Destination Coupe Stanley AM

«L’intérêt se manifeste lorsqu’on se prouve» - Sylvain Bruneau

Publié | Mis à jour

La joueuse de tennis québécoise Françoise Abanda a fait une sortie publique, mercredi, se disant victime de racisme et écorchant au passage Tennis Canada.

L’athlète de 21 ans s’est vidée le cœur en conférence téléphonique, en après-midi mercredi, en mentionnant qu’elle a vécu des choses «atroces» depuis le début de sa carrière comme se faire traiter «d’Africaine», de «nègre» ou se faire dire de rentrer «dans ton pays» lors de tournois au Québec alors qu’elle n’était qu’une enfant.

Abanda, maintenant première joueuse au Canada, a envoyé un tweet, en réponse à un utilisateur du réseau social Twitter, disant qu’elle n’avait pas le même traitement et la même attention qu’Eugenie Bouchard en raison de la couleur de sa peau.

La Québécoise n’avait d’ailleurs pas apprécié le fait d’être laissée pour compte lors d’une vidéo promotionnelle de Tennis Canada et le manque de suivi en raison de la commotion cérébrale qu’elle a subie en marge de l’affrontement du Groupe de barrage de la Fed Cup, il y a quelques semaines, contre l’Ukraine, à Montréal.

«Je pense que la visibilité peut être néfaste. Trop de visibilité, ce n’est pas toujours souhaitable, a souligné Sylvain Bruneau, entraîneur à Tennis Canada et capitaine de la formation canadienne de la Fed Cup lors de l’émission Destination Coupe Stanley AM, jeudi. On a des exemples dans le monde du tennis ou ailleurs. Oui, je pense que la visibilité, les commanditaires, l’intérêt du public vont se manifester lorsqu'on se prouve, quand on démontre des résultats importants, qu’on a de la continuité dans nos résultats.

«Je suis pas mal convaincu qui si Françoise arrive à ça, et je suis pas mal convaincu qu’elle va y arriver éventuellement, que tout le monde va se rassembler autour d’elle parce qu’elle est très gentille, très charismatique, et puis pour un commanditaire, elle peut-être un très bon porte-parole. Il faut avant laisser parler sa raquette et avoir des victoires.»

Abanda est une joueuse très compétitive et selon Bruneau, même si ce trait de personnalité est extrêmement bénéfique sur le terrain, il peut lui poser des problèmes à l’extérieur.

«Je pense que c’est un bon carburant, a continué Bruneau. Françoise, et c’est une de ses qualités, est extrêmement compétitive. Elle joue généralement mieux en compétition qu’à l’entraînement. Son caractère, son désir de gagner, cette envie qu’elle a de ne pas perdre, c’est un bon trait qu’il ne faut pas changer. L’envers de la médaille, c’est qu’après une défaite amère, un match où elle n’est pas contente, il faut être professionnel et se soumettre aux conférences de presse et être respectueux envers les journalistes et faire le point sur une mauvaise défaite. Si parfois elle n’a pas fait ça, et oui j’ai été témoin que ça lui est arrivé de ne pas le faire, c’est sûr que ce n’est pas souhaitable surtout si on parle d’être respecté par les médias et d’avoir l’attention que l’on mérite.»

À voir dans la vidéo ci-dessus.