Coupe Rogers

Coupe Rogers: Halep magistrale

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Simona Halep n’a montré aucune pitié en demi-finale, samedi après-midi. Elle a éliminé Ashleigh Barty en deux petites manches afin d’accéder à la finale de la Coupe Rogers pour une deuxième fois de suite à Montréal.

La meilleure raquette au monde et championne de l’édition 2016 n’a jamais été en danger dans ce duel à sens unique. Elle a défait l’Australienne en 71 minutes par le pointage de 6-4 et 6-1.

S’étant plainte de l’horaire que les dirigeants du tournoi et la WTA lui avaient réservé la veille, la Roumaine ne s’est pas éternisée sur le court central. En fait, malgré la fatigue accumulée alors qu’elle disputait un quatrième match en 48 heures, sa performance magistrale lui a permis de rentrer au vestiaire rapidement dans son plus court duel de la semaine.

«J’ai joué intelligemment. Je l’ai repoussée en fond de terrain sur son revers. Je pouvais ensuite récupérer une balle plus courte qui était plus facile afin d’ouvrir le court. Après, je pouvais l’attaquer sur des coups droits, des amortis, des croisés et des balles en fond de terrain. Je pouvais tout faire. J’ai même pu faire des balles coupées, a analysé la gagnante, fière de sa performance.»

«C’était l’un de mes meilleurs matchs du tournoi, a-t-elle ajouté. Je crois que c’était un bon niveau de jeu, même si le rythme n’était pas tout à fait à point.»

Réponses à tout

Barty, 16e joueuse au monde, n’a jamais fait le poids à sa quatrième présence en demi-finale cette année. Errant plusieurs fois sur ses coups droits, elle a donné des points à sa rivale. Alors qu’elle était pourtant dominante au service jusqu’en demi-finale, cet aspect du jeu a fait défaut. Halep l’a brisée à cinq de ses neuf possessions de balle.

Même lorsqu’elle changeait de stratégie pour tenter de piéger sa rivale, Barty la voyait ramener la balle en jeu. Celle-ci se rappellera longtemps ce premier duel contre la meneuse mondiale, elle qui a enregistré un troisième revers en carrière contre la tenante de ce titre. Elle avait perdu contre Serena Williams en 2014 et Angelique Kerber en 2017.

Et lorsqu’elle l’avait placée dans les câbles pour la briser, Halep réussissait à se tirer d’embarras en revenant de l’arrière.

À preuve, la numéro un au monde a sauvé six des sept balles de bris, ce qui représente un maigre taux de réussite de 14 % pour l’Australienne. À ce sujet, au quatrième jeu de la deuxième manche, Barty a gaspillé quatre balles de bris afin de s’inscrire au tableau. Ce qui a permis à la Roumaine de fermer les livres et de mener 4 à 0.

En contrepartie, Halep, qui a converti 63 % de ses opportunités, n’a pas bousillé ses chances. Elle a entre autres brisé son adversaire à trois occasions à la seconde manche. Celle-ci a d’ailleurs conclu le match sur une double faute, sa quatrième du match.

Si elle était deuxième dans la colonne des as au cumulatif du tournoi avant de se présenter sur le terrain, Barty était toutefois celle qui avait multiplié le plus de doubles fautes. Elle a finalement terminé sa semaine de travail avec 21 en cinq matchs.

«C’est très important de gagner des points en retour de service. Je me sentais en confiance dans cet aspect de mon jeu. En fait, en début de tournoi, je dois dire que je ne me sentais pas bien sur mes retours. J’ai corrigé la situation et je suis satisfaite de mon jeu», a expliqué Halep qui a gagné 50 % des balles en situation de retour.

Barty a pu célébrer à la fin de sa journée. Avec sa coéquipière Demi Schuurs, elle a pu avancer à la finale du double en prenant la mesure de Nicole Melichar et de Kveta Peschke en deux manches de 7-5 et 6-3. 

Épisode terminé 

Simona Halep avait fait connaître sa frustration vendredi soir à propos de son horaire. Dix-huit heures plus tard, elle était toujours frustrée et vexée par son sort.

Il faut rappeler qu’après sa victoire contre Caroline Garcia, elle avait mis en doute les motivations de la WTA qui ne cessait de l’embêter dans la confection des horaires. Selon ses propos, le problème ne serait pas unique à ce tournoi à Montréal. Il serait récurrent.

Son match de demi-finale contre Ashleigh Barty était son quatrième en moins de 48 heures. Elle avait pris connaissance de l’horaire de la journée après son gain en quart de finale.

Fatiguée vendredi, la meilleure joueuse au monde en avait assez d’être persécutée. Elle voulait profiter d’une plus longue période de repos alors qu’elle avait comparé les périodes de ses adversaires.

«C’était hier [vendredi]. J’en ai assez parlé. J’étais choquée. J’espère qu’à l’avenir, la situation sera meilleure», a lâché Halep lorsque questionnée à savoir si elle avait rencontré les dirigeants de la WTA relativement à ses problèmes.

Par cette réponse, on pourrait déduire que l’association féminine de tennis ne veut pas débattre du sujet sur la place publique. Peut-être aurait-elle reçu une note l’intimant de se taire ?

«J’étais fâchée et je le suis toujours, a-t-elle répliqué. Mais ça ne change en rien mon état d’esprit et mes performances sur le terrain.»

Quoi qu’il en soit, avant de sauter sur le court central dimanche après-midi pour disputer la finale sur le coup de 13 h 30, elle aura profité de plus de 22 heures de repos.

Une longue période dont elle a profité pour rattraper des heures de sommeil, regarder un film, revoir son fil Instagram qu’elle aime consulter et refaire le plein d’énergie en mangeant tout ce qui lui passait sous le nez.

Lorsque mise au fait de l’heure de la finale, elle a souri et montré sa satisfaction. Sa rivale, ayant disputé le match en soirée, samedi, aura profité d’un moment de récupération plus court.

Expériences payantes

En participant à une deuxième finale au stade du parc Jarry, sa cinquième cette saison, Halep savourera à nouveau le moment.

«J’ai pris expérience de cette finale il y a deux ans. C’est toujours plaisant de jouer ici. Je sens vraiment que les gens apprécient. Je vais donner mon maximum et profiter du moment, car c’est un bel accomplissement.»

Avec son expérience et sa victoire aux Internationaux de France, son premier titre du Grand Chelem après avoir mordu la poussière quelques fois, la Roumaine est en mesure de mieux contrôler ses émotions sur le court. Les papillons sont toujours bien présents.

«Je ne me mets pas de pression pour gagner le match. Je saute sur le terrain et j’essaie de me concentrer sur mon jeu. C’est ce que j’ai fait cette semaine. Je suis fatiguée physiquement. Mentalement, je suis correcte et je me sens très bien.»