Coupe Rogers

Sloane Stephens en mission

Publié | Mis à jour

Un autre vilain départ a coûté la couronne à la championne en titre de la Coupe Rogers, Elina Svitolina, samedi soir. Défaite sans grande opposition, elle a succombé devant Sloane Stephens.

L’Américaine n’a fait qu’une bouchée de l’Ukrainienne en deux manches identiques de 6-3 devant les gradins encore dégarnis du court central. Avec cette autre performance sans bavure, elle n’a perdu aucune manche en simple depuis qu’elle a mis les pieds au parc Jarry. À sa troisième présence en demi-finale en 2018, elle a également conservé sa fiche parfaite.

«Quand je parviens à faire un bon bout de chemin dans un tournoi, je suis constante et je joue solidement. J’essaie de rester dans les échanges en me battant férocement, a soutenu la gagnante.

«En se rendant en quart de finale, demi-finale et finale d’un tournoi, toutes les joueuses sont bonnes. Il faut donc continuer à pousser, rester calme et livrer ses meilleures performances», a-t-elle ajouté.

Puissance et contrôle

Bien que la cinquième raquette au monde ait montré des flashs intéressants devant la numéro trois, l’énergie n’était pas au rendez-vous. Afin de ne pas être lessivée à la seconde manche, elle s’est accrochée à plusieurs points sans être en mesure de les voler à son adversaire.

Stephens a fait preuve de contrôle en frappant de puissantes balles le long des lignes en plus de varier ses stratégies à merveille. Ce qui a constamment mis sa rivale en mauvaise posture.

Une fois de plus, l’Ukrainienne a mal amorcé le match, accusant rapidement un retard de 3-0 en première manche. Elle a puisé dans sa réserve d’énergie afin de remonter le score, sans venir à bout de l’Américaine. Des fautes directes à répétition l’ont finalement coulée.

Quand elle s’accrochait comme ce fut le cas à trois reprises dans de longs jeux où elle aurait pu ajouter un précieux point au tableau, elle gaspillait ses balles de bris. Au quatrième jeu de la seconde manche, elle a provoqué huit égalités, récoltant au passage trois balles de bris qu’elle n’a pu convertir durant les 13 minutes de bataille offrant des échanges spectaculaires. Son taux d’efficacité de 20 % dans cette colonne explique en partie sa défaite, elle qui a saisi deux de ses dix chances.

«Je n’étais pas là à 100 % dès le départ. Sloane a bien amorcé le match. Je ne me suis pas donné des chances de bien jouer, a expliqué Svitolina, qui a félicité son adversaire pour son jeu inspiré, alors que le sien était inconstant.

«J’ai réussi à revenir de l’arrière dans les deux manches, mais elle était tout simplement meilleure que moi, a-t-elle ajouté. Elle était partout sur le terrain. Elle frappait bien la balle. Dans les moments importants, c’est ce qui a fait la différence.»

«Je n’ai pas cessé de me battre. Quand les jeux sont chaudement disputés comme c’était le cas au second set avec tant d’égalité, ça peut changer l’allure d’un match, a indiqué Stephens. C’est important de rester en contrôle dans ces moments.»

Bête noire

En finale sur le coup de 13 h 30, Stephens aura la lourde tâche de démystifier celle qui est devenue sa bête noire depuis quatre ans. Simona Halep a remporté les cinq derniers duels, dont le plus récent sur la terre battue de Roland-Garros aux Internationaux de France en juin.

Selon son analyse, elle avait bien fait durant la moitié de cet affrontement.

«J’espère que ça ira mieux pour moi cette fois, a rigolé Stephens. Ce sera ma troisième finale de la saison. J’en suis très satisfaite. On travaille fort pour s’y rendre, donc je vais offrir mon maximum. Ce qui arrivera devra arriver.»

Si elle veut l’emporter, elle aura à retrouver ses bonnes habitudes au service, car elle a commis six doubles fautes samedi soir.

Cette agressivité en possession de balle lui a tout de même permis de réussir 68 % de ses premières offrandes.