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NFL

Le début de l’ère Josh Allen à Buffalo

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Dans un monde idéal, les Bills de Buffalo allaient se montrer patients et le quart-arrière Josh Allen allait studieusement parfaire ses connaissances sur le banc. L’équipe allait éviter de précipiter dans la jungle une recrue sans qu’il ait tous les outils à sa disposition pour favoriser sa réussite. La NFL, toutefois, offre rarement un monde idéal.

Après seulement une semaine, l’ère Josh Allen prend son envol à Buffalo. Pour certains quarts recrues, qui ont fait face à une solide opposition dans les rangs universitaires et qui affichent une mécanique intraitable en plus d’être bien entourés à l’offensive, plus vite ils sont lancés dans le bain, mieux c’est.

Ce n’est pas le cas pour Allen, même s’il pourrait potentiellement déjouer les évaluations pratiquement unanimes à son sujet.

Son manque de précision est bien documenté, particulièrement quand il se retrouve en mouvement lorsque sa pochette protectrice se désintègre. Et c’est un scénario qui risque de se produire derrière la ligne offensive des Bills, qui a perdu trois partants de qualité depuis la fin de la saison dernière.

Son bras supersonique, sur lequel il s’est souvent appuyé durant ses années à Wyoming, devra être raffiné dans une ligue où l’opposition n’offre pas de passe-droit à la Gardner-Webb, Texas State ou New Mexico.

À sa disposition, mis à part LeSean McCoy (qui pourrait être distrait par sa situation judiciaire) et Kelvin Benjamin, ce n’est pas la joie.

Pas le choix

Malgré tous ces facteurs accablants, les Bills ont pris la décision qui s’imposait. Sans l’ombre d’une parcelle de doute.

Pourquoi ? Parce que durant la saison morte, ils sont allés chercher A.J. McCarron, mais la rumeur voulait qu’au camp d’entraînement il soit insatisfait de son sort et l’équipe l’a envoyé à Oakland.

Ne restait donc que l’immortel Nathan Peterman en guise d’ultime rempart entre Allen et son arrivée précoce sur le terrain. Or, croire en Peterman pour protéger le joyau à polir, ce n’était que l’inévitable mirage d’une ligne Maginot à Buffalo...

Ce cher Peterman, c’est bien connu, a lancé sept interceptions en trois départs à ce jour. Dimanche dernier contre les Ravens, il n’a amassé que 24 verges en 10 séries offensives. À ce jour en situation de troisième essai, il a complété deux de ses 12 passes pour 14 verges. Devant pareil naufrage, aussi bien déserter le radeau tissé d’incompétence pour tenter de regagner la berge à la nage !

De l'espoir

Même s’il s’agissait d’un choix polarisant au dernier repêchage, difficile de nier le talent, les qualités athlétiques et la puissance du bras de Josh Allen.

Le jeune homme apprendra certes à la dure, mais rien de tel pour voir ce qu’il a dans le ventre. À Wyoming, il a pris l’habitude chaque semaine de courir pour sa vie et, en ce sens, il ne sera pas dépaysé.

Personne de sensé n’exigera de lui qu’il propulse les Bills en séries dès cette année. Pas avec le personnel offensif en place autour de lui. Mais ne serait-ce que pour mettre fin à la séance de torture imposée par Peterman, les Bills font bien de remettre les clés à Allen.