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Denis Shapovalov, le nouveau meilleur joueur canadien

Agence QMI / Pierre Durocher

Publié | Mis à jour

Denis Shapovalov se sent de plus en plus à l’aise sur la terre battue. Il a confirmé mardi aux Internationaux d’Italie à Rome que ses succès lors du tournoi Masters 1000 de Madrid la semaine dernière n’étaient pas le fruit du hasard, lui qui s’était rendu en demi-finale contre Alexander Zverev.

Le Canadien de 19 ans en a mis plein la vue aux Romains. Ne se décourageant nullement après avoir perdu la première manche 6-1 face à l’expérimenté Tomas Berdych, 17e joueur mondial, Shapovalov s’est remis à jouer avec confiance pour gagner les manches suivantes 6-3 et 7-6 (5).

Il a ainsi poursuivi sur sa lancée et cette victoire l’assurera lundi prochain d’être le Canadien le mieux classé sur le circuit de l’ATP devant Milos Raonic, forcé au repos cette semaine en raison d’un malaise à un genou. Raonic est présentement classé au 22e rang et Shapovalov, au 29e.

Selon Tennis Canada, ce sera la première fois depuis 2010 qu’un autre joueur que Raonic occupera le premier rang au pays.

C’est une autre grosse prise que Shapo a mis dans sa besace, aujourd’hui, à Rome. Classé 17e mondial, Berdych est peut-être en régression, mais il a tout de même été un abonné au top 10 dans la dernière décennie. Il y a séjourné, sans interruption, entre les 4 juillet 2010 et 15 janvier 2017, soit pendant sept années.

Au cours de sa carrière, Denis Shapovalov a divisé les honneurs de ses deux matchs face au Tchèque. Il a perdu en trois sets de sur le gazon du Queen’s, à Londres, l’été dernier, 7-6 (4), 6-7 (4) et 7-5, avant de l'emporter aujourd’hui, 1-6, 6-3 et 7-6 (5).

Shapovalov, qui a réussi huit as face à Berdych, affrontera Robin Haase, classé 44e, au deuxième tour du tournoi Masters 1000 de Rome. Il s’agira d’une première confrontation entre les deux hommes.

Sous le choc

En conférence de presse, Shapovalov a admis être un brin étonné par la tournure des événements.

«Je suis quelque peu sous le choc, a-t-il raconté. Ça va vite. J’ai travaillé très fort pour obtenir de bons résultats sur la terre battue et c’est fou de voir que ça survient si rapidement dans ma carrière. C’est encourageant.»

Au sujet de ses difficultés au cours de la première manche, il a déclaré : «Mon jeu de pieds faisait défaut. La terre battue est bien différente à Rome qu’elle l’est à Madrid. Mon synchronisme faisait défaut. J’ai continué de me battre et j’ai su demeurer positif».

Borfiga impressionné

Louis Borfiga, vice-président responsable du développement de l’élite à Tennis Canada, est emballé par le rendement offert par Shapovalov. Il y a eu un net déblocage sur la terre battue et c’est de bon augure en vue du tournoi de Roland-Garros.

«Le blocage, il était tout simplement dans sa tête, a analysé Borfiga. J’ai eu l’occasion de voir Denis s’entraîner à Monaco et il travaillait très bien avec Martin Laurendeau [ce dernier l’a retrouvé à Rome après s’être absenté à Madrid]. Ses efforts ont porté fruit. Il n’y avait aucune raison pour que Shapovalov ne puisse pas faire aussi bien sur la terre battue que sur le ciment, puisque c’est un joueur complet sur le plan technique.»

«L’adaptation est en train de se faire sur cette surface. La clé du succès sur la terre battue est de savoir glisser, d’être patient et de bien construire ses points, a-t-il souligné. Shapovalov m’a agréablement surpris en triomphant d’un joueur chevronné comme Berdych, un très bon joueur sur terre battue, après avoir été malmené lors de la première manche. À vrai dire, il me surprend de jour en jour et c’est prometteur en vue du tournoi de Roland-Garros.»

À Madrid, Shapovalov avait fait écarquiller les yeux des amateurs en défaisant successivement Benoit Paire, Raonic et Kyle Edmund.

Par ailleurs, Eugène Lapierre, directeur du tournoi de la Coupe Rogers, étaient dans les premières loges pour assister à la victoire de Shapovalov à Rome.