Soccer

L'AS Blainville dans la cour des grands

TVA Sports / Nicolas A Martineau 

Publié | Mis à jour

Sur un terrain de soccer municipal, à une trentaine de minutes de Montréal, l’AS Blainville se prépare à jouer les matchs les plus importants de son histoire.

Pour la toute première fois, une équipe de la Première ligue de soccer du Québec, la PLSQ, disputera le Championnat canadien, auquel participent notamment l’Impact de Montréal, le Toronto FC et les Whitecaps de Vancouver.

Avant la saison 2017, l’Association canadienne de soccer avait annoncé que les champions de cette ligue semi-professionnelle québécoise, ainsi que les champions de la League 1 en Ontario, allaient désormais participer au prestigieux tournoi canadien.

Avant d’affronter le Fury d’Ottawa au prochain tour, l’AS Blainville doit vaincre les Blue Devils d’Oakville dans une série aller-retour qui commence mercredi.

Nafi Dicko-Raynauld est le capitaine de l’AS Blainville. Selon lui, cet adversaire est prenable.

«C’est une équipe à notre portée, a-t-il soutenu en entrevue à TVA Sports. Elle joue comme nous dans un niveau semi-professionnel. On n’a pas peur de cette équipe. On aimerait les battre pour pouvoir affronter ensuite une équipe professionnelle comme le Fury.»

Comme tous ses coéquipiers, Dicko-Raynauld ne vit pas grâce à son statut de joueur.

Gradué de l’Université Laval il y a quelques années, il a choisi l’AS Blainville pour poursuivre son parcours sportif, tout en travaillant dans son domaine comme ingénieur.

«Je fais ma journée de travail chez Bell Helicopter. Une fois que le travail est terminé, je m’entraîne sur le terrain de deux à trois fois par semaine», a-t-il raconté.

«Papouche», le grand frère

Jouer dans une ligue semi-professionnelle requiert des sacrifices. Parlez-en à Pierre-Rudolph Mayard, qu’on surnomme «Papouche».

Après avoir porté les couleurs de l’Impact de 2009 à 2011 et celles du Fury d’Ottawa en 2014, Mayard est revenu s’installer sur la rive-nord de Montréal, où il a sa compagnie d’aménagement extérieur.

Son horaire est complètement fou, mais hors de question pour lui d’arrêter de jouer.

«Ça part de 5h30 le matin à 11h le soir, du lundi au vendredi. Je suis tellement passionné par le foot que je ne pouvais pas arrêter à 26 ans, c’était trop jeune. J’ai été accueilli à bras ouverts à Blainville. J’en suis maintenant à ma troisième année.»   

Mayard est d’ailleurs le seul joueur de son équipe à avoir déjà disputé le Championnat canadien dans le passé. Et l’attaquant entend épauler ses coéquipiers dans cette nouvelle aventure.

«Pour eux, c’est le plus haut niveau qu’ils vont atteindre dans leur carrière. C’est quelque chose de nouveau et de spécial.»

«Avec l’attention médiatique qu’on commence à recevoir, on est en train de saisir l’ampleur de l’événement», corrobore Dicko-Raynauld. 

Une formation en constante progression

L’un de ceux qui réalise le plus l’ampleur de la progression de l’AS Blainville est assurément le joueur de 27 ans Maxime Leconte.

«Quand je suis arrivé, on jouait au niveau AA. Dix ans plus tard, on joue en Championnat canadien et on est dans la première ligue. J’ai vu grandir le club. On revient quand même de loin.»

Ce dernier est ravi que l’Association canadienne donne la chance à deux équipes de niveau amateur de disputer le Championnat canadien, comme c’est le cas dans plusieurs pays.

La US Open Cup aux États-Unis, la FA Cup en Angleterre et la Coupe de France, où une équipe d’amateurs, les Herbiers, s’est d’ailleurs rendue jusqu’en grande finale contre le Paris Saint-Germain.

«Quand je vois un petit club aller jusqu’en finale, ça montre aux jeunes qu’il y a d’autres opportunités que l’Impact», a souligné Leconte.

«On veut bien faire. On veut montrer qu’on est capables de faire mieux que l’équipe de la League 1 en Ontario. On espère avoir la chance d’affronter une équipe de niveau professionnel», a indiqué le directeur technique de l'AS Blainville, Jean-Lou Gosselin.

Les joueurs de l’AS Blainville peuvent rêver. S’ils battent Oakville, ils affronteront le Fury. Après Ottawa, ils affronteraient Toronto... et s’ils parvenaient à battre Toronto, ils auraient rendez-vous avec les Whitecaps ou l’Impact en grande finale.

Rappelons que le Championnat canadien donne accès à la Ligue des champions de la CONCACAF. La route pour y arriver est longue, mais on peut bien rêver.

«Tout est possible, a lancé Mayard. Nous ne sommes qu’une petite équipe semi-professionnelle, mais nous avons le cœur assez gros pour espérer rêver.»

«On va d’abord se concentrer sur Oakville, mais il faut rêver pour avancer», a renchéri Leconte.

Premier défi : mercredi soir à 19h30 au Stade Desjardins à Laval.