Boxe

Se sacrifier aujourd'hui pour triompher demain

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Pour la plupart des adolescents de 14 ans, la routine consiste à se rendre à l’école secondaire, à passer du temps avec les amis les fins de semaine, à fréquenter la première copine...

Mais c’est connu... Chaque règle a son exception.

Âgé de 14 ans, Jacob Blais n’a rien de l’adolescent typique.

Le jeune Terrebonnien pratique la boxe depuis maintenant dix ans et depuis son tout jeune âge, il engrange les distinctions à une vitesse ahurissante.

Devenu champion du monde Ringside en 2016, il a également remporté les Gants de Bronze, les Gants d’Argent et les Gants Dorés, en plus d’être sacré champion de la Coupe Imperium en 2015 et 2016.

Il présente à ce jour une fiche de 30 victoires contre seulement trois revers.

Mais un tel curriculum vitae ne se bâtit pas en criant ciseau.

Portrait d’un athlète acharné et discipliné au possible qui ne vise qu’une chose : l’excellence.

Un objectif clair

Lorsqu’on lui demande quel est son objectif principal à moyen ou long terme, Jacob ne passe pas par quatre chemins.

Il pourrait répondre qu’il souhaite devenir médecin, ingénieur, avocat ou dentiste.

Mais ce n’est pas du tout son cas.

«Je veux gagner les Jeux Olympiques de 2020 et boxer chez les professionnels!», lance-t-il sans détour.

La beauté de la chose, c’est que l’adolescent ne fait pas «juste» souhaiter y arriver.

Il travaille sans relâche et ne néglige aucun détail dans le processus qui, souhaite-t-il, l’amènera à atteindre son rêve.

Le début d’un beau parcours

Jacob Blais commence la boxe à quatre ans. C’est encouragé par son père, Jean-François, qu’il se lance à pieds joints dans ce sport.

«J’ai d’abord inscrit Jacob au karaté. Déjà, on voyait qu’il avait un bon coup de poing! Il avait d'ailleurs déjà gagné quelques compétitions. Le seul problème, c’est qu’il détestait les katas. Il a donc perdu l’intérêt rapidement.»

Le jeune Jacob a toutefois besoin de bouger et ne manque pas de le souligner à ses parents.

Jean-François fait donc «1+1» rapidement. Son fils est déjà doté d’une bonne technique de frappe, il aime le combat et il adore bouger.

«Je l’ai donc inscrit à la boxe. Il a adoré ça tout de suite et il s’est mis à gagner rapidement. Il n’a jamais arrêté de boxer depuis.»

Boxeur dévoué, étudiant assidu, adolescent discipliné

Dix ans plus tard, le parcours de Jacob Blais est parsemé de réussites, mais n’allez pas croire que ses succès sont liés au hasard.

Pour le jeune homme de 14 ans, chaque minute est calculée et investie de sorte qu’il puisse être le meilleur dans le ring, mais aussi sur les bancs d’école.

«Je m’entraîne environ six jours par semaine avec un entraîneur privé. Avant chaque séance, je travaille aussi en haltérophilie avec mon préparateur physique. Le mercredi et le samedi, j’ai aussi des séances de "sparring" (combats d’entraînement).»

Crédit photo : Ariane Théberge

Et comment jumèle-t-il l’école à cette routine sportive si occupée?

«Je m’assure vraiment de bien performer à l’école aussi. Je vais à toutes les récupérations sur mes heures de lunch. J’utilise aussi chaque temps libre à ma disposition pour mettre le nez dans mes livres.»

Avec un emploi du temps aussi chargé, l’athlète n’a pratiquement aucun moment à consacrer à ses amis. Pas toujours facile pour un adolescent. Mais Jacob, très mature pour son âge, préfère mettre l’accent sur les bienfaits que cela peut apporter.

«C’est sûr que ce n’est pas toujours facile. Mais on appelle ça faire des sacrifices. Je dois être discipliné. Les gens n’ont aucune idée des efforts que l’on doit mettre pour exceller dans un sport. Je te confirme que c’est gros!»

Cette discipline, vous le devinerez, s’applique aussi à l’alimentation.

Le boxeur est suivi de près par un nutritionniste et est commandité par une compagnie qui s’assure de lui préparer des repas complets, variés et excellents pour la santé. Les excès sont donc très rares dans le cas de Jacob.

Alors... Difficile de suivre un régime alimentaire à un si jeune âge?

«Honnêtement, pas tellement!», répond-il.

«Si tu veux vraiment réussir dans ce que tu fais, l’alimentation, c’est la base!»

Parlant de sacrifices, celui que ses amis surnomment «Jack» a récemment dû prendre une autre difficile décision.

Évoluant dans le AAA au baseball, un sport qu’il pratiquait également depuis son tout jeune âge, Jacob a récemment pris la décision d’accrocher son gant.

Crédit photo : Ariane Théberge

«Concilier les deux sports devenait de plus en plus difficile», admet son père.

«La dernière année, il devait prendre l’avion pour la boxe et pour le baseball. C’était trop.»

Vie familiale remplie ou marathon sans fin?

Il est facile d’oublier que derrière tous ces exploits et ces décisions matures se cache un jeune homme de seulement 14 ans.

C’est toutefois la réalité et à cet âge, un garçon a besoin de ses parents.

Et bien malin celui qui trouvera quelque chose à dire relativement au support parental que reçoit Jacob.

Crédit photo : Ariane Théberge

Ses parents le suivent à chaque combat et entraînement et s’occupent aussi de gérer le côté administratif de sa carrière.

Qui plus est, son petit frère, Nolan, boxe lui aussi et ses parents s’assurent qu’il ne manque également de rien.

Lorsque l’on met tout ça ensemble, une question évidente émane : la famille parvient-elle à passer du temps de qualité en dehors de la boxe?

«Oui», de répondre Jean-François.

«On réserve souvent notre dimanche pour faire des activités en famille et se sortir de notre routine. Mais la semaine, c’est sport et école à 100%.»

Pas évident, voir son enfant se battre

Peu importe le tempérament d’un parent, aucun n’aime voir son enfant encaisser des coups.

Comment le père et la mère de Jacob composent-ils avec la vie de boxeur de leur fils?

Crédit photo : Ariane Théberge

«C’est stressant, je dois l’avouer. Je crois que je suis plus stressé que lui avant ses combats!», confie le paternel.

«Et plus les combats s’enchaînent, plus ils deviennent importants. Par exemple, le Défi des Champions s’en vient. C’est l’occasion pour lui de se qualifier pour le Championnat Canadien. Dans quelques mois, les qualifications pour les Jeux Olympiques se pointeront aussi. C’est beaucoup de gros événements qui demandent une grande préparation.»

Ça tombe bien, Jacob Blais est loin d’être vilain, lorsque vient le temps de se préparer!

Ah oui! Une petite question en terminant. 

Que faisiez-vous à 14 ans?