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Soupçons de matchs arrangés en France: jusqu'à deux ans de prison ferme requis

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Des peines allant jusqu'à deux ans ferme ont été requises jeudi à l'encontre de huit hommes, jugés à Paris dans une affaire des soupçons de matchs de soccer arrangés en deuxième division française en 2014.

La peine la plus importante, trois ans dont un avec sursis et 50 000 euros d'amende, a été requise à l'encontre des anciens propriétaires du club de Nîmes, Jean-Marc Conrad et Serge Kasparian, ancien patron du cercle de jeux parisien Cadet.

Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir cherché à arranger plusieurs parties de la fin de saison 2013-2014 afin d'éviter une relégation en National (troisième division) de Nîmes, qu'ils venaient de reprendre, dans un «projet corruptif» mené avec l'aide d'un intermédiaire, Franck Toutoundjian.

Contre ce dernier, le Parquet national financier (PNF) a requis deux ans, dont un avec sursis, et 5000 euros d'amende. 

Aux yeux de l'accusation, six rencontres ont fait l'objet de tentatives d'arrangements, sur les sept examinés par le tribunal.

Ces tentatives, parfois maladroites, avaient cependant échoué: il n'est pas reproché aux prévenus d'avoir «altéré l'issue» des rencontres, mais d'avoir «mis en oeuvre les moyens» pour y parvenir, ont rappelé les deux procureurs.

Il subsiste toutefois des «doutes» quant au match central du dossier, un nul 1-1 contre Caen le 13 mai 2014, qui avait permis à Caen de monter en Ligue 1 et à Nîmes d'éviter la relégation, ont concédé les magistrats.

Mais si Jean-Marc Conrad et l'ancien patron du club de Caen, Jean-François Fortin, respectivement jugés pour corruption active et passive pour ce match, avaient évoqué au téléphone l'intérêt d'un nul, «aucun élément ne permet d'affirmer que les tentatives nîmoises ont réussi», ont poursuivi les magistrats.

Qu'importe: pour eux, le simple fait que M. Fortin ait «agréé» au téléphone à la proposition nîmoise suffit à le condamner à un an avec sursis et 10 000 euros d'amende.

Cinq à dix mois avec sursis ont été demandés contre quatre autres hommes soupçonnés d'avoir joué le rôle d'intermédiaires ponctuels.