, la NBA n’envisage pas d’ajouter à court terme une équipe aux 30 existantes, a toutefois prévenu M. Fortier, un avocat de formation. Notre démarche vise plutôt à être prêts le jour où une telle éventualité se présenterait.»

Le commissaire de la NBA Adam Silver a été rencontré, mais le grand patron a été clair dans sa réponse.

«Il a été très courtois, mais il a été très ferme à l’effet que la ligue n’avait aucune intention de procéder à une expansion de ses rangs pour l’instant», a insisté M. Fortier.

Un bon marché?

Malgré tout, Montréal se prépare, au cas où... Document à l’appui, on avance que la ville québécoise serait dans les meilleurs marchés en Amérique du Nord advenant la venue d’une équipe.

«Nous avons conclu qu’on a sous-estimé le potentiel de notre ville», a ainsi proposé Gilmore, ajoutant que bien des villes comme Montréal possèdent plusieurs formations sportives différentes.

La venue d’une équipe de la NBA ne viendrait pas non plus empêcher, à priori, le retour d’un club du baseball majeur.

Au Centre Bell

En plus de tâter le pouls auprès du commissaire, le groupe a déjà tenu des discussions préliminaires avec les hauts responsables du Centre Bell. Il y aurait des travaux et des améliorations à faire, mais l’amphithéâtre du Canadien fait naturellement partie des plans.

Quoi qu’il en soit, il y a fort à parier que la NBA n’arrivera pas à Montréal avant plusieurs années. Les gens impliqués en sont bien conscients.

Pour l’heure, cette partie préparatoire a donc été remportée 118-91 par le club de Toronto. Force est d’admettre que les deux équipes ont par ailleurs offert un très bon spectacle, à commencer par les vedettes des Raptors Kawhi Leonard, Kyle Lowry et Jonas Valanciunas qui ont été passablement utilisées pendant ce match.

Comptant parmi les spectateurs présents, plusieurs joueurs du Canadien de Montréal, le combattant d’arts martiaux mixtes Georges St-Pierre et l’homme d’affaires Stephen Bronfman semblaient tous apprécier leur siège tout près du court. Tout comme monsieur Stéphan Crétier, d’ailleurs.