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Invasion francophone chez les Chiefs

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Le vestiaire des Chiefs de Kansas City est-il en voie de devenir officiellement bilingue? Du calme! Mais quand même, le Franco-Ontarien Ryan Hunter tentera dans les prochains mois de se tailler un poste sur la ligne offensive, aux côtés de Laurent Duvernay-Tardif, pour former l’aile francophone de l’équipe du Missouri.

Les parents de celui qui évolue principalement au poste de garde sont originaires du Témiscamingue et y ont demeuré presque jusqu’à la naissance de leurs enfants.

Après le déménagement à North Bay, où Hunter est né et a grandi – jusqu’à 6 pi 4 po et 320 lb! – le français est demeuré la langue parlée au domicile ainsi qu’à l’école secondaire durant quelques années.

Celui qui tente de percer avec les Chiefs après avoir été embauché comme joueur autonome au terme du repêchage s’exprime ainsi dans un français impeccable et s’est amusé à promettre «une invasion de Canadiens français» à Kansas City lorsqu’il a signé son contrat.

«La plupart de ma famille vit encore à Témiscamingue et j’y vais encore souvent. Ça fait jaser les gars dans le vestiaire parce qu’ils savent que Laurent (Duvernay-Tardif) et moi, on se parle en français. Ils m’ont vite surnommé «The New Larry», a d’ailleurs rigolé le sympathique colosse, joint jeudi après sa journée d’entraînement à Kansas City.

Parcours similaires

Après avoir commencé le football en sol ontarien, Hunter a pris la décision de s’exiler à Buffalo pendant deux ans pour se donner de meilleures chances de se faire remarquer. Il a ensuite fait le saut à l’Université Bowling Green, dans la NCAA, où il a évolué un peu partout sur la ligne offensive.

Non seulement tente-t-il désormais de faire sa place avec les Chiefs comme Duvernay-Tardif l’a fait avant lui, mais le nouveau «Larry» suit aussi un cheminement académique et sportif semblable à celui qu’il qualifie de «modèle».

Déjà, son baccalauréat est terminé en bonne et due forme et sa maîtrise en administration des affaires sera bientôt complétée. Il rêve ensuite de mener de front sa carrière sur le terrain et des études en droit, un parcours atypique que Duvernay-Tardif a mené avec brio en médecine et dans la NFL.

«Je me suis donné l’objectif de finir ma maîtrise au printemps 2020 et mon droit vers 2022. Je veux d’abord mettre toutes mes énergies pour m’établir comme joueur dans la NFL et ensuite, j’aimerais balancer les études et ma carrière sportive. C’est drôle parce que chez les Chiefs, ils ont l’air de penser que tous les Canadiens sont comme Laurent et moi... mais je ne crois pas que c’est vraiment le cas!», a lancé Hunter.

Belle polyvalence

À court terme, Hunter espère se mettre suffisamment en valeur pour percer l’alignement régulier et voir un peu de terrain parmi les réservistes. L’un des atouts majeurs dans son jeu est sa polyvalence, lui qui évolue jusqu’ici comme garde à gauche, mais aussi au besoin comme bloqueur à droite lors des entraînements printaniers des Chiefs.

«Je pense que ça va m’aider à faire ma place. Je peux m’affirmer partout et la transition d’une position à l’autre ne pose pas de problème.»

Les Chiefs font relâche pour le week-end et reprennent les entraînements de mardi à jeudi. Le premier mini camp obligatoire se déroulera du 12 au 14 juin.

Une recrue en confiance

Le bagage avec les Chiefs demeure mince pour le moment, mais aux yeux de Ryan Hunter, l’expérience acquise à ce jour s’avère encourageante.

Le joueur de 23 ans a effectué ses débuts lors d’un premier mini camp de recrues, du 5 au 7 mai. Les entraînements suivants, qui sont ponctués de la présence de la majorité des vétérans, ont eu lieu de mardi à jeudi.

«Jusqu’à maintenant, le temps passé à Kansas City a été très agréable. J’ai beaucoup apprécié dans les derniers jours de pouvoir bénéficier de la présence de vétérans pour me donner des conseils.»

«C’est sûr qu’il y a une marge entre le football universitaire et la NFL, surtout au niveau de la vitesse des joueurs et du livre de jeux. Les meilleurs parmi les meilleurs jouent à ce niveau. J’ai encore beaucoup d’aspects à travailler, mais je me sens définitivement à ma place», a commenté Hunter.

Avec Duvernay-Tardif

Comme il fallait s’y attendre, Laurent Duvernay-Tardif n’a pas hésité à prendre son compatriote canadien sous son aile.

«Les entraîneurs me disent que je fais généralement du bon travail, mais j’ai bien sûr des aspects à améliorer et je reste parfois après l’entraînement avec Laurent et d’autres gars pour travailler des détails. Je me sens très confortable avec lui et je sais qu’il peut amener bien des réponses à mes questions», a dit Hunter.

L’étape la plus cruciale pour déterminer l’avenir du garde avec les Chiefs débutera dès la mi-juillet, lors du camp d’entraînement.

«Mentalement, je me vois déjà sur l’équipe, mais il n’y a rien d’acquis tant que ce n’est pas officiel. Je dois jouer avec confiance et leur démontrer qu’ils n’ont pas à embaucher un vétéran à ma place. »