Dominique Ducharme

Photo : Dominique Ducharme Crédit : Dario Ayala / Agence QMI

LHJMQ

L’apport indéniable de Dominique Ducharme chez les Voltigeurs

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Les Voltigeurs de Drummondville verront vraisemblablement quatre de leurs membres devenir la propriété d’équipes de la Ligue nationale de hockey, vendredi et samedi à Dallas.

Même si Joe Veleno, Nicolas Beaudin, Xavier Bernard et Olivier Rodrigue ont tous emprunté un chemin différent, il semble qu’un élément les unit à l’aube de l’une des plus importantes journées de leur jeune carrière : l’apport de Dominique Ducharme dans leur développement.

Des quatre Voltigeurs, Veleno sera probablement le premier à entendre son nom et les chances sont plus que bonnes qu’il le soit dès la première ronde, vendredi soir. Dans le cas du défenseur Bernard et de son coéquipier gardien de but Rodrigue, tout porte à croire qu’ils devront patienter au lendemain.

Quant à Beaudin, rien n’est joué. La splendide saison qu’il vient de connaître place le défenseur gaucher au 31e rang chez les patineurs nord-américains selon la Centrale de recrutement de la LNH. Certains experts prédisent même qu’il pourrait, un peu à l’image de Pierre-Olivier Joseph l’an dernier, être choisi à la fin du premier tour.

Pas mal pour un joueur qui, en début d’année, ne croyait même pas en ses chances d’être repêché !

Fierté

C’est toutefois une rencontre en début de saison avec Ducharme et son adjoint Steve Hartley – celui qui remplacera Ducharme à la barre des Voltigeurs la saison prochaine - qui a tout changé.

«Il (Ducharme) était allé chercher un gros mot et c’était “fierté”. Il m’a dit éprouver plus de fierté à jouer défensivement et que si je voulais jouer chez les professionnels, je devais être efficace dans les deux sens du jeu», a raconté Beaudin, au début du mois.

Et il a répondu. Non seulement a-t-il terminé au premier rang des pointeurs de son équipe avec 69 points en 68 matchs, mais il a aussi affiché un différentiel de +27. Tout ça, grâce à ce défi que lui a lancé Ducharme.

«Il y a une bonne partie de ma progression qui lui appartient. J’ai travaillé fort, mais, en deux ans, il m’a vraiment aidé. Il aime défier ses joueurs, mais il le fait toujours dans le respect.»

Psychologie

L’autre défenseur des Voltigeurs admissible au repêchage, Bernard, abondait dans le même sens que son coéquipier. Selon lui, le nouvel adjoint de Claude Julien a la capacité de puiser le meilleur de chacun des joueurs, peu importe leur style.

«Dom savait le potentiel que j’avais. Il me poussait et m’aidait à être plus constant dans mon jeu. Il avait besoin de moi pour aider l’équipe et il m’a fait comprendre plusieurs choses. Il a une façon de s’exprimer qu’il faut avoir vécue pour comprendre. Ce n’est pas le gars qui parle le plus, mais quand il le fait, ça veut dire quelque chose.»

Veleno, lui, n’a pas pu compter sur les conseils de Ducharme pendant deux ans comme Beaudin et Bernard. Toutefois, une demi-saison a suffi pour qu’il retrouve des repères qu’il semblait avoir perdus avec les Sea Dogs de Saint-Jean.

«Il a vraiment été patient avec moi. Il me montrait des affaires dans mon jeu que je devais corriger. On a beaucoup jasé des choses que je pouvais mieux faire. Il mérite ce qui lui arrive.»

L’aventure de l’un ou l’autre de ces représentants des Voltigeurs avec Dominique Ducharme n’est peut-être pas terminée puisque le Tricolore possède dix choix parmi les 128 premiers.

De rivaux à amis

Nicolas Beaudin et Joe Veleno sont devenus co-chambreurs et de bons amis lorsque le joueur de centre montréalais a été échangé à Drummondville lors de la période des Fêtes. Il y a quelques années à peine, peu auraient pu parier sur cette amitié !

C’est que les deux hockeyeurs avaient vécu leurs moments de tension dans le passé, surtout dans les rangs midget AAA, lors de la saison 2014-2015. À ce moment, Veleno n’avait que 14 ans et évoluait avec les Lions du Lac St-Louis. Il faisait déjà couler beaucoup d’encre puisqu’on disait de lui qu’il serait le prochain joueur à obtenir le statut d’exceptionnel. De son côté, Beaudin était âgé de 15 ans et son jeu avec les Grenadiers de Châteauguay faisait de lui un bon espoir pour la LHJMQ.

Les deux formations s’étaient d’ailleurs affrontées en finale pour la coupe Jimmy-Ferrari en 2015, que les Lions et Veleno avaient remportée.

«Il y avait toujours eu rivalité, on ne s’aimait pas sur la glace, a reconnu Beaudin. Je me souviens lors de la finale contre eux, on se frappait et on se parlait constamment sur la glace. Puis, lors des deux matchs que j’ai joués contre les Sea Dogs avant qu’on aille le chercher, je me souviens qu’on se chamaillait souvent. Aujourd’hui, on trouve ça drôle. Joe est un gars qui ne s’en laisse pas imposer.»

Veleno également se souvient de certains moments de tension entre Beaudin et lui.

«Il était l’un des meilleurs de son équipe alors on était souvent confrontés l’un à l’autre. Il était difficile à affronter, il bouge bien la rondelle et possède de bonnes habiletés.»

De bons amis

Les choses ont toutefois changé le 18 décembre dernier lorsque les Voltigeurs et les Sea Dogs ont confirmé la transaction qui envoyait Veleno à Drummondville en retour de trois choix de première ronde et deux de deuxième. À ce moment, l’organisation a cru bon d’envoyer Veleno chez Frédéric Faucher, le même qui hébergeait déjà Beaudin.

«C’est la meilleure pension à Drummondville», mentionne Beaudin.

Malgré les tensions du passé, les deux n’ont pas mis de temps à développer une chimie autant sur la patinoire, qu’en dehors.

«C’est un leader, un gars qui parle dans la chambre. Je pense que le fait d’avoir côtoyé des joueurs plus vieux à Saint John l’a aidé. Il parle souvent de l’apport de Spencer Smallman. Ç’a cliqué entre nous deux et on est devenus de bons amis. Les gars l’ont mis à l’aise dès son arrivée et il a connu une deuxième moitié de saison incroyable. L’an prochain, on va gagner avec lui», a ajouté le défenseur qui se réjouit des acquisitions de Maxime Comtois et Félix Lauzon par les Voltigeurs.