Lutte

Mick Foley: à Montréal, entre deux présences à la WWE

Mick Foley: à Montréal, entre deux présences à la WWE

Patric Laprade

Publié 11 septembre
Mis à jour 11 septembre

«Good god almighty, good god almighty, they killed him! As God is my witness, he is broken in half!»

N’importe quel amateur de lutte de la fin des années 90 peut vous dire exactement de quel match il s’agit lorsqu’il entend ces paroles de Jim Ross. Il s’agit du fameux combat «Hell in a Cell» entre Mick Foley, dans son personnage de Mankind, et l’Undertaker, qui a eu lieu le 28 juin 1998. Un match qui a marqué les fans, mais qui a surtout marqué la carrière de Foley. Demain, le 12 septembre, l’ancien champion de la WWE sera à Montréal avec son one-man show, célébrant les 20 ans de ce match si légendaire.

«Cela a défini ma carrière parce que les fans m'en parlent depuis 20 ans, de dire Foley, lorsque je lui ai parlé la semaine dernière. Et le pire, c'est que de plus en plus d’amateurs qui m'en parlent n'étaient même pas nés quand le match a eu lieu. Alors le 20e anniversaire semblait une belle occasion de faire un spectacle entier sur le sujet et d'en parler en détails.»

Il était une fois, il y a 20 ans...

C’est à Pittsburgh en Pennsylvanie qu’avait eu lieu la sixième édition de l'événement spécial King of the Ring en juin 1998. La World Wrestling Fédération (WWF) était en pleine guerre avec sa rivale, la World Championship Wrestling (WCW), mais elle remontait la pente tranquillement, ayant mis fin deux mois auparavant à une disette de 83 semaines dans la bataille des côtes d'écoutes du lundi soir entre Monday Night Raw et Monday Nitro. Cependant, rien n'était encore gagné pour Vince McMahon et sa troupe.

En ce dimanche soir d'été, les amateurs de lutte en avaient eu pour leur argent. En finale du tournoi King of the Ring, l'ancien combattant de l'UFC Ken Shamrock défaisait Le Rock (Dwayne Johnson, l'acteur, pour les plus jeunes) tandis que Kane (Glenn Jacobs, maintenant maire de Knoxville, Tennessee) remportait le titre de la WWF face à « Stone Cold » Steve Austin.

Mais c'est le match entre Mankind et l'homme d'outre-tombe, l'Undertaker qui a retenu toute l'attention. Inventé par Jim Cornette et surnommé « Hell in a Cell » par Vince Russo, ce match se différenciait d'un match de cage régulier du fait que la cage n'était pas en acier et ouverte, mais plutôt en mailles métalliques avec un toit. Le premier match dans cette cage avait eu lieu en 1997 entre Shawn Michaels et l'Undertaker. Dans ce combat, Michaels avait fait une chute sur la table des commentateurs, alors qu’il était à mi-chemin entre le sol et le sommet de la structure. Ayant en tête cette cascade et essayant toujours de repousser les limites, Foley et Taker avaient comme but de faire encore mieux.

Et par faire encore mieux, cela voulait dire tomber du haut de la cage.

«C’est moi qui avait proposé l’idée, d’expliquer le lutteur qui produit des one-man shows depuis plusieurs années maintenant. Je ne crois pas que maintenant je pourrais le faire, car je ne crois pas que Vince McMahon me croirait aujourd'hui si je lui disais que je serais capable de monter en haut de la cage et que je me sentirais confortable rendu en haut. D’ailleurs, ces deux énoncés demeurent mes deux plus grands mensonges en carrière!»

Pas une, mais deux chutes mémorables

JR avait lancé sa fameuse phrase après cette première chute. La seconde est arrivée trois minutes plus tard. Alors que Foley était ramené en coulisses sur une civière, il se releva et retourna non seulement aux abords du ring, mais au sommet de la cage afin de continuer le combat. Après quelques échanges de coups, l’Undertaker lui appliqua un chokeslam sur le dessus de la cage. Tout ce segment, incluant la civière, faisait partie du scénario. Cependant, ce qui n’était pas prévu, c’est que le panneau sur lequel Foley devait tomber cède sous les 250 livres de l’athlète. Foley est donc passé au travers du panneau, faisant ainsi une autre chute du haut de la cage, cette fois directement dans l’arène. Et il n’est pas seulement tombé de la cage, mais il est aussi tombé sans connaissance.

Mais ce n’est pas tout.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le combat ne s’est pas terminé à ce moment-là. Les deux gladiateurs ont continué pendant dix minutes avant que l’Undertaker applique à Foley sa prise de finition, le coup de la pierre tombale. Un peu ironique quand on pense que Foley aurait pu mourir à deux reprises dans ce combat.

«C'est fou tout ce qu'on a fait pour finir ce match, explique Foley, maintenant âgé de 53 ans. Cela fait partie de l’aspect mythique du combat. Si le match s'était terminé après les deux chutes, on n’en parlerait peut-être pas autant aujourd'hui.»

Entraîné par un Québécois...ou presque!

Mick Foley a fait ses débuts dans le monde de la lutte professionnelle au milieu des années 80 et a été entraîné par un lutteur bien connu des Québécois, Dominic Denucci. Membre de la célèbre connexion italienne avec Gino Brito, Dino Bravo, Tony Parisi et Bruno Sammartino, Denucci était né en Italie, mais devenu lutteur ici à Montréal, entraîné par l’ancien photographe Tony Lanza. Il a longtemps habité la ville avant de déménager à Pittsburgh (curieusement, l’hôte de l’événement).

«Quand j'ai débuté, je montais des arènes pour un promoteur à New York et lorsque je finissais le montage à temps, il me laissait aller dans le ring avec Dominic, se souvient Foley. Il me testait question de savoir si je voulais vraiment devenir un lutteur. Après quelques séances, il m'a invité à Pittsburgh où il entraînait déjà d'autres lutteurs. Je l'ai vu récemment lorsque j'ai fait mon spectacle à Pittsburgh. On a été chez lui et c'était très plaisant.»

Le clin d’œil de Kevin Owens

Le 15 juillet dernier lors de l’événement spécial Extreme Rules présenté par la WWE, le Québécois Kevin Owens y est allé d’un clin d’œil à la chute de Foley.

En effet, puisque l’événement se déroulait à Pittsburgh, 20 ans et 17 jours plus tard, Owens, qui affrontait Braun Strowman, a fait une chute du sommet de la cage au travers la table des commentateurs, dans ce qui fut le plus grand fait d’armes de l’été pour le lutteur de Marieville. Owens et Foley se sont souvent fait comparer l’un à l’autre non seulement pour leur gabarit similaire, mais aussi pour leurs qualités d’orateur et les risques qu’ils sont prêts à prendre. Foley ne s’est jamais caché pour vanter les mérites d’Owens.

«Je considère Kevin comme l'un des meilleurs heels dans l'industrie depuis un bon bout de temps déjà», a-t-il dit.

De La Nouvelle-Orléans à San Antonio, en passant par Montréal

Cette semaine en est une chargée pour Foley. Hier soir, il était en Nouvelle-Orléans pour l’enregistrement de Raw. Il a interrompu le concert d’Elias et contre toute attente, a annoncé qu’il sera l’arbitre spécial du combat pour le championnat Universel entre Roman Reigns et Braun Strowman, ce dimanche le 16 septembre, lors de l’événement spécial Hell in a Cell à San Antonio au Texas. Une captation d’une des représentations de son spectacle sera par la suite présentée sur la chaîne de la WWE. Entre les deux, il sera à Ottawa jeudi, à Kingston en Ontario vendredi et dans les provinces Maritimes la semaine prochaine.

Dans son spectacle, Foley parlera de ce qui a mené au combat, le combat comme tel et ce qui en a suivi. De plus, comme à chacun de ses spectacles, il va débuter avec quelques anecdotes sur la ville et les lutteurs qu'il a connus de la région, et va terminer en prenant des questions des spectateurs. Il y a donc fort à parier qu’il y aura des histoires sur Owens, Denucci et Pat Patterson.

Le spectacle «20 Years of Hell» aura lieu mercredi le 12 septembre 2018 au Comedy Nest, 2313 Ste-Catherine Ouest, dès 20h. L'humoriste et animateur Walter J. Lyng sera l’hôte de la soirée. Pour tous les détails, c'est ici.