Francis Lafrenière

Photo : Francis Lafrenière Crédit : PIerre-Paul Poulin / JdeM

Boxe

Un mariage plus fort qu’un combat?

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«C’est son rêve de princesse. Ça fait 10 ans que nous sommes ensemble, Doudoune et moi. Ça fait neuf ans qu’elle veut se marier. C’est l’une des journées les plus importantes de notre vie.»

«Doudoune», c’est Anne-Marie Desormeaux, la fiancée du boxeur Francis Lafrenière. Depuis un an, elle a tout mis en œuvre pour que son mariage du 21 juillet avec son homme soit une réussite sur toute la ligne.

Cependant, la semaine dernière, quelques nuages sont apparus au-dessus de la tête des deux tourtereaux. Lafrenière (16-6-2, 9 K.-O.) a vu son combat revanche contre Albert Onolunose (23-1-1, 7 K.-O.) être déplacé du 29 juin au 20 juillet à la Place Bell, soit la veille de son grand jour avec sa dulcinée.

Le pugiliste de 30 ans se retrouve donc devant un dilemme: est-ce qu’il prendra part à cet affrontement même si son mariage aura lieu dès le lendemain?

En réflexion

«Depuis que mon combat a été déplacé le 20 juillet, je me demande vraiment si le jeu en vaut la chandelle.»

Il veut se donner quelques jours pour analyser la situation avec son promoteur et ses entraîneurs. S’il ne monte pas sur le ring, Lafrenière ne sera pas payé et ses nombreux entraînements intenses ne seront pas récompensés.

«Il était prévu que je prenne une partie de ma bourse pour payer une partie de mon mariage, où on accueillera une centaine d’invités», a mentionné celui qu’on surnomme The People Champ. C’est bête, mais je pense aussi à mes photos de mariage.

«Lors de mes combats, je reçois des coups et je subis des coupures. Pour le reste de mes jours, j’associerais mon mariage à ce duel. Est-ce que j’ai le goût d’être magané pour cette journée spéciale? Je ne le sais pas.»

Le vrai amour

Anne-Marie a encouragé Francis dès le premier jour de sa carrière. Dans les bons comme dans les mauvais moments.

«Elle m’a toujours appuyé dans mes combats. Pour celui du 20 juillet, elle n’est pas vraiment d’accord et je la comprends parfaitement», a reconnu Lafrenière.

Dans son processus de réflexion, il y a un autre élément important à ses yeux. Ses amis avaient déjà organisé son enterrement de vie de garçon et il devait se dérouler après son duel du 29 juin.

«Je me sens vraiment mal, car ils ont déjà déboursé une somme de 1500 $ qui est non remboursable pour différentes activités», a-t-il mentionné.

De plus, la fierté de Les Coteaux, près de Valleyfield, a déjà remboursé les 140 billets qu’il avait vendus pour la première date de son choc. «Il était hors de question que je ne redonne pas l’argent aux gens qui m’avaient encouragé, a souligné Lafrenière. Si je décide de me battre le 20 juillet, je vais refaire une vente, tout simplement.»

Un peu de frustration

Lafrenière est très déçu que sa revanche contre Onolunose n’ait pas lieu à la date prévue. Il ne le dira pas publiquement. Ce n’est pas dans sa personnalité.

On peut facilement se placer dans ses souliers. Au quotidien, son poids se promène autour de 180 lb. Ça lui demande beaucoup de sacrifices pour respecter la limite de 160 lb pour ses combats de championnat.

Mardi dernier, lors de la conférence de presse de la sous-carte du gala Pascal-Bossé, Lafrenière avait déjà amorcé sa coupe de poids depuis quelques jours. Le soir même, il apprenait qu’il devrait refaire ce processus moins de deux semaines plus tard.

«Ça me déçoit vraiment. Tout était calculé pour que j’arrive au sommet de ma forme, a-t-il indiqué. Ça serait à recommencer presque à zéro si je me battais en juillet.»

D’une manière ou d’une autre, Lafrenière sortira gagnant de cette aventure. Il n’aura peut-être pas la chance de régler ses comptes avec Onolunose, mais il pourra faire rire et sourire sa «Doudoune».

On a une autre preuve que l’amour est plus fort que tout, même la boxe.