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Coupe du Monde 2018

Les Bleus, la Coupe du monde... Je me souviens

Les Bleus, la Coupe du monde... Je me souviens

Vincent Destouches

Publié 11 juillet
Mis à jour 11 juillet

Souvent, je regarde les dates de naissance des joueurs que je vois évoluer sous mes yeux, au Stade Saputo. Parfois, je me sens vieux. Pas parce qu’ils sont jeunes à proprement parler, mais parce que je réalise qu’ils n’ont jamais connu ce que j’ai connu.

Pour Samuel Piette, Anthony Jackson-Hamel, Ken Krolicki ou encore Shamit Shome, la victoire de la France à la Coupe du monde 1998 n’est pas un souvenir, mais un élément d’archive. Un jeune comme Alphonso Davies ne connaît Zinedine Zidane que dans son costume d’entraîneur, il ne l’a jamais vu faire étalage de son talent sur le terrain.

Il en est ainsi.

Quand j’étais jeune, on me rebattait moi-même les oreilles avec les exploits des générations précédentes. Sauf que les épopées se terminaient toujours dans les larmes, jamais dans l’allégresse. Comme cette demi-finale de la Coupe du monde 1982, perdue de manière invraisemblable contre l’Allemagne. C’était le plus proche que mes aînés avaient vu la France se rapprocher du Graal.

Pendant longtemps, la France a traîné une aura de défaite. J’ai grandi dans cette culture de l’échec. J’ai notamment vécu des déconvenues humiliantes, comme l’élimination aussi piteuse que rocambolesque des qualifications pour la Coupe du monde 1994.

Puis est arrivé l’été 1998. Et ce fameux 12 juillet. La France allait jouer une finale de Coupe du monde, et c’était déjà une victoire sur le destin. Je craignais le pire, mais j’étais surtout prêt pour le meilleur.

Je me souviens de tout. Je me souviens de mes petits drapeaux français peints maladroitement à l’envers sur mes joues. Je me souviens avoir sauté sur mon frère après le deuxième but de Zidane. Je me souviens de ce sentiment de vertige.

Demain, cela fera 20 ans jour pour jour que l’histoire des Bleus a basculé.

Et 20 ans plus tard, en cet été 2018, la France va disputer la troisième finale de Coupe du monde de son histoire. Aucune nation n’a fait mieux dans ce laps de temps. Le signe par excellence qu’une culture de la gagne s’est installée.

Quand je vois l’équipe de France de Kylian Mbappé, d’Antoine Griezmann, de Paul Pogba, de Raphaël Varane, et que je les entends parler, je découvre une génération décomplexée, sûre de sa capacité à forger son propre destin. C’est beau. Après tout, cette génération a grandi dans un monde où la victoire est possible...

Tous ceux qui ont vécu l’ivresse du 12 juillet 1998 et la détresse du 9 juillet 2006 savent qu’une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne! Maintenant que l’habitude de l’échec a fait place à une tradition de victoire, il faut la perpétuer.

C’est tout ce que je souhaite à la nouvelle génération de partisans français, qui méritent eux aussi de goûter au vertige et à l’enivrement d’une victoire en Coupe du monde. Que ce 15 juillet devienne un souvenir que l’on partagera pour le restant de nos vies!