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La méthode Garde : un parallèle Lyon-Montréal

La méthode Garde : un parallèle Lyon-Montréal

Vincent Destouches

Publié 10 juillet
Mis à jour 10 juillet

Le soccer, c’est la guerre. Mais sans morts.

Pour combattre, il faut des soldats. Et c’est exactement ce que cherche Rémi Garde pour l’Impact de Montréal : des joueurs prêts à aller au front avec lui. Ce n’est pas plus compliqué que cela. L’entraîneur français était comme ça hier, et il l’est encore aujourd’hui.

Garde a souvent eu des joueurs talentueux sous ses ordres, mais le talent ne fait pas tout. Prenez Alexandre Lacazette.

Personne ne conteste les qualités de buteur de celui qui évolue aujourd’hui du côté d’Arsenal. Mais saviez-vous qu’il était quelque peu fainéant à ses débuts, à tel point qu’il avait la réputation de ne pas pouvoir jouer 90 minutes pleines?

Ça ne vous rappelle personne?

Anthony Jackson-Hamel a traîné la même réputation, mais il a fini par prouver qu’il savait tenir la distance. Reste qu’il est abonné au banc, ces temps-ci. Pourtant, Matteo Mancosu ne marque pas; pis, il vendange des occasions... Mais il reste titulaire. Pourquoi?

Parce que l’Italien suit à la lettre les consignes de Garde, notamment en s’occupant du numéro 6 adverse de manière constante. Quand on parle des bonnes performances défensives du bloc équipe, ça inclut ce travail de sape. En somme, Garde sait qu’il peut aller à la guerre avec Mancosu.

C’est un constat, mais pas une fatalité pour Jackson. Sa capacité à faire trembler les filets est indéniable. Si en plus il met le bleu de chauffe, ça paiera. Car Garde a ses défauts, mais il est juste : il saura récompenser l’ancien pensionnaire de l’Académie si celui-ci fait les efforts nécessaires pour le collectif.

Joueur de devoir

À Lyon, il y avait un joueur qui accumulait beaucoup de temps de jeu malgré son talent limité : le milieu Jérémy Pied. Mais il compensait ses manques par une attitude exemplaire à l’entraînement et un état d’esprit irréprochable au sein de l’effectif. Il en allait de même pour son compère Jordan Ferri.

Ça ne vous rappelle personne?

Ken Krolicki a reçu les louanges de Rémi Garde après la victoire contre les Rapids du Colorado, le technicien montréalais mentionnant à quel point il était devenu un membre « très, très important » de l’équipe. Krolicki n’a pas autant de ballon qu’un Saphir Taïder, mais il est un joueur de devoir, du genre qui est nécessaire au bon fonctionnement de l’équipe.

Autre élément qui joue en faveur de Krolicki : son envie de progresser et son écoute, des qualités particulièrement valorisées par Garde. Si vous avez porté attention à son discours depuis son arrivée, vous avez forcément compris que l’entraîneur montréalais ne jure que par l’entraînement et la préparation.

C’est lors des séances qu’il évalue qui est avec lui et qui ne l’est pas en vue de la guerre qui se profile. Avec Krolicki, tous les voyants sont au vert.

Homme de base

Au fur et à mesure des semaines, Garde a pu identifier ses hommes de base, ses lieutenants. Ceux-ci ne sont pas forcément les joueurs les plus talentueux de l’équipe, mais ils sont nécessaires autant à la mise en place du dispositif de l’entraîneur qu’à l’unité du vestiaire.

À Lyon, Garde avait notamment donné sa confiance au milieu défensif Maxime Gonalons, à qui il même fini par confier le brassard de capitaine du club, à seulement 23 ans.

Ça ne vous rappelle personne?

Samuel Piette n’est pas seulement le « local de l’étape », il est autant un joueur majeur qu’un relais pour l’entraîneur, un capitaine dans l’âme et une source d’identification pour les amateurs. Garde veut des joueurs qui écoutent et qui se donnent, et Piette répond présent.

Bref, ces parallèles entre Lyon et Montréal sont du domaine de l’anecdote. La vraie leçon, à travers tout ça, c’est que si l’Impact connaît du succès sous l’ère Garde, ce sera d’abord et avant tout le succès d’une méthode.