Crédit : Eric Bolte-USA TODAY Sports

Impact

Où sont les leaders?

Où sont les leaders?

Vincent Destouches

Publié 11 juin
Mis à jour 11 juin

Un blogue de Vincent Destouches

On dit que l’Impact de Montréal est l’équipe d’Ignacio Piatti. C’est malheureusement vrai. Il porte le club à bout de bras depuis des années, et cela se confirme encore cette saison, puisqu’il a son mot à dire sur 11 des 15 buts montréalais (5 buts, 6 passes).

Quand il joue, l’Impact est dépendant de sa forme du jour. Et quand il ne joue pas, l’équipe ne semble pas savoir à quel saint se vouer – Montréal a une fiche de 4-13-4 (17 buts pour, 36 buts contre) en son absence.

Problème : méforme, blessure... L’Argentin connaît son plus mauvais mois avec le Bleu-Blanc-Noir (0 but, 0 passe à ses 5 derniers matchs) depuis sa très médiatique négociation de contrat avec le président Joey Saputo, en fin de saison dernière. Hum...

Cela pose la question suivante : vers qui se tourne-t-on quand «Nacho» n’y est pas? Quels joueurs peuvent rendre les autres meilleurs?

Si l’on se fie à la défaite montréalaise à Dallas, la réponse est... personne. Pour parler en cliché sportif, disons que personne ne s’est levé. Mais grattons le bobo, un petit peu. Qui sont les leaders techniques de cette équipe, ceux qui auraient dû prendre les choses en main?

Saphir Taïder est un nom qui vient rapidement en tête, de par son statut de joueur désigné. Il n’est pas voué, comme l’était Blerim Dzemaili, à être une arme fatale dans les 30 derniers mètres. Il en devient donc plus dépendant de la qualité des joueurs autour de lui... L’Algérien se démène, mais il est handicapé par un déchet technique important. Le costume de dépositaire du jeu montréalais est trop grand pour lui, dans l’état actuel de cet Impact 2018.

Alejandro Silva a le statut d’un joueur désigné «virtuel», puisque l’Impact a utilisé de l’argent d’allocation pour faire baisser le montant de son salaire en dessous du seuil établi. À 28 ans, l’ancien international uruguayen est censé être un joueur confirmé, amenant une vraie valeur ajoutée à l’équipe. Je la cherche encore.

Jeisson Vargas remplit supposément la case du jeune un peu fou, mais pétri de talent. Alors oui, il marque. Mais l’expression «l’arbre qui cache la forêt» lui va comme un gant. Au-delà de ses buts, on guette des coups d’éclat qui ne viennent jamais. Ce qui m’étonne, c’est que pour un joueur créateur, sa prise de risque est excessivement minimale. Quand il reçoit le ballon dans le dernier tiers du terrain, il se contente de le redonner, souvent en arrière, comme s’il rejetait le statut de détonateur.

Matteo Mancosu n’a pas vocation à être un leader technique, mais il est supposé être un buteur confirmé. Je sais trop bien à quel point la confiance est le moteur des attaquants, donc je ne m’acharnerai pas sur l’Italien, qui n’a guère enchaîné les matchs. Mais je pense quand même qu’il n’aurait pas dû rater son occasion en or, en fin de première mi-temps.

Tout cela nous amène à un constat : ces joueurs-là ont peut-être des qualités individuelles, mais lorsqu’ils sont assemblés, ils ne forment pas une bonne équipe. Le fait qu’ils viennent tous de championnats étrangers, sans une appartenance ni une connaissance profonde de Montréal ou de la MLS, n’aide pas non plus. On touche ici aux limites qu’offrent les vidéos de faits saillants sur YouTube...

À l’exception de Taïder, ces joueurs semblent plutôt appelés à devenir des éléments de profondeur. Or, ils étaient le plan A d’un Impact qui n’a pas de plan B.

Alors... vivement juillet? J’espère que l’étonnant silence du directeur technique Adam Braz, dans la passe actuelle, signifie que le club travaille d’arrache-pied pour offrir une équipe plus compétitive.