Patrice Bernier

Électrochoc pour le soccer canadien

Électrochoc pour le soccer canadien

Patrice Bernier

Publié 13 juin
Mis à jour 13 juin

Je suis très fébrile à savoir que des matchs du Mondial 2026 seront présentés chez nous.

L’annonce est superbe. Ça donne un «boost» et ça augmente l’engouement déjà très présent ici. Cela dit, soyons prêts pour le rendez-vous.

On a toujours voulu que l’équipe masculine canadienne se qualifie dans les tournois importants. Et maintenant, c’est la Coupe du monde que nous accueillerons. C’est un électrochoc pour la génération future qui peut rêver d’y participer dans sa propre cour.

Il faut maintenant mettre en place le travail à accomplir pour que le rêve devienne réalité.

Comme les États-Unis avant 1994

Le Canada se retrouve dans une position comparable à son voisin du sud il y a plus de 20 ans.

Avant 1994, les États-Unis n’étaient pas une nation que l’on considérait comme une puissance du soccer. Exactement au même titre que le Canada en ce moment.

On a constaté l’évolution des Américains à travers cette édition du Mondial, puis l’émergence de la Major League Soccer l’année suivante.

Avant la Coupe du monde de 1994, le rêve américain était présent, mais les athlètes, eux, dans le néant à l’échelle internationale : les États-Unis avaient beau être un pays de sport, ils n’étaient pas un pays de soccer.

Un an après le tournoi de 1994, nous avons assisté à la naissance de la MLS. Vingt-deux ans plus tard, c’est une ligue de choix pour d’anciens top 20 ou top 32 des meilleurs joueurs de la planète.

Et le Canada?

Pour revenir chez nous, tous les rêves sont permis.

Un exemple des bons côtés à tout ça, c’est la relève qui pourrait être formée chez l’Académie de l’Impact. C’est l’occasion pour des joueurs d’ici de progresser dans une structure et viser une carrière professionnelle. Ça aide à alimenter les équipes nationales plus jeunes.

Si je suis un jeune de 13, 14 ou 15 ans, j’intègre l’Académie et sa structure pourrait me permettre, à 21 ans ou plus, de représenter mon pays à la Coupe du monde. C’est grandiose.

L’édition 1986 marquait la première fois que le Canada participait à la Coupe du monde. C’était une source de motivation pour jouer. Je ne l’ai jamais oublié.

La Coupe du monde, c’est le Graal des joueurs de soccer, l’ultime rendez-vous auquel on veut participer.

Pour faire une analogie d’ado, c’est la fête que tu ne veux pas manquer!

Aux jeunes de prendre leur place

Ce que moi j’aimerais voir, c’est plus d’Alphonso Davies.

Le joueur de 17 ans des Whitecaps de Vancouver s’est adressé au congrès de la FIFA et il a plaidé pour la candidature de l’Unis 26, dont fait partie son pays.

Lui, à 25 ans, il sera un des professionnels à représenter l’unifolié au Mondial.

Dans l’évolution d’un jeune comme lui, il faut viser le plus haut degré de jeu. Davies représentera fièrement son pays et c’est le rêve que doit caresser n’importe quel ado qui veut faire carrière au soccer.

Je me mets dans ses chaussures. Je n’ai que 17 ans et je m’impose comme ambassadeur au congrès de la FIFA. J’imagine être un professionnel privilégié de jouer dans ma cour et la Coupe du monde vient chez moi. J’aurai la chance de me tailler une place chez les grands.

Comme le Brésil, l’Espagne et l’Allemagne.

Compléter le travail

L’objectif est déjà atteint pour ce qui est de la présentation et c’est un rendez-vous en 2026. C’est une page d’histoire exceptionnelle, mais le travail ne s’arrête pas là.

Il reste que le Canada doit se qualifier. Il faut être mur et aguerri. Il faut être conquérant.

Je lance à vous, entraîneurs à travers le Canada, la mission qu’il faut accomplir avec les jeunes de 13-14-15 ans. Votre travail sera ardu pour que vos jeunes soient plus performants.

L’entraîneur-chef de la sélection nationale, John Herdman, doit avoir plus de joueurs sur qui compter dans son effectif.

Nos amis Américains et Mexicains en ont une centaine présentement, alors que nous n’en avons qu’une dizaine.

Si j’avais eu le pouvoir de mettre ma vie en suspens pour quelques années, je reviendrais en 2026 et mettrais mes crampons pour jouer à la Coupe du monde.

Parole d’un nostalgique.