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Boxe

Golovkin-Alvarez, retrouvailles entre haine et suspicion

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Publié | Mis à jour

Un nul controversé, des retrouvailles reportées pour cause de dopage et, depuis, des échanges d'insultes salées: Gennady Golovkin et Saul Alvarez ont toutes les raisons de se détester avant de s'expliquer samedi à Las Vegas dans le combat de boxe le plus attendu de l'année.

Têtes d'affiche des poids moyens, ils n'ont pas eu à se forcer ou à mettre en scène leur rivalité, comme beaucoup avant eux, pour faire monter la tension, l'intérêt des annonceurs et les prix des billets pour la T-Mobile Arena.

«C'est plus qu'un combat ou que du business, c'est une vraie guerre entre nous», prévient Golovkin, d'habitude si placide.

«C'est certainement l'adversaire le plus antipathique et le plus tricheur que j'ai jamais affronté, comme tout son entourage du reste», insiste le Kazakh, champion WBA et WBC.

«C'est devenu plus personnel entre nous, je le déteste», confirme Alvarez qui menace: «Je me suis entraîné comme jamais pour le mettre KO samedi».

En tout juste un an, la rivalité entre les deux meilleurs moyens -- et, pour beaucoup d'observateurs, les deux meilleurs boxeurs toutes catégories confondues-- en activité, est devenue l'une des plus marquantes du siècle.

Positif au clenbutérol

Cela a débuté dès la fin de leur premier combat, finalisé après deux années d'âpres négociations, qui s'était soldé le 16 septembre 2017, déjà à Las Vegas, par un nul contesté (113–115, 114–114, 118–110), tant Golovkin, invaincu jusque là, avait dominé et pris de vitesse Alvarez.

Après avoir généré des recettes de 100 millions de dollars (86 M EUR) grâce aux ventes de télévision à la séance et de 27 millions grâce à la billetterie, le deuxième opus a rapidement été finalisé et devait avoir lieu le 5 mai 2018.

Mais ce combat a été annulé, Alvarez étant suspendu six mois jusqu'au 30 août 2018 après un contrôle antidopage positif au clenbutérol.

Le Mexicain, surnommé «Canelo» en référence à sa chevelure rousse et révéré dans son pays, avait expliqué la présence de cette substance dans son organisme par la consommation de viande de boeuf traitée avec cette hormone de croissance dans les élevages de son pays.

L'explication n'avait pas convaincu Golovkin, privé du plus gros chèque de sa carrière, alors qu'il n'avait touché «que» trois millions de dollars pour leur premier duel.

«GGG», établi en Californie et entraîné par un Mexicain, Abel Sanchez, n'a toujours pas digéré ce rendez-vous manqué, même s'il a donné une seconde chance à Alvarez.

«Je ne crois pas à ces histoires de viande contaminée, des experts ont déterminé qu'il s'agissait de dopage, pas de consommation de viande contaminée», a-t-il rappelé mercredi en arrivant à Las Vegas.

Golovkin et le record d'Hopkins

Il assure avoir eu accès à des photos montrant des traces de piqûres, causées selon lui par l'injection de produits dopants, sur le corps d'Alvarez.

«On ne peut pas nier qu'il s'agit de traces de piqûres sur les mains et les biceps (...) partout sur tout le corps, sur l'estomac aussi», a-t-il avancé.

Depuis l'annulation du deuxième combat, les entourages des deux boxeurs s'insultent allègrement.

Sanchez s'est moqué ouvertement d'Alvarez en le qualifiant de trouillard qui n'avait fait que courir sur le ring face à la puissance de Golovkin lors de leur premier duel.

«Ce que dit Sanchez m'importe peu, parce qu'il se considère comme un grand entraîneur alors qu'il ne connaît pas la boxe», lui a répondu aussitôt Alvarez.

Les deux boxeurs jouent gros.

À 28 ans, Alvarez (49 victoires, dont 34 par KO, une défaite et deux nuls) n'a plus vraiment le droit à l'erreur.

«Tout ce que (Golovkin et son entourage) disent sur moi m'ennuie, mais je m'en sers comme source de motivation (...) je suis en colère, je vais l'utiliser en ma faveur», a-t-il prévenu.

Golovkin, 36 ans, peut rentrer un peu plus dans l'histoire de la boxe: avec un succès, il dépasserait Bernard Hopkins qui a défendu victorieusement ses titres mondiaux chez les moyens à vingt reprises entre 1995 et 2005.