Crédit : Nick Turchiaro-USA TODAY Sports

MLS

La chute du TFC, la quête d’Atlanta United

La chute du TFC, la quête d’Atlanta United

Patrice Bernier

Publié 09 octobre
Mis à jour 09 octobre

C’est confirmé depuis samedi soir : le Toronto FC, champion de la Coupe MLS l’an dernier, n’aura même pas l’occasion de défendre son titre cette année, puisque l’équipe est désormais officiellement éliminée de la course aux séries à la suite de sa défaite de 2-1 subie aux mains des Whitecaps de Vancouver.

Quelque chose me dit qu’il n’y a pas grand-monde à Montréal qui a pleuré sur le sort des Torontois. D’autant plus que la victoire de l’Impact contre le Crew, samedi, a aussi contribué à sceller le sort du TFC.

Plus sérieusement, c’est vraiment la chute d’un cador, d’un géant, à laquelle on a assisté. L’an dernier, l’équipe n’avait subi que cinq défaites durant toute la saison, et en 2018, on n’a pas revu ce Toronto FC qui a, jusqu'ici, maintenu une fiche de neuf victoires, 16 défaites et six nulles. On est bien loin de ce TFC conquérant et décisif d'il y a à peine un an.

On le sait, ils ont commencé la saison en se concentrant surtout sur la Ligue des champions de la CONCACAF, où ils ont atteint la finale qu’ils ont perdue aux mains du Chivas Guadalajara. Ils voulaient vraiment devenir la première équipe de la MLS à remporter ce titre. Ils voulaient vraiment ce quatrième trophée après le Championnat canadien, le «Supporter’s shield» et la Coupe MLS.

Ils ne l’ont pas eu.

On a senti, après cette défaite, qu’ils n’ont jamais été capables de se retrouver. Il y a aussi eu beaucoup de blessures à des joueurs-cadres, comme Jozy Altidore, Victor Vazquez, les défenseurs Chris Mavinga et Drew Moor. On n’a jamais été capable d’aligner le onze de départ qu’on prévoyait avoir en début de saison.

On était plusieurs à penser, et cela m’inclut, qu’on allait revoir le «vrai» Toronto FC en deuxième moitié de saison. On les voyait entrer en séries, et même finir dans le haut du classement. Ce n’est pas arrivé.

Mais il y a des limites à évoquer le «blues» de la Ligue des champions. Les Red Bulls, eux, ont atteint les demi-finales de ce même tournoi. C’est seulement deux matchs de moins, en bout de ligne, que le TFC. Pourtant, ils ont une très bonne saison. À cet égard, on se demande pourquoi cette équipe plus jeune, avec moins de profondeur que le TFC, a mieux réussi le reste de sa saison.

La raison, c’est que se concentrer de nouveau, être à son mieux pour rester au sommet, c’est difficile dans le monde du sport. La constance au sommet, c’est peut-être même ce qu’il y a de plus dur.

Maintenant, il y a des questions à se poser à Toronto. Est-ce la fin du cycle amorcé en 2015 avec l'arrivée de Sebastian Giovinco et Jozy Altidore? Faut-il changer des choses, notamment dans l’effectif? Altidore a laissé planer le doute, après le match de samedi, au sujet de son retour avec l’équipe la saison prochaine. Peut-être que la direction voudra apporter des changements au sein de ses joueurs-clés.

L’Union impressionne

Je lève mon chapeau à l’Union de Philadelphie, qui de son côté, a réussi à confirmer sa place en éliminatoires samedi dernier.

Ce n’est pas une équipe qui y participe régulièrement. Ils n’ont pas un budget démesuré, comparativement à Toronto, par exemple, et leur philosophie est axée sur la jeunesse. Ils n’ont pas vraiment de joueur désigné d’envergure.

Mais cette saison, après un début lent, ils ont attaqué la deuxième moitié avec beaucoup de verve, beaucoup de confiance et ils causent désormais une certaine surprise. On les attendait surtout au sixième ou septième rang dans l’Est, dans une bataille avec l’Impact et D.C. United, et voilà qu’ils viennent de passer le Crew de Columbus en ayant le New York City FC et la troisième place dans le viseur.

Cette équipe, donc, n’a pas vraiment de gros noms, mais elle semble avoir trouvé une solidarité. C’est une équipe que personne n’attendait, mais elle démontre cette année qu’elle est solide et qu’elle peut enchaîner de bons résultats. Elle a aussi une très bonne fiche à l’étranger.

Atlanta United poursuit sa chasse aux records

Atlanta ne ralentit pas. L’équipe espère toujours terminer au sommet du classement général, qu’elle mène actuellement avec une courte avance sur les Red Bulls. Mieux encore, l’équipe a une chance d’abattre le record de points en une saison établi l’an dernier par Toronto, qui est de 69 points. À 66 points et avec deux matchs à jouer, c’est faisable. Le plus intrigant dans tout cela, c’est que si Atlanta doit surpasser cette marque, cela devra se faire lors du dernier match de la saison... à Toronto.

Les records tombent du côté d’Atlanta. Il y a d’abord eu les foules inédites du Mercedes-Benz Arena, puis la récolte de 30 buts de Josef Martinez, cette saison, qu’il peut encore améliorer. C’est une équipe possédée, qui monte en puissance. Ce qui est intéressant aussi, c’est qu’après avoir dominé tout le monde ou presque à domicile dans le passé, ils forment maintenant l’une des meilleures équipes de la ligue sur les pelouses adverses.

Leur fiche de dix victoires, quatre défaites et deux nulles à l'étranger en 2018 est plus qu'éloquente.

Pourtant, les distractions n’ont pas manqué à Atlanta cette année. Des rumeurs envoient l’emblématique entraîneur «Tata» Martino sous d’autres cieux. Même chose pour le milieu Miguel Almiron, qui vient d’ailleurs de se blesser et dont la présence est incertaine dans les prochaines semaines. Mais ils n’ont pas arrêté d’enchaîner les victoires. Pour une équipe qui en est seulement à sa deuxième année en MLS, c’est la preuve d'un très bon travail à l’interne.

Wondolowski, l’exemple

Ainsi, Chris Wondolowski, des Earthquakes, n’est désormais qu’à un seul but de Landon Donovan et du record de buts en carrière en saison régulière dans la MLS, qui est de 145.

Wondolowski, c’est la constance. C’est une évolution en tant que joueur. Quand on le regarde, on ne voit pas un athlète au style dynamique comme Sebastian Giovinco, David Villa ou Ignacio Piatti. C’est plutôt un joueur discret, travaillant, méticuleux dans ses déplacements et son positionnement. Un gars qui maîtrise l’art de marquer des buts.

Il ne faut pas oublier que ses premières années dans la MLS, il les a passées sur le banc. Son émergence a été tardive. Il a ensuite été capable de marquer beaucoup de buts, et il l’a fait à San Jose, sans avoir beaucoup de vedettes autour de lui qui pouvaient autant attirer l’attention de l’adversaire que combiner avec lui pour lui offrir un bon «service» afin qu’il marque encore plus souvent.

Même cette année, alors qu’il prend de l’âge, alors que l’équipe connaît une saison misérable, les buts continuent de s’accumuler. S’il ne bat pas le record de Donovan cette année, ça se fera l’année prochaine.

C’est un joueur qui peut inspirer les jeunes. On ne le voyait pas, dans sa jeunesse, là où il est aujourd’hui. Mais il a travaillé continuellement à maîtriser l’art de marquer des buts, saison après saison. Chapeau à lui.

Parlant des Earthquakes, ceux-ci ont annoncé l’embauche d’un nouvel entraîneur, Matias Almeyda, en vue de la saison 2019. Ce fut un excellent joueur, mais il a aussi eu du succès comme entraîneur. Il était d’ailleurs aux commandes de Chivas lorsqu’ils ont battu Toronto en finale de la Ligue des champions au printemps dernier. Il a remporté quelques titres au Mexique.

C’est un nouveau tournant pour San Jose parce qu’Almeyda est un assez gros nom. Il y aura sûrement des changements notables dans l’effectif également. Cela dit, l’Argentin aura beaucoup de travail devant lui pour redresser la situation chez les Earthquakes.