TENNIS-US-OPEN

Crédit : AFP

Paul Rivard

La tempête Serena fait toujours rage

La tempête Serena fait toujours rage

Paul Rivard

Publié 12 septembre
Mis à jour 12 septembre

Quatre jours après que la finale féminine du US Open se soit complétée de la plus bizarre (et déplorable) manière, les médias sociaux et les pages d’Internet continuent d’être submergés par le tsunami de réactions quant à Serena Williams, son explosion de colère, le comportement correct, ou non, de l’arbitre Carlos Ramos, et tutti quanti.

En un sens, c’est normal. Car il y a beaucoup, beaucoup de conséquences socio-sportives aux événements de samedi dernier au centre du Stade Arthur-Ashe. Et beaucoup d’opinions quant à de multiples impressions et compréhensions de ce qui s’est passé.

Ne m’accusez pas d’un jeu de mots trop facile, mais ce ne sera jamais blanc ni noir.

Il y a en effet beaucoup de zones grises dans cette histoire.

Mais, à la lumière de tout ce qu’on peut lire, Serena Williams en sort plus écorchée que l’arbitre Ramos.

Impossible de tout écrire ce que j’ai lu et qui m’a interpellé depuis mon récent commentaire, publié au lendemain de cette finale.

Revue de presse...

Il y a eu cette journaliste du New York Times, Juliet Macur, qui, dès le lendemain, citait la grande championne Martina Navratilova dans cet article : Navratilova comprenait et acceptait ce que Williams tentait d’exprimer sur ces « deux poids, deux mesures » véhiculés par certains arbitres selon le joueur ou la joueuse qui piquait une colère devant eux. Mais si le message était pertinent, la façon nucléaire de le livrer ne l’était pas.

Navratilova n’a pas autant de titres de Grand Chelem que Williams (18 contre 23), mais elle a remporté 1 442 matchs, contre 801 pour Serena. Elle compte 167 titres en carrière contre 72. Quand Martina parle... on écoute!

John Werthiem, de Sports Illustrated, a pris quatre jours pour publier ses réflexions. Il fait le tour de la question et n’épargne personne.

Il souligne une lacune chez l’arbitre Carlos Ramos et indique ce que le Portugais aurait bien pu faire pour éviter le début de cette escalade... cette « tempête parfaite ». Il note que la disparité des bourses, telle que mentionnée par plusieurs comme une injustice, n’est pas un fait en Grand Chelem (où il y a bourses égales pour femmes et hommes). C’est à la WTA qu’il conviendrait peut-être de régler le problème. Mais cet organisme régissant le tennis féminin n’a peut-être pas les moyens de rémunérer autant que son vis-à-vis masculin de l’ATP, les revenus publicitaires et les contrats de télé n’étant pas les mêmes...

Il va jusqu’à y rappeler un accrochage entre ce même Ramos avec la sœur de l’autre, Venus, deux ans plus tôt, en 2016.

L’arrosée qui a déjà arrosé

Il est clair que les sœurs Williams ont souffert de traitements racistes à de multiples reprises au cours de leur carrière et de leur vie personnelle. Elles sont devenues des modèles pour une grande partie de la population américaine. Ce faisant, Serena aurait quand même dû éviter de vouloir faire subir à d’autres ce qu’elle a subi, même si la tentation médiatique et le goût de faire rire étaient présents.

 

 

Et en ces temps de controverse, un peu comme ces propos du passé qui viennent hanter les politiciens d’aujourd’hui, voilà une vidéo que la cadette des Williams aurait préféré ne jamais avoir tournée.

Elle se moquait d’Amélie Mauresmo, dont la carrure athlétique et l’orientation sexuelle auront fait parler bien des profanes.

Un sketch grossier et imbécile, indigne de la superstar que l’Américaine était déjà à ce moment.

Même pas une caricature?

Et pour en finir avec cette histoire de caricature du journal australien Herald News, qui a fait hurler de rage des milliers de personnes qui voulaient en lyncher l’auteur, Mark Knight, je vous laisse sur ce commentaire de Sophie Durocher, du Journal de Montréal.

Tout y est... rien à ajouter.