Repêchage LNH

Filip Zadina préfère le zoo à l’anonymat

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Filip Zadina parle avec une belle franchise. Il détonne des autres espoirs qui répondent souvent aux questions d’une façon robotique. Le Tchèque sait qu’il a du talent et il souhaite entendre son nom le plus rapidement possible au prochain repêchage.

Zadina venait de terminer une entrevue dans sa langue maternelle avec le collègue Zdenek Matejovsky, un journaliste tchèque basé à Montréal, quand il a rencontré le représentant du Journal de Montréal. C’était quelques minutes après un entraînement des Golden Knights de Vegas au Capitol One Arena de Washington, le matin du quatrième match de la finale de la Coupe Stanley.

«Tu m’excuseras, mais je ne parle pas encore français, a dit à la blague Zadina. Mais je ne détesterais pas apprendre cette langue un jour!»

Zadina, un ailier droit qui portait les couleurs des Mooseheads de Halifax, n’a pas lancé cette phrase par hasard. Il sait très bien qu’il pourrait devenir le troisième choix au total du prochain repêchage, propriété du Canadien.

«Ce serait génial de jouer à Montréal, mais je dois attendre, a logiquement répondu le Tchèque de 18 ans. Je ne sais pas ce qui arrivera le soir du repêchage. Mes sentiments sont assez étranges puisque je ne peux pas prédire exactement où je sortirai. Il y aura peut-être des transactions, il y a toujours de l’action le soir du repêchage.»

«J’ai un esprit compétitif et je veux voir mon nom être prononcé le plus rapidement possible, a-t-il continué. On sait que Dahlin deviendra le premier choix des Sabres. Après, il y a plus de débats. J’ai fait mes devoirs. J’ai connu une bonne saison à Halifax et un bon tournoi au Championnat du monde junior.»

Marqueur né

Aux yeux de plusieurs recruteurs, Zadina représente le plus grand talent brut après Rasmus Dahlin et Andreï Svechnikov. Mais il ne joue pas au centre, une position faible chez le CH depuis très longtemps.

«Le CH a des trous partout, pas juste au centre, a rappelé un recruteur de l’Ouest. Bergevin et Timmins n’ont pas le choix de repêcher le plus beau talent et c’est Zadina après Dahlin et Svechnikov. Il est un marqueur né. Il a un tir incroyable, un bon coup de patin et il est responsable dans son territoire.»

Questionné à savoir s’il s’imagine plus dans une ville comme Raleigh (2e choix) ou Glendale (5e choix) que dans une ville canadienne comme Montréal (3e choix) ou Ottawa (4e choix), Zadina n’a pas pris de détour.

«J’aimerais jouer dans un marché où le hockey est une religion, a-t-il répliqué. Je sais qu’à Montréal, les gens sont passionnés par le Canadien. Il s’agirait d’un sentiment incroyable de porter le chandail de cette équipe et de jouer au Centre Bell, où les gradins sont toujours remplis. Mais je ne peux pas y penser immédiatement. Je ne connais pas encore ma prochaine équipe.»

Dans le moule de Kucherov

À sa première saison en Amérique du Nord avec les Mooseheads, Zadina a marqué 44 buts et amassé 82 points en 57 matchs. Il a aussi attiré l’attention sous les couleurs de la République tchèque avec sept buts et huit points en sept rencontres au Mondial junior de Buffalo.

Quand il sera à son apogée dans la LNH, le joueur originaire de Pardubice, en République tchèque aimerait ressembler à un ailier droit du Lightning de Tampa Bay.

«Je voudrais devenir un ailier comme Nikita Kucherov, a-t-il dit sans hésitation. Je peux me comparer à lui. Il est un très bon attaquant. Il a un flair offensif incroyable et un très bon tir. Il trouve aussi facilement ses coéquipiers sur la patinoire. J’aime le regarder jouer et je m’inspire de lui.»

En entrevue au Journal il y a quelques semaines, Cam Russell, le directeur général des Mooseheads de Halifax avait décrit son protégé comme un passionné. Russell avait raconté une anecdote où Zadina avait insisté pour sauter sur la glace du Scotiabank Center de Halifax malgré l’annulation d’un entraînement en raison d’une tempête de neige.

Le principal intéressé sourit quand on lui rappelle cette histoire.

«Je ne me sentais pas bien lors du match précédent je m’étais un peu blessé à une jambe. J’ai téléphoné à notre DG pour savoir si c’était possible de m’entraîner malgré le mauvais temps. Il m’a dit qu’il n’y avait pas de problème et qu’il enverrait une personne me chercher à ma maison de pension. Au match suivant, j’ai marqué deux buts et nous avons gagné. C’était la bonne décision.»