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Crédit : Martin Chevalier / JdeM

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«Je vise la F1 l’an prochain» - Nicholas Latifi

Publié | Mis à jour

Le Torontois Nicholas Latifi vivra le moment le plus intense de sa carrière quand il participera à la première séance d’essais libres de Formule 1 vendredi matin au circuit Gilles-Villeneuve.

Pilote d’essai de l’écurie Force India, Latifi, âgé de 22 ans, n’a jamais roulé à bord d’une F1 dans le cadre d’un week-end officiel.Il en sera aussi à ses premiers tours de roue à bord d’une monoplace de cette écurie qui l’a recruté au début de la saison 2018.

«Ce sera évidemment très spécial pour moi, a-t-il raconté lors d’une entrevue au "Journal de Montréal" réalisée récemment à Barcelone. Et ce sera encore plus spécial, car cette séance d’essais aura lieu à Montréal.

«Le Grand Prix du Canada, c’est chez moi», a poursuivi celui qui a entrepris sa carrière plutôt tardivement, à l’âge de 13 ans.

Une première en 37 ans

Ainsi pour la première fois depuis 1981, avec la présence de son compatriote Lance Stroll, deux pilotes canadiens vont rouler en même temps sur un circuit de F1. Les frères Gilles et Jacques Villeneuve ont été les derniers, quoique le cadet avait toutefois échoué dans sa tentative de se qualifier à bord de sa Arrows.

Les équipes sont autorisées à permettre à leurs jeunes espoirs de prendre part à la première séance de la fin de la semaine, avant de laisser le volant aux pilotes titularisés en après-midi et pour le reste du week-end.
Né au Québec

Latifi est né dans la région de Montréal, plus précisément à Dollard-Des Ormeaux. Sa famille a déménagé ses pénates à Toronto alors qu’il n’avait que six mois.

«Mais j’ai encore des oncles, tantes et cousins qui y habitent encore. Ils viendront tous m’encourager en fin de semaine.»

Latifi est impatient de rouler au circuit Gilles-Villeneuve, un tracé qui lui est inconnu.

«J’ai assisté aux deux derniers Grands Prix à Montréal, mais jamais je n’y ai couru. J’ai bien hâte. Je suis convaincu qu’au moment où je vais quitter la ligne des puits de ravitaillement pour parcourir mon premier tour, je vais avoir un large sourire. C’est un rêve devenu réalité.»

«Je veux m’amuser certes, mais je suis conscient que les tours de piste que je réaliserai seront très utiles pour l’équipe.»

Pilote d’essai chez Renault l’an dernier, Latifi a quitté l’écurie française pour rejoindre Force India.

«Honnêtement, je pense qu’il y a plus d’ouverture chez Force India, avoue-t-il. Les pilotes, Carlos Sainz fils et Nico Hulkenberg devraient rester chez Renault l’an prochain. Du côté de Force India, on ne connaît pas l’avenir de Sergio Perez et d’Esteban Ocon.»

Ce dernier, considéré comme une des vedettes montantes de la F1, est en effet pressenti pour seconder Lewis Hamilton en 2019 chez Mercedes en remplacement de Valtteri Bottas.

En Formule 2

Latifi entreprend cette année sa troisième saison à temps plein en F2, l’antichambre de la F1, qu’il souhaite être sa... dernière.

«Je ne veux pas disputer une autre saison en F2 en 2019. Moi, je vise la F1 l’an prochain.»

Il devra toutefois accumuler les bons résultats pour mériter sa super licence exigée en F1.

En 50 départs en F2, il compte une victoire (à Silverstone l’an dernier) et 11 présences sur le podium. Cette année, il connaît un parcours difficile, lui qui n’occupe que le 10e rang au classement cumulatif après les huit premières étapes de la saison.

En revanche, son coéquipier au sein de l’écurie DAMS, le Britannique Alexander Albon, est troisième au tableau.

La fortune de papa

On ne peut dissocier Latifi, à l’instar de Lance Stroll, de la fortune de son père, Michael, qui est président des Aliments Sofina, l’une des plus grandes entreprises agroalimentaires au Canada.

«Vous n’êtes pas le premier à parler de mon père, répond-il. L’argent n’est pas le seul gage de succès en course automobile. J’ai prouvé qu’il fallait des résultats concrets pour réussir dans ce métier.»

Michael Latifi a récemment annoncé un investissement colossal (près de 460 millions $ CAD) dans le Groupe McLaren, propriété notamment de l’écurie du même nom en F1.

«Ce partenariat n’a rien à voir avec Nicholas, a fait savoir un porte-parole de McLaren. Nous n’avons aucune pression pour lui confier le volant de l’une de nos voitures dans l’avenir.»

«Nous cherchons les meilleurs pilotes. S’il a fait du bon travail en F2, jamais il n’a alimenté nos conversations.»