Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Canadiens

Cayden Primeau : une trouvaille au septième tour

Publié | Mis à jour

Il y a toujours moyen de dénicher une perle au repêchage, même avec un choix de septième tour. Un an après l’encan de 2017, Cayden Primeau fait passer Trevor Timmins et le Canadien de Montréal pour des visionnaires.

Primeau a patienté longtemps dans les gradins du United Center le 24 juin 2017. Le CH a misé sur lui au septième tour avec le 199e choix sur un total de 217. Avant lui, 20 autres gardiens avaient connu leur sort. Le fils de Keith Primeau a été le 21e et dernier gardien repêché. Et sans un coup de fil de Marc Bergevin à Ron Hextall, il aurait pu ne jamais revêtir une casquette et un chandail de l’une des 31 équipes de la LNH.

À la base, le Tricolore n’avait pas de choix pour ce dernier tour. Bergevin a transigé avec les Flyers pour cette autre sélection, cédant son choix de 7e tour pour 2018.

Pour Primeau, cette transaction était une bénédiction. À sa première saison à l’Université Northeastern, l’Américain a joué comme un espoir de premier plan et non comme un lointain choix au repêchage. Malgré ses 18 ans et son statut de recrue, il a maintenu un dossier de 19-8-5 avec une moyenne de 1,92 et un taux d’efficacité de ,931. Il a aussi signé quatre jeux blancs.

«Ma seule motivation est de prouver aux Canadiens qu’ils ont bien fait de me faire confiance, a dit l’Américain de 18 ans après un entraînement au camp de développement de l’équipe. Je sais que Montréal m’aimait et croyait en moi. Ils n’avaient pas de choix pour le septième tour, mais ils ont réalisé une transaction pour en obtenir un. J’étais tellement heureux d’entendre mon nom sortir du micro à la table du Canadien. C’était un soulagement.»

«Je n’ai jamais regardé la statistique comme quoi j’étais le dernier gardien repêché en 2017, a-t-il poursuivi. J’avais juste besoin qu’une équipe me fasse signe. Le rang de ton repêchage n’a pas d’importance. C’est à toi de créer ton propre chemin après. Je cherchais juste à m’améliorer cette saison. J’ai connu une bonne année. J’en suis heureux, mais ce n’est pas fini. Je ne peux pas dire que j’étais complètement surpris par ma première saison. Je ne croyais pas recevoir autant de reconnaissance.»

Finaliste pour le Mike Richter

Le 23 mars dernier, Primeau a reçu une grande récompense pour son travail cette saison. Le gardien de 6 pi 3 po et 191 lb a été choisi parmi les cinq finalistes pour le trophée Mike Richter, décerné au meilleur gardien de la NCAA. Cale Morris, des Fighting Irish de Notre Dame, a finalement gravé son nom sur cet honneur. Mais des cinq gardiens en lice, Primeau était le seul âgé de moins de 20 ans.

«Je jouais avec confiance et je me nourrissais aussi de la confiance de mes coéquipiers, a mentionné Primeau. Quand les joueurs croient en toi, tu peux réaliser de belles choses. J’avais juste à me concentrer sur le hockey, il n’y avait pas de distractions. J’avais du plaisir à jouer. J’ai déjà hâte de retourner à l’école à l’automne.»

«J’étais heureux de me retrouver parmi les cinq candidats, mais ce n’est pas le plus beau moment de ma saison. Le plus gros moment de ma saison est le Beanpot [un tournoi à quatre équipes de la région de Boston] au TD Garden. Nous avons battu Boston University en finale, 5-2. C’était fou comme moment. Il n’y a pas de bons mots pour décrire cette joie. Northeastern n’avait pas remporté ce tournoi depuis 1988.»

La mauvaise influence

Si Primeau a glissé autant au repêchage de 2017, il y a probablement une explication. Le collègue Eric Engels, de Sportsnet, avait rapporté cette saison qu’il avait été victime d’une campagne de salissage par Clay Adams, son ancien entraîneur des gardiens avec les Stars de Lincoln de la USHL. Aujourd’hui, Primeau refuse de casser du sucre sur le dos d’Adams même si ce dernier lui avait fait une mauvaise réputation en parlant à plusieurs recruteurs de la LNH avant le repêchage.

«Je ne savais pas cette histoire avant qu’elle ne sorte au grand jour, a-t-il souligné. Le repêchage était un moment spécial, j’y étais avec toute ma famille. J’ai fini par me faire repêcher. Je préfère parler de cet aspect que des choses négatives. Je ne sais pas trop pourquoi cet entraîneur ne croyait pas en moi. Ça fait partie du passé. Le CH croit en moi, c’est plus important.»