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Nick Suzuki vanté par son directeur général

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À 16, 17 et 18 ans, Nick Suzuki a porté les couleurs de l’Attack d’Owen Sound, dans la Ligue junior de l’Ontario. Dans cette petite ville située sur un îlot de la baie Georgienne, Dale DeGrey a appris à très bien connaître le nouvel espoir du Canadien de Montréal.

Repêché au premier tour – le 13e au total – par les Golden Knights de Vegas en 2017, Suzuki avait également entendu son nom dès le premier tour au repêchage de la OHL. DeGrey, le directeur général de l’Attack, avait parié sur le frêle attaquant avec la 14e sélection au total.

«Je n’ai jamais regretté mon choix, pas une seule seconde », a dit DeGrey lors d’une généreuse entrevue téléphonique accordée au «Journal de Montréal».

Invité à commenter la transaction entre le CH et les Golden Knights, l’homme de 55 ans a offert une réponse diplomate, mais très intéressante.

«Je n’ai pas à juger de cet échange entre deux équipes de la LNH. Je reste à l’extérieur de Toronto et j’ai une bonne idée de ce qui se déroule dans le monde de la LNH. Mais je peux vous dire ce que j’ai dit à Nick Suzuki. Quand le Canadien de Montréal échange son capitaine et l’un des meilleurs marqueurs de la LNH depuis plusieurs saisons, c’est un signe que cette équipe a une très grande opinion de toi.»

Sens du jeu remarquable

À ses deux dernières saisons à Owen Sound, Suzuki a amassé de très bonnes statistiques avec 100 et 96 points.

«Nick est un joueur spécial, il a une intelligence du jeu remarquable, a noté DeGrey. C’est comme si le jeu se déroule au ralenti pour lui. C’est un joueur qui ressort toujours dans les matchs importants. Il accepte la responsabilité d’être un bon joueur et de transporter en grande partie son équipe sur ses épaules. Il n’a pas peur des défis.»

Quand DeGrey dit qu’il transporte son équipe sur ses épaules, ce n’est pas faux. L’an dernier, Suzuki a terminé l’année avec 100 points, laissant dans la brume Kevin Hancock (69 points) et Aidan Dudas (65 points) pour le sommet du classement des marqueurs de son équipe.

Sur le plan défensif, Suzuki a également présenté de bons chiffres à +30 et +51 lors des deux dernières campagnes. Si la statistique des plus et moins ne fait pas foi de tout, il s’agit quand même d’un bon indicateur.

«Nick est un joueur responsable défensivement, il est conscient de ses responsabilités dans son propre territoire, a expliqué DeGrey. Il a appris énormément à ses deux premières saisons avec Ryan McGill, qui est maintenant un adjoint à Gerard Gallant à Vegas. Il croit que s’il joue bien défensivement, il sera encore plus dangereux à l’autre bout de la patinoire.»

Montréal ou Owen Sound

Âgé de 19 ans depuis le 10 août, Suzuki devrait logiquement retourner à Owen Sound pour une dernière saison. Mais il ne s’agit pas d’une certitude.

«Je ne peux rien prédire, a répliqué DeGrey. Quand je regarde l’histoire récente du Canadien, Marc Bergevin a gardé Victor Mete à 19 ans et Alex Galchenyuk à 18 ans au retour du lock-out. Est-ce possible qu’il revienne à Owen Sound? Oui, c’est une possibilité. Mais je connais assez Nick Suzuki pour savoir qu’il fera tout pour rester à Montréal. Je dis toujours à mes joueurs qu’ils doivent saisir leur chance. S’il répond à tous les critères pour jouer dans la LNH, il gagnera son poste avec le Canadien. Mais s’il reste encore des cases à cocher, il reviendra à Owen Sound.»

«Quand il arrivera à Montréal, il analysera son nouvel environnement, a-t-il continué. Il prendra son temps. Je n’ai pas de doute qu’il s’entourera de bonnes personnes. Il se rapprochera des bons vétérans pour apprendre le métier de pro. Nick est une personne discrète, mais il se fait respecter.»

Si la prochaine destination de Suzuki n’est pas encore connue, c’est la même chose pour sa position. Sera-t-il un meilleur centre ou ailier dans la LNH ? La saison dernière, il a joué plus de rencontres à l’aile droite.

«Je partage l’opinion de Marc Bergevin, je ne peux pas prédire s’il sera un centre ou un ailier dans la LNH, mais je sais qu’il sera un bon joueur, a-t-il précisé. Dans la Ligue de l’Ontario, tu peux parfois manquer de joueurs talentueux. Je manquais de bons ailiers l’an dernier et nous avons choisi de déplacer Nick à cette position. C’était une question d’équilibre.»