Khalil Mack et Max Pacioretty

Photo : Khalil Mack et Max Pacioretty

Canadiens

Montréal, Oakland et «Mack Pacioretty»

Montréal, Oakland et «Mack Pacioretty»

Charles-Antoine Sinotte

Publié 11 septembre
Mis à jour 11 septembre

L’égo, le contrôle, l’argent... dans n’importe quel ordre.

La ligne est fine entre mettre son empreinte sur une équipe et réinventer une équipe.

Et la science de l’identification du talent et du potentiel est aussi certaine que celle des prédictions sportives.

Une tonne de données à prendre en considération, un juste mélange d’émotion et de ration et l’application d’une certaine expertise sur le sujet en question.

Des heures passées à trouver un talent stable, prévisible et rentable. Des carrières faites ou défaites parce qu’un rendement anticipé ne s’est jamais matérialisé.

N’importe quel joueur devenant un top 3 à sa position pendant plusieurs années aide à construire la réputation de son gestionnaire.

Comment donc ce même gestionnaire peut avoir un marqueur établi, prouvé et stable et tout faire pour le perdre? Probablement de la même façon qu’un autre peut avoir entre ses mains un talent défensif générationnel et préférer le voir quitter.

Comment donc peut-on aussi en arriver au point où on échange une certitude contre une possibilité? Probablement lorsque la confiance en son propre talent de gestionnaire dépasse les données présentées.

Max et Khalil

Le CH a échangé un des trois meilleurs de la LNH à sa position (AG) depuis 2013-2014 pour les buts marqués.

Un joueur qui entamait sa dernière année de contrat, dans un marché exigeant et en changement.

Le capitaine de son équipe en plein conflit contractuel avec un dirigeant tout en égo.

Une transaction pour éviter de donner un trop gros contrat à un joueur, en souhaitant développer un jeune noyau avec de bons choix de repêchage, le tout en gardant l’œil sur une masse salariale fortement influencée par la signature à long terme du joueur le mieux payé de l’histoire de la ligue à sa position : Carey Price.

Les Raiders, eux, ont échangé un des trois meilleurs joueurs de la NFL à sa position (SEC/LD) quant à la quantité de sacs du quart depuis 2014.

Un joueur qui entamait sa dernière année de contrat, dans un marché exigeant et en changement.

Le capitaine de l’équipe en plein conflit contractuel avec un dirigeant dont la personnalité dépasse les barèmes de son rôle.

Incapable de se résoudre à payer Khalil Mack comme le meilleur joueur défensif de la NFL - même si c’est ce titre que la ligue lui a décerné en 2016 - les Raiders ont plutôt décidé d’accepter deux choix de premier tour en retour. L’objectif étant la gestion à long terme d’une masse salariale amputée par le plus grand salarié de l’histoire de la ligue à sa position (lors de la signature) : Derek Carr.

Marc et Jon

Comparativement à Marc Bergevin, Jon Gruden est entraîneur, mais les Raiders ne lui ont pas consenti 100 millions simplement pour demander des temps d’arrêt en fin de match. Il était tout autant impliqué dans les négos que le premier l’était à Montréal.

Marc et Jon ont donc échangé une des trois meilleures productions offensives des dernières années ainsi qu’une des trois meilleures productions défensives dans la même semaine.

Impossible de gager de façon systématique dans la LNH sans un apport offensif important. Même constat, sans pression défensive, dans une NFL plus aérienne que jamais.

Impossible aussi de gagner sans rétention de talent. La science de l’acquisition étant tellement inexacte, la capacité de conserver devient donc la plus importante des deux.

Même si sur papier les deux transactions se justifient... les seules certitudes sont que deux dirigeants ont fléchi leurs biceps pendant que deux équipes adverses se sont assurées de compter sur des joueurs de premier plan qui produisent de façon significative, stable et prévisible. Les deux autres devront vivre dans l’espoir d’un retour sur investissement.

Montréal et Oakland, même combat!