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Sports d'été

Lysanne Richard: Un sport unique pour une mère unique

Publié | Mis à jour

Souvent on me traite de folle... et ça me fait vraiment plaisir!

En fait, je prends ça comme un compliment. J’avoue que pour mon métier, celui de plongeuse de haut vol, sembler manquer quelques boulons au cerveau est un avantage. Il faut parfois être cinglée pour défier sa peur et la gravité puis tenter de faire quelque chose pour lequel le corps humain n’est pas anatomiquement fait : voler.

Je suis pourtant une fille hyper raisonnable. Je suis minutieuse, organisée, à mon affaire et responsable.

Mais quand on me voit me «garocher» des rochers et faire des vrilles sur plusieurs mètres, je ne semble pas tant répondre à cette description de la mère de famille typique. Pourtant, c’est ce que je suis.

Dans mes temps libres, entre les courts voyages de compétitions et mes entrainements, je passe l’aspirateur, j’encourage mon garçon pour ses présentations de projets et je fais des maquillages de licorne à ma fille.

Comment je me suis rendue à avoir ce type de vie, avec de si beaux contrastes, qui me comblent de bonheur?

Crédit photo : Courtoisie / Martine Danzé

J’ai toujours suivi mon instinct et le cours des choses. J’ai plongé (littéralement) dans les nombreux projets que la vie me proposait.

À 19 ans, alors que j’étudiais à l’École Nationale de cirque de Montréal, mon conjoint Stéphane et moi, prenant tout le monde par surprise, avons annoncé à notre entourage qu’on allait être parents. J’ai mis Louka au monde à 20 ans.

Je me considère chanceuse d’avoir un écart d’âge aussi court avec mon premier enfant. Il m’a tant appris et m’a complètement transformé.

Crédit photo : Archives familiales

Lorsque je n’étais pas en train d’allaiter, j’enfilais mon maillot de bain pour participer à des spectacles de plongeon de haut-vol à la Ronde. Comme j’avais fait beaucoup de plongeon pendant mon enfance, signer un contrat de plongeuse-acrobate me semblait être un bon moyen de me remettre en forme après ma première grossesse.

Ce fût le cas puisqu’à la fin du mois d’août, alors que Louka n’avait pas encore 9 mois, j’étais au sommet de ma forme. J’effectuais un retour à l’École Nationale de cirque, prête à compléter ma formation.

Les années qui suivirent furent remplies de voyages et d’aventures. Tout ça, accompagné de Louka. Il a fait ses premiers pas sur la piste du cirque et il a échangé en plusieurs langues dès ses premiers mots dans les loges. Il est même monté sur la scène en tant qu'artiste à plusieurs reprises!

Sept ans après la naissance de Louka c’est Éli que Stéphane et moi avons accueillis dans notre famille. Me remettre au plongeon était une fois de plus la meilleure façon de concilier remise en forme, travail, famille et allaitement!

Crédit photo : Archives familiales

Ont suivi plusieurs projets qui nous ont permis de parcourir le globe en famille. Une vie de tournée avec Le cirque Éloize, Les 7 doigts de la main et Le Cirque du Soleil.

Puis, il y a eu le grand défi de l’école à la maison (ou plutôt à l’hôtel dans notre cas), qui a été relevé.

Cinq ans plus tard on avait envie de plus de stabilité, puis notre Louka maintenant ado avait de besoin de sédentarité. Son cercle d’amis et son appartenance à celui-ci étant maintenant primordial à son bonheur. À la recherche de cette stabilité, nous sommes devenus 100% Montréalais. C’est alors que Flavie, notre petite dernière est arrivée.

Ma recherche d’exploits physiques et de dépassement de soi s’est transposée de la scène au ciel. D’une plateforme à une autre. Je suis maintenant complètement investie dans le haut vol et le circuit de compétition de ce sport unique.

Crédit photo : Archives familiales

De cette façon, je ne quitte que pour quelques départs, quelques fois par année, l’esprit tranquille, sachant les enfants entres bonnes mains avec leur père et la précieuse aide de leur grand-mère.

La plupart du temps mon horaire d’entrainement s’agence bien à l’horaire d’école des mousses. On a petite vie bien ordinaire, qu’on rend extraordinaire, dans le quartier Rosemont. La seule différence de nos voisins c’est qu’entre les lunchs et les devoirs, maman se prend pour Superman!