Crédit : Dario Ayala / Agence QMI

Boxe

«The Boss» Bossé: tout à gagner

«The Boss» Bossé: tout à gagner

Bernard Barré

Publié 12 juillet
Mis à jour 12 juillet

Le gars est fort et sans peur. Il rêve d’affronter Adonis Stevenson, Sergey Kovalev, Artur Beterbiev et pourquoi pas... l’incroyable Hulk. Il est heureux quand la bagarre est «pognée» quelque part.

Le 20 juillet prochain à la Place Bell de Laval, Steve Bossé aura toutefois un obstacle majeur face à ses ambitions. Jean Pascal, ressuscité depuis sa dernière victoire en décembre face à un jeune loup américain, ne lui fera pas de cadeau. Ça risque de faire mal et longtemps. Je connais assez bien Jean et son entraîneur Stephan Larouche pour affirmer sans crainte de me tromper que rien ne sera laissé au hasard.

Bossé a pris les grands moyens. Quelques semaines à l’inhospitalier Kronk Gym de Detroit sous la supervision d’un des meilleurs entraineurs de sa génération «Sugar» Hill. Des partenaires de combats déchirés entre le désir de le faire travailler ou celui de lui casser la gueule. Mais contre toute attente, le coriace Bossé a survécu et est revenu au Québec survolté d’une confiance qui le servira le moment venu.

J’étais là lors de son seul combat de boxe professionnelle en février dernier au Casino de Montréal et j’avais été agréablement surpris de sa technique tout à fait correcte. J’étais aussi à son gymnase à Saint-Jean sur Richelieu, il y a quelques jours pour l’entrainement médiatique. Je peux vous certifier que Bossé se comporte bien sur un ring. En équilibre, les mains hautes, rapidité acceptable, l’image est belle à regarder. Est-ce que ce sera le cas quand la tempête va se lever? J’ose y croire, car sa puissance et son énorme avantage de poids obligeront Pascal à le respecter, surtout en début de combat.

Plusieurs partisans admiratifs sur place me demandaient d’évaluer ses chances de succès face à l’ancien champion du monde, encore très vigoureux: petite, mais la boxe étant une grande boîte à surprise d’où peut sortir un lapin à deux têtes différentes nous oblige à nous garder une petite gêne.

Toute petite, mais là quand même.

Quand James «Buster» Douglas (38-6-1, 25 K.-O.) a terrassé Mike Tyson (première défaite après 37 victoires fracassantes consécutives) à Tokyo en 1990, alors que les maisons de paris avaient évalué les cotes à 38 contre 1 en faveur du pitbull américain, plusieurs connaisseurs et autres sur la planète ont avalé leurs gommes et perdu leurs chemises. Bref, tout le monde s'est fait prendre les culottes à terre.

La décision étant hors de portée, Steve Bossé vainqueur par knockout? Infime probabilité, mais pas impossible et c’est ce qui fait la beauté de notre sport. Bossé, le Douglas des temps modernes? La planète UFC-AMM serait en extase...

Ok on se calme.