Crédit : JMTL

Canadiens

Les 40 pires décisions depuis 40 ans

Publié | Mis à jour

Véritable empire à l’époque, le Canadien amorçait il y a 40 ans une saison qui allait se terminer par une quatrième conquête d’affilée de la coupe Stanley, au printemps 1979.

Depuis ce temps, les moments de réjouissances ont été peu nombreux. Marc de Foy dresse le palmarès des 40 pires décisions qui ont mené à la chute de l’empire.

1. Choc fatal

2 décembre 1995

Quelques mois avant sa fermeture, le Forum est le théâtre d’un incident sans précédent. Les amateurs se moquent de Patrick Roy lors d’une sortie houleuse contre les Red Wings de Detroit. Le gardien leur répond en levant les bras au ciel. Mario Tremblay le retire du filet après neuf buts des Red Wings, qui l’emportent par la marque de 11 à 1. Piqué au vif, Roy lance à Ronald Corey, qui est assis derrière le banc du Canadien, qu’il a disputé son dernier match avec l’équipe. Tremblay ne manque rien de la scène. Quatre jours après cet épisode, Réjean Houle échange Roy et Mike Keane à l’Avalanche du Colorado en retour de Jocelyn Thibault, Martin Rucinsky et Andrei Kovalenko.

2. Le déclin commence

17 octobre 1995

Éliminé des séries pour la première fois en 25 ans, au printemps 1995, le Canadien échappe ses quatre premiers matchs de la saison l’automne suivant. Ronald Corey frappe un grand coup en congédiant Serge Savard et en mutant Jacques Demers à d’autres fonctions. Le président fait appel à Réjean Houle et à Mario Tremblay qui ne possèdent aucune expérience comme directeur général et comme entraîneur en chef. L’arrivée du duo produit des effets positifs au début. Le Canadien remporte 12 de ses 14 premiers matchs sous la direction de Tremblay (12-1-1), mais se qualifie de justesse pour les séries. Ce chapitre est considéré comme le début de la chute de l’empire.

3. Légende poussée vers la sortie

26 novembre 1984

Le torchon brûle entre Guy Lafleur et Jacques Lemaire. Mal à l’aise dans le système de jeu de son entraîneur, Lafleur demande à être échangé. Serge Savard refuse d’exaucer son vœu. Après 19 matchs au cours desquels il n’a compté que deux buts et totalisé cinq points, Lafleur largue une bombe en annonçant sa retraite du hockey. Quatre ans plus tard, il revient au jeu avec les Rangers de New York avant de se joindre aux Nordiques.

4. Trop dérangeant

29 juin 2016

Vingt-six ans, jour pour jour, après la transaction Chelios-Savard, Marc Bergevin cède le populaire défenseur P.K. Subban aux Predators de Nashville en retour de Shea Weber. Après deux ans, force est d’admettre que la venue de Weber n’a pas produit les effets escomptés chez le Canadien. L’équipe s’effondre en première ronde des séries face aux Rangers de New York en 2017. Elle rate les séries en l’absence de son expérimenté défenseur la saison suivante. Weber reviendra en santé en décembre, mais il en faudra beaucoup plus pour raviver l’espoir.

5. Déception en ville

11 juin 1980

Le Canadien hérite du premier choix au repêchage en vertu d’une transaction qu’il avait effectuée avec les Rockies du Colorado, en 1976. Le Tricolore céda deux jeunes joueurs, Ron Andruff et Sean Shanahan, ainsi que son premier choix de 1980 contre celui des Rockies. Les amateurs n’en ont que pour Denis Savard, qu’ils ont vu briller avec le Junior de Montréal. Mais le Canadien opte pour Doug Wickhenheiser, que bon nombre de recruteurs considèrent comme le joueur numéro un du repêchage cette année-là. Les Jets de Winnipeg sélectionnent le défenseur Dave Babych au deuxième rang tandis que Savard se retrouve avec les Blackhawks de Chicago au troisième. Lors du premier match de la saison au Forum, Ruel laisse Wickhenheiser de côté afin de le soustraire à une confrontation avec Savard. Ce dernier marque un but après avoir fait prendre une tasse de café à Larry Robinson, en plus de récolter une mention d’aide dans une victoire de 5 à 4 des siens.

6. 10 ans trop tard

Denis Savard arrive avec le Canadien 10 ans trop tard dans une transaction qui envoie Chris Chelios à Chicago. Le défenseur remporte le trophée Norris à deux autres reprises avec les Blackhawks. Mais Savard savoure la seule Coupe Stanley de sa carrière avec le Tricolore en 1993. En 210 matchs avec le Canadien, Savard a inscrit 72 buts et totalise 179 points pour une moyenne de 0,85 point par match, moyenne de loin inférieure à celle de 1,38 qu’il avait conservée à ses 10 premières saisons à Chicago. Trois semaines après avoir remporté la Coupe, il se joint au Lightning de Tampa Bay à titre de joueur autonome.

7. Double perte

9 février 1995

Éric Desjardins, John LeClair et Gilbert Dionne passent aux Flyers de Philadelphie en retour de Mark Recchi. Desjardins continue sur sa lancée tandis que LeClair éclate en se retrouvant aux côtés d’Eric Lindros et Mikael Renberg. Le «trio de la malédiction» fait rapidement des ravages dans la LNH. LeClair connaît trois saisons de 50 buts, suivies de deux autres de 40 buts avec les Flyers. Recchi se tire bien d’affaire à Montréal, mais le Canadien n’a pas la force de frappe des Flyers. Le jeu de Recchi n’arrivera pas à faire oublier les succès de Desjardins et de LeClair à Philadelphie.

8. Joueur étoile de trop

29 octobre 1996

À 27 ans, Pierre Turgeon est dans ses meilleures années. Mais les choses ne cliquent pas entre lui et Mario Tremblay. Rétrogradé au sein d’un trio défensif en séries contre les Rangers, au printemps 1996, il donne le mandat à son agent Robert Sauvé de réclamer une transaction auprès de Réjean Houle. Personne n’est au courant. À l’automne, Vincent Damphousse et Saku Koivu sont toujours les deux premiers centres. Lors d’un match contre les Coyotes, Turgeon marque un but et obtient trois mentions d’aide dans une défaite de 5 à 4, en jouant à l’aile droite aux côtés de Koivu. Le lendemain, il prend le chemin de St. Louis, en compagnie de Craig Conroy et Rory Fitzpatrick en échange de Shayne Corson, Murray Baron et un choix de cinquième ronde qui devient Gennady Razin.

9. Espoir sacrifié

30 juin 2009

À la recherche d’un joueur de centre pour remplacer Saku Koivu, Bob Gainey sacrifie le jeune espoir Ryan McDonagh pour faire l’acquisition de Scott Gomez des Rangers. Christopher Higgins passe aussi à l’organisation new-yorkaise en compagnie de Pavel Valentenko et Doug Janik. Le Canadien acquiert également Tom Pyatt et Michael Busto dans la transaction.

10. Autre capitaine liquidé

23 mars 1999

Le Canadien n’entend pas offrir un nouveau contrat à Vincent Damphousse. L’équipe est sur un vol vers Edmonton lorsque Damphousse apprend qu’il est échangé aux Sharks de San Jose contre des choix de première ronde (Marcel Hossa en 2000), de deuxième ronde (échangé à Columbus) et de cinquième ronde (Marc-André Thinel en 1999). En six saisons en Californie, Damphousse récolte 289 points en 385 matchs. Marcel Hossa n’est malheureusement pas aussi bon que son frère Marian. Il participe à 59 matchs en trois saisons à Montréal, marquant 10 buts et totalisant 19 points, avant de passer aux Rangers en retour de Garth Murray.

Voyez les 30 autres décisions sur le site du Journal de Montréal

Neuf questions | Bonnes ou mauvaises décisions? Le futur nous le dira

Débloquera-t-il?

30 juin 2013: Le Tricolore repêche l’ailier droit Michael McCarron au 25e rang. Après trois ans chez les professionnels, il n’a toujours pas fait la démonstration qu’il peut jouer dans la LNH. Les espoirs sont très minces.

Se rendra-t-il au bout?

25 novembre 2015: Après trois saisons satisfaisantes, Marc Bergevin obtient une prolongation de contrat de cinq ans qui a commencé la saison dernière. La pression est lourde sur ses épaules.

Quand les verra-t-on?

24 juin 2016: Lars Eller est échangé aux Capitals de Washington contre deux choix de deuxième ronde. Le Canadien repêche deux joueurs de centre, le Finlandais Joni Ikonen l’an dernier et le Suédois Jacob Olofsson cette année. Les deux poursuivent leur apprentissage dans leur pays respectif. Olofsson évolue avec l’équipe de Timra

Tiendra-t-il le coup?

24 juin 2016: Andrew Shaw passe au Canadien contre deux choix de deuxième ronde en 2016. Les Blackhawks de Chicago sélectionnent l’ailier droit Alexander DeBrincat et le défenseur Chad Krys avec un choix que le Tricolore avait obtenu antérieurement du Wild du Minnesota. Shaw est de tous les combats, mais son style casse-cou l’expose aux blessures.

Se rendra-t-il au bout (bis)?

14 février 2017: une semaine après avoir été congédié par les Bruins, Claude Julien revient derrière le banc du Tricolore. Il reste quatre ans à son contrat entamé la saison dernière.

Au centre ou à l’aile?

15 juin 2017: Jonathan Drouin est échangé au Canadien en retour de Mikhail Sergachev, premier choix de l’organisation montréalaise au repêchage de 2016. Utilisé surtout à l’aile avec le Lightning de Tampa Bay, Drouin se voit confier le poste de premier joueur de centre du Tricolore. L’expérience n’a pas été concluante la saison dernière. À suivre.

Un boulet à traîner?

1er juillet 2017: Karl Alzner se joint au Tricolore à titre de joueur autonome. Le défenseur signe un contrat de cinq ans d’une valeur de 23, 125 M$ comportant une liste de sept équipes auxquelles il ne veut pas être échangé.

Peut-il remonter au sommet?

2 juillet 2017: Carey Price obtient le contrat le plus lucratif jamais accordé à un joueur du Canadien. D’une durée de huit ans, l’entente atteint une valeur globale de 84 M$. Plus de 83 pour cent (70 M$) de cette somme seront versés au gardien en prime d’engagement. Un premier versement de 13 M$ lui a été fait le 1er juillet dernier.

Le jeune répondra-t-il aux attentes?

10 septembre: Le Canadien refuse d’accorder une prolongation de contrat à Max Pacioretty. Au terme d’un roman-feuilleton de plusieurs mois, Pacioretty est échangé aux Golden Knights de Vegas, qui lui accordent une entente d’une valeur de 28 millions étalée sur quatre ans. Le Canadien fait l’acquisition des attaquants Tomas Tatar et Nick Suzuki et d’un choix de deuxième ronde au repêchage de 2019. Suzuki se veut le joueur clé dans la transaction pour le Tricolore. Repêché 13e par les Golden Knights l’an dernier, certains le disent supérieur à Nico Hischier et Nolan Patrick, qui sont partis premier et deuxième.