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LNH

Objectif no 41 pour Ted Leonsis

Objectif no 41 pour Ted Leonsis

Renaud Lavoie

Publié 28 mai
Mis à jour 28 mai

On est en 1983. Ted Leonsis a 27 ans et vient de vendre le magazine LIST à Thomson Reuters pour la modique somme de 40 millions de dollars.

Ce magazine consacré à l’informatique a commencé à circuler un an plus tôt et il a connu un succès instantané. Leonsis et son partenaire d’affaires, Vincent Pica, se retrouvent avec 20 millions de dollars chacun dans leurs poches. Riche à craquer, Leonsis monte dans un avion en Floride, direction Washington, sa ville d’adoption, car il a étudié à l’Université Georgetown.

Alors que le vol se passe bien, un problème survient avec le système d’atterrissage, qui ne fonctionne plus. Pendant 35 minutes, les employés de la compagnie Eastern Airlines préparent les passagers pour un crash pendant l’atterrissage.

Durant les 35 minutes suivantes, Leonsis se prépare au pire, et comme c’est le cas de tous les passagers, il décide de faire sa dernière prière.

Il promet que, s’il survit, il dressera une liste de tout ce qu’il souhaite accomplir dans sa vie.

101 objectifs

Ce n’est pas une petite liste que Leonsis a écrite après l’atterrissage d’urgence.

On y retrouve sept catégories, qui passent de sa famille à ses objectifs financiers (il souhaitait être milliardaire, ce qui est maintenant fait) et sportifs.

Au total, il y avait 101 objectifs et un de ceux-là était de devenir propriétaire d’une équipe de hockey et une de basketball, ce qu’il a accompli il y a une vingtaine d’années en achetant les Capitals de Washington et les Wizards.

C’était, dans les faits, son objectif numéro 40 qu’il a accompli à ce moment-là. Le 41e objectif dans sa fameuse liste était de remporter un championnat.

Eh bien, voilà qu’à l’âge de 61 ans, soit 35 ans après l’incident de l’avion dans lequel il avait été impliqué, Leonsis est à quatre victoires de soulever sa première coupe Stanley.

Un homme humble

Il fallait voir le visage de Leonsis dans le vestiaire des Capitals après la victoire en deuxième ronde face aux Penguins.

Ému de voir son équipe battre celle qui lui a causé tant de problèmes au cours des dernières années, le propriétaire des Capitals a surtout voulu rendre hommage aux Penguins qui avaient connu des moments exaltants en remportant deux fois de suite la coupe Stanley.

Cet homme simple qui était destiné à être gérant d’un magasin d’alimentation comme son père a choisi les bons mots pour féliciter ses joueurs, mais a décidé de demeurer très humble dans la victoire.

Il s’est aussi présenté dans le minuscule vestiaire des visiteurs à Tampa lorsqu’il a vu son équipe remporter la troisième ronde. Mais, cette fois, il a décidé de ne rien dire aux journalistes, probablement parce qu’il vivait des émotions trop fortes, indicibles.

Celui qui se fait un devoir de se taire à chaque rencontre des gouverneurs de la LNH a décidé qu’il était mieux de ne rien dire et surtout de ne pas enlever l’attention médiatique à ceux qui le méritent le plus : ses joueurs et son groupe d’entraîneurs.

Près des partisans

Lorsque Leonsis a acheté les Capitals en 1999, pour la modique somme de 80 millions $, il y avait seulement 2500 détenteurs de billets de saison. Moins de trois ans plus tard, il y en avait 12 000.

Comment a-t-il réussi à améliorer son produit ? En s’assurant de répondre aux besoins des partisans qui se présentaient au Verizon Center (aujourd’hui le Capital One) qui ont dressé une liste de 125 choses qu’ils n’aimaient pas lorsqu’ils se présentaient à l’amphithéâtre.

Il s’est assuré de régler la grande majorité de chaque plainte et en moins de trois ans, les revenus de son équipe avaient doublé. On parle ici d’un propriétaire qui a fait tout en son pouvoir pour être apprécié des partisans de son équipe. Maintenant la question est de savoir s’il sera récompensé.

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Un voyage payant

Barry Trotz s’est rendu à Moscou l’été dernier afin de rencontrer son capitaine. Alex Ovechkin avait terminé la saison avec seulement 33 buts et n’avait pas répondu aux attentes de l’organisation. « Mon message était simple, souligne l’entraîneur-chef des Capitals. Je lui ai dit qu’il ne pouvait plus faire à son âge [32 ans] ce qu’il faisait à 23 ans. Je lui ai dit qu’il devait faire attention à lui un peu plus. » Traduction libre : Alex, tu dois faire attention à ce que tu manges et à ce que tu bois. Résultat de la démarche ? Alex Ovechkin s’est présenté dans une forme splendide au camp d’entraînement et a servi d’inspiration durant toute la saison. Il faut donner beaucoup de crédit au joueur russe, qui aurait pu se foutre complètement des demandes de Barry Trotz et qui a plutôt décidé de se prendre en main.

Où est Malcolm?

Depuis une semaine, il n’y a aucune trace de Malcolm Subban chez les Golden Knights. Le gardien numéro deux de l’équipe s’est blessé à une cheville lors d’un réchauffement hors glace la semaine dernière et ceci explique son absence. C’est le Québécois Maxime Lagacé qui seconde Marc-André Fleury depuis et il faut s’attendre à ce que Malcolm Subban soit absent pour au moins une autre semaine.

Le bon choix?

À chaque fois qu’un nouveau directeur général est nommé, on entend toujours la même question dans la LNH. Est-ce le bon choix ? Dans le cas de Kyle Dubas, on s’interroge beaucoup sur son manque d’expérience, alors qu’il n’a que 32 ans et qu’il se retrouve maintenant dans un rôle très important. On souligne qu’il passe très peu de temps dans le même poste : à 25 ans il fut directeur général des Greyhounds de Sault-Sainte-Marie avant de se joindre aux Maple Leafs trois ans plus tard pour s’occuper des statistiques avancées. À 29 ans il était directeur général adjoint des Leafs et aujourd’hui DG. Sa montée est fulgurante et on parle d’un jeune homme brillant qui a réussi à convaincre tout le monde à Toronto qu’il était l’homme de la situation. Celui qui devait être son adjoint, Mark Hunter, n’y croit toutefois pas et c’est pourquoi il a quitté le navire, tout comme le conseiller de Dubas, Lou Lamoriello.