MLS

Tant pis pour eux!

Tant pis pour eux!

Nicolas Martineau

Publié 02 août
Mis à jour 02 août

PAR NICOLAS A MARTINEAU

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La progression de la MLS est fulgurante, peu importe ce qu’en disent ses détracteurs.

Mercredi soir, nous avons remarqué encore un peu mieux les pépites qui se trouvent dans ce championnat.

Il y a quelques semaines, alors que je célébrais passivement la victoire des «Bleus» sur la rue St-Denis, à Montréal, un gentil Français m’a abordé pour me demander pourquoi j’étais là...

«Tu es Canadien, non? Tu ne dois rien connaître au foot...»

Il ne l’a pas dit méchamment, je ne lui en veux pas. C’est la discussion qui a suivi qui m’a profondément irritée. Alors que je lui expliquais mon travail aux abords des terrains de la MLS, je lui ai demandé s’il avait déjà mis les pieds au Stade Saputo. Après tout, il était aussi Montréalais.

«J’y suis allé en 2012, mais le niveau était tellement faible que mes potes et moi aurions pu les niq***!»

Six ans plus tard, il n’y est plus jamais retourné. Pendant une dizaine de minutes, j’ai tenté de lui faire comprendre la croissance ultra-rapide du circuit; les nouveaux propriétaires ambitieux, les stades de soccer poussant aux quatre coins des États-Unis, le recrutement de jeunes talents sud-américains et centraméricains, les académies, les entraîneurs expérimentés, l’augmentation de la masse salariale, l’injection de fonds... mon interlocuteur ne voulait rien entendre. Pour lui, j’étais en désillusion complète et la MLS allait rester une blague. Une ligue de garage. Une ligue de vieilles stars en pré-retraite.

Ce qui nous ramène au match de mercredi soir, au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta. Un stade de 1,6 milliard que se partagent les Falcons dans la NFL et Atlanta United dans la MLS.

Les étoiles de la MLS, entraînées par Gerardo Martino, ancien entraîneur du FC Barcelone et de la sélection de l’Argentine, avaient rendez-vous avec la Juventus, sept fois champions italiens consécutivement. D’un côté, une équipe composée des meilleurs joueurs du circuit Garber n’ayant eu droit qu’à deux entraînements pour trouver des repères. De l’autre, l’équipe la plus titrée de l’histoire de l’Italie en camp préparatoire à l’approche de la saison.

Le résultat était plus ou moins important pour les deux équipes. Rien à gagner, sauf du respect. Chaque joueur de l’équipe d’étoiles voulait prouver sa valeur, tandis que chaque joueur de la Juventus voulait éviter l’affront d’un revers contre une équipe américaine. Là est la beauté du match des étoiles de la MLS. Un concept unique en Amérique du Nord permettant aux partisans d’avoir droit à un vrai spectacle.

«Malgré que ce soit un match de préparation, c’est toujours bien de gagner pour notre confiance, nous a dit le défenseur de la Juve Mehdi Benatia, après la victoire des siens aux tirs de barrage. On a joué contre une très belle équipe, vraiment!»

Mercredi soir, nous avons vu à l’oeuvre des joueurs qui réussiraient assurément dans les grands championnats européens (et qui le feront tôt ou tard).

Alberth Elis, Miguel Almiron, Josef Martinez, Alphonso Davies, Amir Murillo, Ezequiel Barco, Tyler Adams, Zack Steffen et Aaron Long ont tous moins de 26 ans. Davies, en route vers le Bayern Munich, a 17 ans et Barco en a 18.

Carlos Vela, Ignacio Piatti et Diego Valeri sont au sommet de leur art et ils ont choisi la MLS comme piste de danse.

Mercredi soir, nous avons vu des joueurs de MLS donner une bonne frousse aux joueurs de la Juventus. Plus que l’ont fait ceux du Bayern Munich quelques jours auparavant. Les grandes vedettes de la Juve n’y étaient pas, mais peu importe, les joueurs qui y étaient sont tout de même considérés comme la crème de la crème.

À Montréal, nous assistons chaque semaine aux prouesses de l’un des joueurs les plus électrisants en Amérique : Nacho Piatti. Et bonne nouvelle, Piatti et l’Impact affrontent Wayne Rooney et le DC United samedi, au Stade Saputo.

Ceux qui boudent encore la MLS et/ou l’Impact? Tant pis pour eux.