Boxe

Match nul entre Stevenson et Jack!

Mathieu Boulay / Le Journal de Montréal

Publié | Mis à jour

Adonis Stevenson en a eu plein les bras, mais il est parvenu à conserver son titre WBC des mi-lourds, samedi soir, contre le Suédois Badou Jack au Centre Air Canada.

Même s’il a été dans le pétrin à plusieurs reprises dans la deuxième moitié du combat, Stevenson a obtenu un verdict nul de la part des juges. Ceux-ci ont remis des cartes de 114-114 x 2 et 115-113 en faveur de Jack. On peut parler d’un verdict nul à saveur de défaite pour le champion du monde québécois.

Stevenson a dominé la majorité des échanges lors des six premiers rounds, mais il a manqué d’essence dans le réservoir durant les six derniers. C’était clairement la stratégie de Jack qui a pris son envol et il s’en est fallu de peu qu’il surprenne le monarque WBC des mi-lourds.

On a eu droit à un excellent combat, et, la bonne nouvelle, c’est que les deux remettront cela dans quelques mois. Il y a une clause de revanche dans le contrat entre les deux boxeurs.

Toutefois, Stevenson devra avoir une meilleure préparation et il devra prouver que son âge n’est qu’un nombre.

Une blessure pour Rivas

Oscar Rivas a remporté son duel contre le Belge Hubert Hubeaux quelques minutes avant le duel de championnat entre Adonis Stevenson et Badou Jack. Cependant, cette victoire a été assombrie par une blessure au biceps droit.

Sur le plan sportif, le Montréalais d’origine colombienne (24-0, 17 K.-O.) a signé une victoire par décision unanime contre le Belge (29-3, 14 K.-O.). Les juges ont remis des cartes de 99-91 et 100-90 x 2 pour permettre au protégé de Marc Ramsay de conserver sa ceinture NABF des lourds.

Toutefois, le chemin pour y parvenir n’a pas été simple.

Rivas s’est déchiré un muscle du biceps droit dès le troisième assaut alors que Hubeaux a bloqué un de ses coups. Par la suite, il s’est surtout servi de son jab pour remporter les rounds. À l’occasion, il prenait son courage à deux mains pour lancer des coups de puissance de la droite.

Sans compter qu’il avait reçu une injection il y a quelques semaines pour se soulager d’une blessure au bras gauche. Malgré tout, Rivas est parvenu à surmonter la douleur pour signer ce triomphe important.

Zewski dominant

Avant le duel de Rivas, Mikaël Zewski (31-1, 22 K.-O) a livré une performance technique dans son duel contre l’Argentin Diego Gonzalo Luque (21-6-1, 10 K.-O.) pour remporter la ceinture WBC International des 147 lb.

Le Trifluvien a signé un gain par décision unanime (100-89 et 99-91 x 2).

«Après avoir perdu 10 lb lors de la pesée, j’ai eu de l’énergie jusqu’à la fin, a souligné Zewski. J’ai fait un bon combat technique et je me suis assuré d’avoir la victoire. C’est sûr que j’aurais gagné par un knock-out électrisant, mais parfois il faut s’en tenir à une performance plus technique.

«Il faut dire que Luque avait un rythme bizarre et il lançait souvent des coups larges. Je suis content de mettre la main sur cette ceinture. La machine est repartie.»

Bouchard expéditif

Sébastien Bouchard avait un test intéressant pour son retour sur le ring après 15 mois d’inactivité. Et le boxeur de Baie-Saint-Paul l’a réussi avec succès.

Le protégé de François Duguay (16-1, 6 K.-O.) a fait les choses correctement avant de l’emporter par knock-out technique contre le Bosnien Sladan Janjanin (24-3, 18 K.-O.) dès le deuxième assaut.

Bouchard a envoyé son adversaire au tapis à trois reprises avant que le combat ne soit stoppé. À deux occasions, il a réussi à faire mal à Janjanin avec des coups au corps. D’ailleurs, il lui a fracturé une côte selon nos informations.

«J’ai fait mon possible pour rester calme, a souligné Bouchard à sa sortie du ring. Je savais que Janjanin était un boxeur qui frappe fort, mais qui est cérébral. J’ai simplement réussi à me synchroniser avant lui.»

«Je suis très satisfait, car il a réussi à asseoir ses coups sur sa jambe arrière, a indiqué son entraîneur François Duguay. J’ai adoré la façon dont il s’est comporté.»

Avec une victoire aussi rapide, il ne faudrait pas se surprendre que Bouchard soit sur la carte du 29 juin prochain à la Place Bell.

Première ceinture pour M’Billi

C’est une domination claire et nette que le Français Christian M’Billi (10-0, 10 K.-O.) a livrée lors de son combat contre l’Argentin Marcos Jesus Cornejo (19-3, 18 K.-O.). Le combat s’est terminé alors que le coin de Cornejo a décidé de jeter l’éponge au troisième assaut.

Ce fut la bonne décision, car on assistait à une mitraille de coups à sens unique du côté de M’Billi. Du même coup, il a mis la main sur la ceinture WBC jeunesse des poids moyens (160 lb).

«Je m’attendais à tout de sa part, a affirmé M’Billi. Pour ce qui est de ce premier titre, c’est une première étape franchie vers mon objectif ultime.»

Contrairement à sa dernière visite en Ontario, M’Billi n’a pas eu d’ennuis avec ses mains malgré les restrictions du nombre de bandages. Ce qui veut dire qu’il pourrait remonter sur le ring en France au mois de juillet.

Combats préliminaires

Dans les autres combats, le Montréalais Mazlum Akdeniz (5-0, 2 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée du Torontois Lloyd Reyes (0-2) en l’emportant par knock-out dès le deuxième assaut. Puis, Patrice Volny (11-0. 11 K.-O.) a gagné dès le premier round contre l’Albertain Janks Trotter (10-5-2, 10 K.-O.).

 

Stevenson-Jack: entrevues d'après-combat - TVA Sports

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RÉSUMÉ DU COMBAT, round par round.

1er round :

Les deux hommes s’observent tôt dans le round. Jack respecte la force de frappe de son rival. Stevenson offre des directs. Le Suédois ne se commet pas trop et garde son rival à distance, malgré les conseils de son coin. Jack place quelques bons coups en fin de round. Stevenson le repousse.

2e round :

Stevenson place un bon «jab» dès le début. Les deux hommes s’élancent en même temps : Jack touche la cible, sourit. Le Québécois sort sa main arrière, ne touche pas la cible. Stevenson touche la cible deux fois vers la deuxième minute. Jack ne bronche pas. Adonis cherche à créer des ouvertures, en vain. Jack semble toujours préparé à éviter le coup de canon. Stevenson est en contrôle.

3e round :

Stevenson ouvre avec quelques directs du droit, Jack est craintif. Le Suédois place une grosse main droite peu avant la première minute, échoue de peu. Stevenson place ensuite un bon «uppercut» au corps. Jack persiste à ne pas trop aller au corps à corps avec son rival. Stevenson garde le centre de l’arène. Le Québécois place un bon coup au corps en fin d’engagement.

4e round

Jack place un bon direct du droit tôt dans le round. Il se rapproche un peu de Stevenson. N’a plus trop le choix. Stevenson veut placer sa gauche dévastatrice. N’y parvient pas tout à fait. Jack touche de nouveau la cible peu avant la deuxième minute. Le Suédois semble prendre confiance à mesure que le round (et le combat) avance. Mais le Québécois n’est pas encore ennuyé.

5e round :

Jack s’essaie à travailler au corps. Les deux boxeurs s’emmêlent vers la 25e seconde. Stevenson n’a pas aimé le round précédent : il semble un brin plus déterminé. Mais pour la première fois du combat, l’arbitre est occupé. Stevenson place une solide gauche avec une trentaine de secondes à faire. Jack a bien goûté la puissance de son rival.

6e round :

À partir de la table du diffuseur, Floyd Mayweather fils conseille Jack plus que l’entraîneur de ce dernier. Il y a des feux d’artifice en début de round. Stevenson place de durs coups, Jack est à la peine. Jack ralentit le rythme, se tient un peu plus à distance : Stevenson le harangue. L’intensité a montré de deux crans dans cet engagement. Mais Jack continue à vouloir éviter la main arrière de son rival. Il place ensuite quelques bons coups... et un en bas de la ceinture. L’arbitre le lui fait savoir.

7e round :

Jack place encore un ou deux coups sous la ceinture, ou sur la ceinture, tôt dans le round, Stevenson n’apprécie pas. Jack place ensuite une très solide droite qui fait mal à son rival. Il prend confiance et mène la charge à la mi-round. Stevenson se prend plusieurs solides coups, sourit, mais s’accroche! Jack sent qu’il a fait mal à Stevenson. Le Québécois est-il fatigué? Un beau round pour Jack. A-t-on assisté à un tournant dans le combat?

8e round :

Rien à noter dans la première minute. Puis, Jack place encore un coup sous la ceinture. L’arbitre le semonce, Stevenson a mal. La bagarre reprend. Jack place une bonne combinaison, puis atteint son rival en plein visage, plus d’une fois. Stevenson est à la peine. Jack continue d’attaquer, prend soudainement le centre de l’arène. Le Suédois dicte l’action et Stevenson a des ennuis... son nez saigne.

9e round :

Jack amorce l’engagement sur les chapeaux de roue. N’atteint toutefois pas Stevenson avec conviction dans la première minute. Place quelques coups dans les trente secondes suivantes. Stevenson n’a pas placé de coup solide depuis quelques minutes maintenant. Jack est encore en contrôle dans ce round. Stevenson contrôle cependant les échanges mieux qu’au round précédent... avant de prendre un solide uppercut avec trente secondes à faire. Stevenson n’a jamais été frappé de la sorte dans un combat, de mémoire récente.

10e round :

«No more body shots (ne lance plus de coups au corps)», lance l’entraîneur de Jack à son protégé entre les deux rounds. Jack ne ralentit pas. Les hommes vont au corps à corps, ce qui n’est pas à l’avantage du Québécois. Jack en place ensuite un bon à la mi-round, les combattants s’emmêlent encore. Le Suédois a encore l’avantage. Mais Stevenson lui fait mal avec environ 40 secondes à faire. Stevenson veut créer des étincelles en fin de round, le public apprécie. De nouveaux signes de vie de la part du champion.

11e round :

Stevenson ouvre la machine immédiatement. Jack s’évade. Il a l’air d’avoir mal. Stevenson reprend clairement l’ascendant. Jack recule et recule, la foule s’anime. Jack plie, mais atteint ensuite Stevenson durement. Adonis a dépensé beaucoup d’énergie. Jack se lance en attaque. Les deux hommes s’agrippent de nouveau. Le public crie son soutien à «Superman».

12e round :

Le bon vieux round de championnat : c’est maintenant! Peu d’action dans la première minute, mais la foule est derrière Stevenson, qui lance finalement de bonnes attaques. Jack passe à l’attaque, atteint même l’arbitre par accident. Le Suédois n’a pas le choix, Adonis apparaît fatigué. Mais rien n’arrive. Jack veut placer de bons coups, Stevenson tient, même alors que son adversaire fait pleuvoir les coups. C’est fini. Ça a été difficile pour Stevenson en fin de combat, mais c’est terminé.