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CH: tous ces premiers choix échappés

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On s’accorde à dire que le repêchage est une science inexacte. À l’exception des surdoués, il est difficile de prédire ce qu’un joueur de 18 ans deviendra dans la vingtaine.

La marge d’erreur est grande. Les équipes n’aiment pas que l’on note leurs échecs. La réaction est humaine. Personne n’aime voir son travail déprécié.

Rien n’empêche que les fondations de toute organisation reposent sur le repêchage. Le processus consiste à développer le plus grand nombre de joueurs de qualité pour le grand club.

Ironie du sort, le Canadien de Montréal obtient plus de succès avec ses espoirs repêchés dans les rondes subséquentes au premier tour. Le phénomène s’observe depuis des décennies.

Ne pas sacrifier l’avenir

Le patron du recrutement chez le CH, Trevor Timmins, est la cible de maintes critiques depuis plusieurs années. Mais plusieurs personnes gravitant autour de lui sont en cause. À sa défense, ses directeurs généraux ont laissé partir de jeunes joueurs de talent.

Le premier nom qui vient à l’esprit est le défenseur Ryan McDonagh, que Bob Gainey avait échangé aux Rangers de New York afin de mettre la main sur Scott Gomez.

Cette transaction avait été effectuée après que l’organisation a coupé les ponts avec Saku Koivu, qui fut le joueur de centre numéro 1 et le capitaine de l’équipe durant 10 ans.

McDonagh a été capitaine des Rangers pendant quatre ans avant d’être échangé au Lightning de Tampa Bay avant la date limite des transactions en février dernier. Le Lightning lui a accordé une prolongation de contrat de sept ans durant l’entre-saison.

En échangeant P.K. Subban, qui avait été un choix de deuxième ronde en 2007, Marc Bergevin a obtenu en Shea Weber un défenseur de quatre ans son aîné.

Le temps dira si le directeur général du Canadien a fait un bon coup en échangeant Mikhail Sergachev contre Jonathan Drouin et Alex Galchenyuk contre Max Domi. Mais une chose est certaine : Bergevin ne peut plus échanger des joueurs qu’il a repêchés au premier tour.

L’exemple des Bruins

À la fin de la saison dernière, on comptait une dizaine de choix de l’organisation dans la formation. Le groupe était constitué de Carey Price (2005), Max Pacioretty (2007), Brendan Gallagher (2010), Alex Galchenyuk (2003), Charles Hudon (2012), Jacob de la Rose (2013), Artturi Lehkonen (2013), Nikita Scherbak (2014), Noah Juulsen (2015) et Victor Mete (2016).

Pacioretty et Galchenyuk ont été échangés, tandis que Tomas Plekanec revient en tant que doyen du groupe.

À titre de comparaison, le noyau des Bruins de Boston est constitué de joueurs de premier plan provenant du repêchage.

On parle de Patrice Bergeron (2003), David Krejci (2004), Brad Marchand (2006), David Pastrnak (2014), Danton Heinen (2014), Jake DeBrusk (2015) et Charlie McAvoy (2016).

Le défenseur Torey Krug a été embauché à titre de joueur autonome à sa sortie de l’université du Michigan. Ryan Donato (2016), venant de l’université Harvard et qui a fait le saut avec l’équipe à la fin de la saison, a fait sentir sa présence dès ses débuts avec l’équipe, le printemps dernier.

Les Bruins se sont départis aussi de bons joueurs qu’ils avaient repêchés, mais pas avant d’avoir gagné avec eux. Milan Lucic (2006) et Tyler Seguin (2010) se sont joints aux Bergeron, Krejci et Marchand pour aider les Bruins à gagner la coupe Stanley en 2011.

Phil Kessel (2006) et Dougie Hamilton (2011) sont d’autres choix des Bruins qui connaissent du succès dans la Ligue nationale (LNH). Kessel a contribué aux conquêtes de la coupe par les Penguins de Pittsburgh en 2016 et 2017.

Poehling et Kotkaniemi auront besoin de temps

Pour le moment, la relève est mince chez le Rocket de Laval. Michael McCarron se fait attendre après trois saisons chez les professionnels. Les autres joueurs qu’on retrouve chez le Rocket sont encore plus loin de l’objectif.

Les meilleurs espoirs se trouvent parmi les joueurs repêchés au cours des deux dernières années. On pense à Ryan Poehling et à Jesperi Kotkaniemi, mais on ne les verra pas à Montréal avant quelques années.

Le grand Jari Kurri, qui a évolué pendant plusieurs années à la droite de Wayne Gretzky, conseille au Canadien de prendre son temps avec son jeune compatriote Kotkaniemi. Il n’entretient aucun doute quant à la capacité du jeune homme d’atteindre la LNH. Mais il estime que Kotkaniemi a besoin de deux autres années dans la ligue élite finlandaise. Le joueur de centre a fait ses débuts dans ce circuit la saison dernière.

Poehling pourrait jouer deux autres saisons à l’université de St. Cloud.

Le Canadien aura ensuite la responsabilité de bien développer ces deux joueurs et d’exploiter leurs habiletés au maximum.