Crédit : Kirby Lee-USA TODAY Sports

MLS

Le Galaxy dans l’incertitude

Le Galaxy dans l’incertitude

Patrice Bernier

Publié 11 septembre
Mis à jour 11 septembre

J’ai été plutôt surpris lorsque j’ai appris que Sigi Schmid quittait son poste d’entraîneur du Galaxy de Los Angeles.

Ce n'est pas à ce moment-ci de l'année, dans la course aux séries, qu’on s’attend à voir quelqu'un quitter ou être congédié, surtout que Schmid est un vétéran qui a un bon vécu dans la MLS. C'est le "coach" qui a la meilleure réputation et le meilleur CV. C'est lui qui était l'entraîneur du Galaxy lors de son premier titre en Coupe MLS en 2002.

C'est étonnant, mais on voit que le Galaxy, actuellement huitième au classement dans l’Ouest, à trois points des séries, n'est pas où il voulait être. Son nouveau voisin, le Los Angeles FC, est très populaire et établit de nouvelles tendances. Le Galaxy, c’est plutôt l'équipe «glamour» : après l'arrivée de David Beckham, ça a souvent été le club qui représente la MLS.

Mais depuis deux ans, après les départs de Steven Gerrard et de Robbie Keane, le Galaxy pêche, vit de son nom, mais pas de ses résultats. On croyait peut-être que l’attaquant Zlatan Ibrahimovic allait être un stimulant lorsqu'il est arrivé au printemps dernier, et il l'a peut-être été, car ce n'est pas fini pour eux, mais ça démontre que tout n'est pas rose à Los Angeles.

On se bat pour les séries plutôt que pour le haut du classement, on a perdu 6-2 contre le Real Salt Lake il y a une semaine et demie et ça a sûrement laissé des plaies.

Quelle identité?

Il va sans dire que le Galaxy offre cette saison un style de jeu plutôt éloigné de celui qui a fait sa gloire.

Ce qu'on a connu de l'ère Landon Donovan, Beckham, Keane, Gerrard, c'était une équipe qui avait beaucoup de contrôle sur le jeu, qui avait un style assez alléchant, qui ne paniquait pas, qui mettait beaucoup l'emphase sur l'offensive et qui se savait capable de marquer beaucoup de buts.

Lorsqu'on regarde les derniers matchs du Galaxy, on ne revoit pas cette équipe qui a le contrôle. On a une équipe qui joue beaucoup plus direct, peut-être parce qu'on a un joueur costaud et omniprésent comme Ibrahimovic en avant, mais on a un peu perdu cette identité qui distinguait le club dans ses grandes années au début de la présente décennie. Celle d’une équipe «glamour», mais qui aime jouer ce genre de soccer que tout le monde aime, avec des ballons au sol et le contrôle sur son sujet.

Maintenant, même s'ils  parviennent à marquer des buts, ils en encaissent beaucoup. On met peut-être trop l'emphase sur le fait d'aller vers l'avant rapidement. C'est une équipe qui a pris 54 buts cette saison, c'est l'une des pires défenses. On ne peut pas avancer si l'autre marque un but à chaque fois qu'on en marque un. Dans les cinq derniers matchs, ils ont seulement marqué sept buts pour en encaisser seize. On a perdu le style, et on n'a pas d'assise défensive pour remporter les matchs serrés.

Kinnear est-il l’homme providentiel?

C’est Dominic Kinnear, un entraîneur qui a beaucoup d’expérience en MLS, qui a déjà gagné, qui remplacera Schmid après avoir été son adjoint cette saison. Quand il était à la tête du Dynamo de Houston, son équipe était très physique et agressive.

Si le Galaxy veut retrouver son beau jeu d'autrefois, Kinnear n'est peut-être pas nécessairement l'homme de la situation. Mais c’est un gars qui a beaucoup de vécu et qui connaît très bien la ligue. Je m'attends à un Galaxy qui va être plus efficace globalement, très bon sur les coups de pied arrêtés, qui n'abandonne jamais. Ses équipes sont toujours difficiles à battre.

Toutefois, il n’a jamais vraiment eu à composer avec des grandes vedettes dans le passé, donc on va voir ce qu'il va être capable de remuer. Sur papier, on a Zlatan, les frères dos Santos, Romain Alessandrini, Ola Kamara, mais est-ce qu'on a une équipe? Il faut se poser la question, chez le Galaxy. On a beaucoup de talent offensif, mais est-ce qu'on a un groupe suffisamment adapté à la réalité de la MLS, où il faut aussi des travaillants et des bagarreurs? Kinnear a-t-il, sous la main, les éléments qui lui permettront de bien imposer son style de jeu à l’équipe?

Il va essayer de trouver le meilleur alignement possible pour gagner des matchs, car il en reste encore six et certains d'entre eux seront contre des adversaires directs dans la course aux séries, comme les Whitecaps de Vancouver ou les Sounders de Seattle. Il devra peut-être tasser quelques éléments de talent pour envoyer sur le terrain une équipe qui sera capable de rivaliser et d'aller chercher des résultats à très court terme.

Les joueurs devront aussi prendre le contrôle de leur destinée. Ils vont sûrement se regarder et se dire «le coach a démissionné, c'est un peu à cause de nous», peu importe s'il y en a qui sont pour ou contre le départ de Schmid. Ils savent qu'ils devront se prendre en main, au risque de passer à côté de leur saison.

Pour l'instant, c'est l'entraîneur qui paie, mais éventuellement, ce pourrait être les joueurs aussi.

Et l’an prochain?

Kinnear étant remplaçant sur une base intérimaire, il n’est donc pas certain qu’il sera de retour dans ces mêmes fonctions en 2019. Qui pourrait alors prendre le poste d’entraîneur-chef du Galaxy?

On entend parler de Caleb Porter ou Jason Kreis, d’autres vétérans de la MLS qui ont eu du succès dans le passé et qui sont présentement sans emploi. Le nom de l’Argentin Guillermo Barros Schelotto, actuel entraîneur de Boca Juniors dans son pays et ancien de la MLS, est aussi évoqué.

Quoi qu’il en soit, le Galaxy risque encore de faire parler de lui d’ici la fin de la saison et durant l’hiver.