Boxe

Braidwood dépossédé de sa meilleure arme : l’intimidation

Braidwood dépossédé de sa meilleure arme : l’intimidation

Bernard Barré

Publié 13 juin
Mis à jour 13 juin

Le gars fait peur. Tu l’invites à une fête d’enfants et les tout petits partent en courant se cacher sous les jupes de leurs mères dès qu’il franchit la porte et qu’il prononce un mot avec sa voix caverneuse.

Bâti comme une armoire à glace, il a travaillé fort dans la tête de ses adversaires pour semer la crainte et la plupart du temps la peur, celle qui empêche de dormir. Quand l’affrontement arrive, ils ont tous l’impression de se diriger tout droit à l’abattoir.

Arrivé deuxième sur le ring, les battus d’avance terminent à cette position ne pouvant terminer plus bas. Ce ne sera pas le cas de Kean.

Samedi soir prochain à Shawinigan, Adam Braidwood (13-1-0,12Kos) va changer de ligue. L’Olympien Simon Kean(14-0-0,13Kos) a fait ses devoirs chez les amateurs et des monstres physiques et talentueux ont croisé ses gants à beaucoup d’occasions.

Sa défaite en quart de finale aux Jeux olympiques de Londres contre la tour infernale kazakhe Yvan Dychko 6 pieds 9 pouces n’avait rien de déshonorant.

Surtout après sa victoire contre le Français Tony Yoka qui devait se couvrir d’or quatre ans plus tard aux jeux Olympiques de Rio.

Discutant il y a quelques jours avec un officiel de la Régie des sports de combat, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre ses propos. Le gars me disait qu’il avait peur pour Kean et que ses collègues étaient d’accord avec lui. Je l’ai fait répéter tellement j’étais surpris.

Les visites spectaculaires de Braidwood sur le ring du Québec et le fait qu’un autre de ses opposants est parti pour la morgue font en sorte que des gens du milieu croient qu’il va retourner dans l’Ouest canadien, dans les bottines du vainqueur. Ouf!

Quelle performance pour Braidwood?

Personnellement, je suis convaincu que la fenêtre de succès de Braidwood en est une de six minutes. Kean s’étant fait atteindre solidement en début de combat à quelques reprises.

Ce dernier n’a aucun avantage à embarquer dans une bagarre de rue. Passé ce délai, «le Boogeyman» va trouver que son rôle de bloqueur chez les Eskimos d’Edmonton était beaucoup plus rassurant que recevoir des coups de canon un peu partout sur le corps, par un espoir international.

Simon Kean est béni du ciel. Il aura l’occasion de conserver sa ceinture IBO intercontinental et en rajouter une deuxième WBC francophone contre un adversaire peu expérimenté, qui aura le «lucky punch» pour seule chance de gagner. Ce qui est aussi rare que les moustiques en hiver.

Braidwood va se faire plaquer dans sa zone des buts, la face dans le gazon ou dans le tapis avant le sixième round et les Mauriciens quitteront le Centre Gervais Auto de Shawinigan le sourire aux lèvres.

S’il vous plait, ne soyez pas volontaire pour faire la traduction de mon texte à Braidwood. Il me connait et sait très bien où se situe ma place près du ring. Il m’intimide. Merci de votre discrétion.

Belle soirée qui se prépare.