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Bouchard le surdoué

Bouchard le surdoué

Mikaël Lalancette

Publié 17 mai
Mis à jour 17 mai

Depuis des jours, je dirais même des semaines, on savait que Joël Bouchard joindrait les rangs de l'organisation des Canadiens de Montréal. Il s'agissait de savoir quand et comment.

Mardi, durant le bilan de saison de l'Armada à Boisbriand, le grand patron de l'équipe nous a une fois de plus montré de quel bois il se chauffait.

Pendant une heure, il nous a parlé des performances de ses joueurs, de ses réussites, des bons coups de ses protégés.

Mais surtout : Joël Bouchard a parlé avec passion et ouvert grand son coeur : il aime ce qu'il fait. Dans l'autobus, sur la glace avec ses joueurs, assis à une table de recruteurs lors d'un repêchage.

Plusieurs cordes à son arc

L'homme de 44 ans était un véritable touche-à-tout : propriétaire, président, directeur général, entraîneur-chef, membre du comité hockey de la LHJMQ, impliqué avec Hockey Canada et Hockey Québec et à la tête d'un des plus gros organismes de hockey au Québec, L'Académie de hockey Joël Bouchard...

Je pourrais continuer comme ça pendant des lunes. Soyons francs, et cela dit en tout respect à l'égard de tous les hommes de hockey au Québec, un autre individu n'aurait pu occuper toutes ces chaises avec autant d'aisance et d'efficacité.

Joël Bouchard était le seul.

Et il est maintenant un membre actif de la grande famille des Canadiens de Montréal. Le CH met la main sur un orateur hors pair. Un bourreau de travail. Joël Bouchard ne compte pas les heures, il va tout faire en son possible pour réussir avec les Canadiens, l'équipe de son enfance.

Je veux revenir à mardi : il bouclait la boucle. C'est ce que je voulais lui dire quand je lui ai parlé d'une «fin de cycle». La question l'a dérangé. Sa réponse a été crue. 

«Mikaël, depuis le temps, tu me connais mieux que ça!»

Il n'a pas voulu parler des cycles de reconstruction, je le comprenais totalement. En sept ans à Boisbriand, l'Armada n'a jamais «reconstruit». Pas de vente de feu, pas de liquidations.

Même sans bannière accrochée au plafond du Centre d'Excellence Sports Rousseau, l'Armada a gagné. L'équipe a souvent déjoué les pronostics défavorables et annonciateurs d'années plus difficiles. C'est ce qui explique qu'on a entendu souvent cette phrase : «L'Armada, c'est l'Armada.»

Je pense que ça résume bien le passage de Joël Bouchard dans la LHJMQ.

Les équipes de Joël Bouchard ont travaillé. Et progressé.

C'est une bonne nouvelle pour l'organisation des Canadiens de Montréal, qui traverse une période difficile depuis quelques mois.

En quelques semaines, la venue de Dominique Ducharme et Joël Bouchard dans l'organisation vient rassurer les amateurs.

À l'interne, des espoirs professionnels du CH se réjouissent de leur embauche. «Les deux sont des gagnants. Ils vont nous pousser à être meilleurs. Moi, j'aime ça!» m'a dit l'un d'entre eux ce jeudi.

Un ajustement

Ce sera intéressant de voir comment Joël Bouchard va s'ajuster aux professionnels, une vie qu'il a déjà menée comme joueur dans la Ligue américaine et la Ligue nationale de hockey.

Joël Bouchard n'aime pas perdre. Son ami Dominique Ducharme non plus. Ils ne sont pas des adeptes des demi-mesures et s’accommodent bien mal de la défaite. Une autre bonne nouvelle pour les partisans des Canadiens.

La boucle est donc bouclée, c'est la fin d'un cycle à Boisbriand.

Joël Bouchard laisse un vide immense derrière lui. Qui va lui succéder?

Le nom de Daniel Jacob est attrayant pour la haute direction de Québecor, qui va aussi devoir jongler avec la possibilité d'engager un nom plus connu du grand public.

Même si Joël Bouchard demeure un copropriétaire de l'Armada, il fera maintenant exercer son pouvoir d'attraction à quelques kilomètres de Boisbriand, à la Place Bell à Laval.

Une chose est certaine : les Canadiens de Montréal sont les grands gagnants de la journée.

L'Armada se retrouve sans son chef d'orchestre, son architecte du premier jour. C'est un dur coup à encaisser pour la direction, qui compte plusieurs autres hommes de hockey de qualité.

Mais Joël Bouchard le disait lui même il y a quelques années. Personne n'est irremplaçable.

«Personne n’est plus gros que l'Armada. Y compris moi!»