Canadiens

Zarley Zalapski, une autre victime de l’ETC?

Publié | Mis à jour

Décédé à l’âge de 49 ans en décembre dernier, l’ancien défenseur du Canadien de Montréal Zarley Zalapski est-il la dernière victime connue du fléau de l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC)? Sa sœur Kyla est en quête de réponses.

Le choix de premier tour des Penguins de Pittsburgh, le quatrième au total, en 1986 a disputé 637 matchs du calendrier régulier de la Ligue nationale (LNH) entre 1987-1988 et 1999-2000, avant de poursuivre sa carrière dans la défunte Ligue internationale et en Europe.

Celui qui a joué 28 parties avec le Tricolore en 1997-1998 après avoir été échangé par les Flames de Calgary en retour de Valeri Bure, entre autres, est mort des suites d’un arrêt vasculaire cérébral hémorragique, résultat d’un caillot sanguin à l’intérieur de son cœur.

Toutefois, Kyla Zalapski voulait en savoir plus : son frère aîné avait-il d’autres problèmes de santé n’ayant pas été détectés et si oui, ceux-ci avaient-ils un lien avec l’AVC ayant emporté l’ex-hockeyeur? Sachant qu’il avait subi deux commotions cérébrales pendant son parcours de 12 ans dans la LNH, elle a décidé de faire envoyer le cerveau de Zarley Zalapski à la neuropathologiste Lili-Naz Hazrati, qui a confirmé ses doutes : son frère avait une ETC.

«Les commotions et les effets neurologiques associés à celles-ci sont réels. Nous devons trouver de meilleures façons pour les prévenir et les traiter, a commenté Kyla Zalapski au site du journal "The Globe and Mail". Nous savons que l’ETC est un amas de protéines cérébrales anormales, mais c’est le plus loin que la science peut nous amener.»

Le déclin

La santé de Zarley Zalapski n’a cessé de décliner à partir de 1993-1994, lui qui a terminé sa dernière saison professionnelle en 2009-2010.

Toujours selon «The Globe and Mail», les symptômes se manifestaient plus clairement quelque temps avant son décès : ses yeux étaient cernés et une perte de poids avait été remarquée. En plus d’être léthargique, il parlait peu et quand il ouvrait la bouche, son discours était confus. Bagarreur occasionnel dans la LNH, il ne fumait pas et ne consommait pas ni drogue, ni alcool.

«Ce fut une évolution de différentes choses. Il n’était pas le genre de personne à qui vous pouviez demander si tout allait bien. C’était très difficile d’entretenir une conversation avec lui», a poursuivi sa sœur.

Pourtant, l’ex-défenseur était conscient de l’importance de la sécurité des sportifs. En 1989, il avait participé à une campagne de sensibilisation – en compagnie du porteur de ballon Merril Hoge – sur le port du casque protecteur dans le monde du sport. Plusieurs années plus tard, sa sœur a tenté d’obtenir de l’aide pour son frangin qui éprouvait des ennuis de santé.

«Kyla m’a contacté, car Zarley avait de la misère dans sa transition entre la vie de hockeyeur et celle du travail quotidien, a mentionné Hoge, un ancien des Steelers de Pittsburgh qui a rencontré Zalapski à l’époque où il jouait avec les Penguins. Beaucoup ont tout de suite pensé que l’ETC l’avait tué. Mais c’est de l’hystérie, parce que l’ETC n’a jamais assassiné quiconque. La paranoïa de croire cela, oui», a-t-il poursuivi pour souligner le danger de l’auto-diagnostic, affirmant ainsi qu’il n’y a pas assez de données pour mettre en cause l’ETC dans ce cas.

Plus d’information

Sans vouloir une compensation financière ou intenter une poursuite, la sœur de Zalapski espère surtout en apprendre davantage sur l’ETC pour ensuite aider ceux ayant besoin de support.

«Je crois avoir une dette envers mon frère et tous les gens incapables d’obtenir les réponses à leurs questions. Je dois poser les bonnes et me lever, même si ma voix pourrait en déranger quelques-uns. Zarley a été un joueur et un homme de principe. Il n’a jamais suivi la masse, il s’est tenu debout pour ce qu’il croyait juste et a toujours défendu la vérité. Je prévois en faire de même», a-t-elle conclu.